I/ART FRANQAIS EN 1872.
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LES PORTRAITISTES
S’il est une branche de l’art qui soit plus impor-tante que les autres, c’est, ä mon avis (aprfes la grandepeinture historique) le portrait. Par le portrait, unsiücle se lfegue tout entier au siöcle qui le suit, avec saphysionomie, son caractfere, ses pröoccupations, sescostumes speciaux. En ce sens, la peinture des por-traits confine ä la peinture d’histoire, ou plutöt se con-fond dans ce genre. A travers les äges, les artistes ontaiusi formö comme un musee spücial, oü le präsentvient studier le passö etlui demander, en scrutant levisage de ses h6ros, le secret de sesactes. L’6cole his-torique moderne a eu cent fois raison de mettre aunombre des documents bons ä interroger les portrails,les bustes, les monuments, les medailles. Une part devöritö demeure attachöe ä ces oeuvres, et la face deUhomme sert de coinmentaire ä ses oeuvres.
Aussi bien peut-on regarder comme de vdritablespages historiques, ces portraits des maitres dissemi-nös ä travers les galeries d’Europe, et qui forment leMusöe mßme du passü: les papes et les grands Sei-gneurs de Raphael, les jeunes gens altiers et robustesdu Titien, les portraits du Bronzino, les tötes chenuesdu Tintoret, nous ont en quelque sorte conservü, vi-vante et agissante encore, l’Italie troublee et rayon-nante de leur temps. Les maitres allemands ont en-tr’ouvert pour nous ces intörieurs severement clos, ofirevent les penseurs, oü M61anchton, Erasme, Luther,songent ou travaillent, oü le peseur d’or compte scsmonnaies, oü les bourgmestres 6talent leur majestöbourgeoise, oü les ölecteurs, la panse rebondie, demeu-rent attablüs, la main sur les hanaps ou les vidreco-
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