LES VIEILLES LETTRES
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Ecoutez ce que dit Charles Lamb : «Oh! la tristeet redoutable chose qu’un cousin ingenu! avtc quelleimpertinente Sympathie il s’approcbe de vous! N’avez-vous pas tremble toutes les fois que vous avez fait lamalheureuse decouverle d’un nouveau parent poetoqni n’oxislait pas encore pour vous? Commc vousmaudissez la nalure qui s’est cependant rnise cn fraispour augmenter votre famille!
« Le cousin qui n’est ni pair de France ni banquiervous persecute avoc racharnement d’une consciencebourrelee; c’est le ver rongeur qui s’attache au fruit;c’est le lierre parasite qui devore la substance duebene; c’est une ombre triste et funebre qui s’etend etse prolonge dans la carriere lumineuse de votre for-tune, Un tel cousin vous rappelle que vous l’avez eieou que vous pouvez le devenir. Mortification per-manente! humiliation dont vous ne pouvez vous de-faire! tache sur votre ecusson! impöt perpetuel survotre orgueil blosse, souvent sur votre bourse epuisee.J’aurais vainement recours ä toutes les similitudes dela rhetorique et de la podsie, eiles ne m’offriraientrienqui donnat une idee exacte de l’horreur qu’inspire uncousin ingenu. Imaginez une teile demande an milieud’un festin joyeux et splendide; le pauvre Mordeka'i ala porte du riebe; Lazare ä votre porte; un loup affamequi vous harre le passage; un diner rechauffe; la greleau milieu de la moisson; enfin, tout ce qui met ä l’d-preuve l’irritabilite bumaine, tout ce qui acheve votreeducation par la patience, la plus triste et la plus ne-cessaire des vertus.
« Ecoutez, onfrappeäla porte; on sonne : pourquoifremissez-vous? Vous avez reconnu le coup de son-