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LES VIlilLLES LETTRES
L’heure oü je vous place, qui a sonne pour vous,comme pour moi, comme pour tous , est triste et so-lennelle. Vous n’auriez que joie dans votre famille,dans votre pensee, dans votre aver.ir; le silence et lasolitude sont deux puissances graves ; eiles mettent eilregard. l’homme physique et l’homme intellectuel;elles soumettent l’un ä l’autre, elles asservissent laforce brutale qui nous appartient ä la force divine quiest en nous. Elles assiegenl l’intelligence sur sontröne, d’oü eile juge severement et durement sonpauvre vassal, le corps. Elles arrachent l'Tiomme ätoutes les influences exterieures, le contraignent ä seposer arbitre de ses passions, critique de sessoüises etbourreau de ses fautes passees. 11 est vrai que plu-sieurs heureux echappent ä ce supplico : les ames quine portent rien et les esprits qui oublient de penser.Dieu, dans sa clemence, a fast beaucoup de ces ämesclioisies et de ces esprits d’elite.
Ces plates et heureuses ämes et ces adorables espritspeuvent tres-bien se dispcnscr de lirc les pages sui-vantes. Ils seront beaucoup mieux occnpes ailleurs. Jeleur conseille la fabricatiou d’un drarne ou d’un Vau-deville , sur le patron des six Cent millc huit centquatre-vingt-aix-ncuf de l’annee derniere.
Le peu que j’ai ä dire est d’uue si naive simplicite,que je ne sais vraiment ä quel saint de rhetorique an-cienne et moderne me vouer pour ne pas etrc mauditdu peu bienveillant lecteur. Je ne sais non plus com-ment un esprit oxyde et suroxyde par les travers dutemps actuel acceptera cette simplicite saus effort?
Mais vous autres, qui estimez peu la rhetorique; vous,dont je retrecis voloritairement le cercle , lectcnrs, les