112 DES LIVRES ET DES M.1NUSCKITS
riations de l’ecriture et de la presse pendant les phasesque Fune et l’autre ont traversees. Laissons eti dehorsd’une analysc tout europeenne l’histoire des ecrituressymboliques, ä l’usage des civilisations incompletes.Jamais nalion n’est parvenue a un devcloppement so-cial, grandiose et vrai, sans decomposer les sons quiforment les mots, sans transformer ces mömes sonsen caractere, sans recomposer la parole qui vole otfuit (etisk mspomu), sans l’immobiliser ä jamais sur unesubstance solide, au moyen' de lettres juxtaposees :immense et incroyable travail. La peinturo avec la-qnelle les Egyptiens, Mexicains, Chinois suppleent äl’absence de l’ecriture proprcment dite, est une sim-piification , mais une simplification barbare et destruc-trice. Elle entravo les forees de la pensee et le progrescivilisateur. En prevenant les modiflcations de la lan-gue, eile la fixe et la pelrifio ä jamais; eile produitune materialisation intellectuelle qui pese pour tou-jours sur un peuple. II n’y a qu’une ereation dontl’esprit humain doive etre fier : Yalphabet.
Sans lui, la sociele ne serait, comme en Chine,qu’une association de castors ä deux pieds, plus oumoins industrieux. Sans lui, les hommes les plussagaces et les plus habiles vegeteraient dans une eter-nelle enfance. Le perc des societes, le seul moteur detout perfectionnemsnt : c’est Yalphabet.
Les plus antiques vcstiges qui nous restent de l’e-criture sont ceux que leurs auteurs ont confies ä desmateriaux solides, au fer, au marbro, ä l’airain. Laplupart des lois et des Statuts ont ete perpetues par desiuscriptions de ce genre. L’incendie qui a devore leCapitole sous Vespasien detruisit plus de trois mille