LES VIEILLES LETTEES
Vous est-il arrive quelquefois de vous-asseoir aueoin de votre feu, ä la Campagne, le grillen criant auloin dans la cheminee, le vent psalmodiant sa can-tilene de mort dans les fentes des boiseries, une gouttede pluie battant de sa flaque irreguliere le vitrage devotre chambre, et le ciel gris se couvrant par degres denuages sombres, jusqu’a ce que vous regardiez votremonlre, tout inquiet de savoir s’il est midi ou rninuit,jourou tönebres, matin ou crepuscule? Supposez queda chambre soit isolee, que le frere cadet soit ä lachasse, suivi do son chien ä jambes torses, Bas-Rouge;que le vieux pfere s’ennuie da plus profond de son cceuren siegeant, volant, bäillant, jugeant, amendant etpestant ä la chambre des deputes; enfin, admettezundeces grands moments de solitude oü il se fait autour denous un silence et un vide profonds, oü le monde nouspennet de nous regarder nous-memes et de savoir quinous sommes, oü nous profHons de ce rare et bizarreintervalle de paix pour faire le triste inventaire denotre vie et descendre en Iremblant dans la cavernedont parle Bacon :
— Dans l’dme de l 1 komme.