DES LIVRES ET DES MAXUSCRITS
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bases, et qui resteront modelcs. Dans ces dernierstemps, un membre de la Societe royale et de la Soeietedes antiquaires de Londres, M. Thomas Astle, gardieades archives de cette capitale, a publie un excellenttraite systematique sur l’origine de l’ecriture el de Yim-primerie. Enfm, M. Isaac Taylor s’est principalementoccupe des moyens de constater l’authenticite des ma-nuscrits anciens et d’expliquer le miracle qui a sauvetant de productions du genie humain. Tel est le sujelde sa remarquable Uistoire de la transmission desUwes anciens jusqu’aux temps modernes, et d’un se-cond traite, beaucoup plus concis, mais non moinscurieux, sur la maniere d'etablir la certitude histo-rique.
Ainsi s’est avancee ä travers les temps uno Sciencequi parait d’abord chimerique et dont on avait apeine l’idee avant la fin du xvn e siede. En 1681,Mabillon, ecrivant sa preface a Colbert, se vantait d’a-voir creö l’etude ä laquelle il se livrait, « etude quiavant lui n’avait d’autres regles et d’autres limites queeelles dout diacun invenlait le caprice arbitraire. » En1708, Montfaucon publiait sa Paleographie , ouvragequi, dit-il (dans son style naif), doit captiver le lec-teur, moins peut-etre encore par l’utilite que par l’a-grement et la nouvoaute : jucunditate et novitate!
Avant d’arriver aux derniers resultats d’une Sciencesi nouvelle et qui a dejä cesse d’etre hypothetique etconjecturale, rapportons brievement au moyen dequels instruments materiels Fhomme est parvenu d’a-bord ä peindre sa pensee et ä la fixer, puis a la rendreimmobile et impdrissable. Etudions la double histoiredes manuscrits et des livres, les caracteres et les va-