114 DES LIVRES ET DES JIASUSCR1TS
Premier et le dernier tenaient lieu de couvertures.
De tous ces materiaux, aucun ne remonte ä une an-tiquite plus reculee que la peau de chevre ou de veau,que l’on tannait de maniferc ä la rendre douce, flexi-ble, durable. Teinte ordinairement en rouge ou enjaune, on en formait un volume, c’est-ä-dire un rou-leau (volvendum ), en attachant bout ä bout un assezgrand nombre de peaux: pour renfermer la matiere duvolume. II couvrait quelquefois un espace de centpieds. Les Orientaux et surtout les Hebreux pratique-rent specialement ce mode d’ecriture qu’Herodoteattribue aux Soniens, Diodore de Sicile aux Persanset l’Exode aux Hebreux. 11 est probable que l’aulogra-phe de laloi mosa'ique fut trace parson auteur sur despeaux ainsi preparees et teintes. Le voyageur Bucha-nan obtint des juifs negres du Malabar (race curieuseet qui, selon Wotfins, a pour premiers auteurs quatre-vingls juifs echappes ä la persecution de Titus) le pluscurieux de tous les manuscrits du Pentateuque. Cetexemplaire, connu des savants sous le nom de Malabci-rique on Indien , aujourd’hui depose 4 Cambridge, secomposait originairement d’un rouleau de quatre-vingt-dix pieds anglais. Le Levüiqne et une partie du Dcu-teronorne lui manquent; et les trente-sept peaux dechevre, teintes en rouge, dont il est forme, couvrentseulement quarante-huit pieds de long sur vingt-deuxpouces de large. Les colonnes, au nombre de cent dix-sept, parfaitement claires et lisibles, mais sans points-voyelles, contiennent de quarante ä cinquanle ligneset ont quatre pouces de large. C’est un des plus anti-ques et des plus curieux manuscrits que possede lemontle entier : l’etrange voyage que ce monument de