252 PEINTRES ET SCULPTEURS CONTEMPORAINS.
essaie encore d’embrasser son fils. La main gaucliede l’enfant rencontre la main pendante du vieillard.Spartacus serre d^jä dans ses doigts le poignard ä quiil demandera unjour lavengeance. Energique, farou-che, l’enfant redresse vaillamment son torse robuste.G’est lui que je prdfere dans ce groupe : le corps duvieil esclave est un peu torturö et ressemble vague-ment ä un öcorche. II y a pourtant bien de la douleuret de l’amour paternel dans ce visage crispö par ladouleur. Quant au jeune Spartacus, encore un coup,il est superbe.
Ge groupe temoigne d’ailleurs d’un sentiment altieret puissant de la sculpture. Cela est mdle, sobre, solideet sür. L’auteur du Serment de Spartacus est le fils dupeintre des Exiles de Tibere. Il semble qu’on le devi-nerait.
Le jury a h6sit6, pour la grande m^daille, entreM. Barrias et M. Chapu 1 . L’exposition de M. Ghapu estpeut-6tre plus parfaite, certes, mais ceile de M. Barriastömoigne d’une foi et d’un tempdrament artistiquesvraiment forts et pleins d’espoir.
J’en ai fini avec la sculpture, et je m’apergois que.moi aussi, fai ete court. J’ai essayd detout dire, et n’aipoint perdu inon temps ä railler les bizarreries duSalon, corame l’etrange Sapho de M. Doriat. A quoibon? « Qu’un morceau de toile soit barbouilld, ouqu’un cube de marbre soit gdtd, disait encore l’auteurdu Salon de 1763, qu’est-ce que celle perte en compa-raison du soupir amer qui s’dchappe du cceur del’homme affligd? »
1, Il l'a donnee ä M. Jules Breton,