DES LIVRES ET DES MaNUSCRITS
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pretend Montfaucon), de peaux de poissons preparees?Celte assertion nous semble au moins douteuse. Quantaux feuilles d’arbre, surtout a celles du palmier et dubananier parmi les Orientaux, rien de plus irrecu-sable. On employait surtout l’ecorce interieure de cur-tains arbres [liber, Bt6io s ), specialement celle du til-leul. De la le mot livre (liber ) et le mot bible, livreparexcellence (bi6).ss).
Ces materiaux etaient fragiles. On leur preferait leparchemin et le velin pour les ouvrages importants,ou les tablettes de bois enduites de cire coloree, pourla composition litteraire et les besoins ordinaires de lavie. Les ecrits des anciens sont rcmplis d’allusions äces tablettes sur lesquelles un stylet d’airain ou defer (slylus) labourait les caracteres qu’il s’agissait deformer. L’une des extremites de ce stylet ( gra.phius ,y/jajjstovJ etait aplatie de maniere a detruire le sillorique l’on venait de creuser avec la poiute. Telle estl’origine du mot moderne style et celle du mot ejfacer.Les modernes effacent rarement, excepte dans lestranscriptions tres-soignees; ils se contentent de bar-bouiller d’encro Tccriture qu’ils veulent rendre illi-sible. Le style et les tablettes des anciens etaient desinstrumeuts dangereux. Lorsque les meurlriers deGesar l’cntourerent pour le frapper, il tenait ses ta-bletles ä la main; pour se defendre, il se servit de sonstylet d’airain, dont il perca le bras de Cassius. Leseleves d’un nomme Cassianus , maitre de rhetorique,ne trouvant pas que leur precepteur fut completementorthodoxe, l’assassinerent ä coups de plume ; malheu-reusement leurs plurnes etaient d’airain. Un fut obligede defendre aux avocats plaidantsd’apporterdess/t/^s
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