L Eloge
On le mit auCollege des Jésuites à'jîix,mais quoiqu’on rappliquât uniquement,comme tous les autres Ecoliers, â l’étudedu Latin , des qu’il vit des Plantes il fesentit Botaniste ; il vouloir savoir leursnoms; il remarquoit soigneusement leursdifferences; êc quelquefois il manquoit àsa classe, pour aller herboriser à la cam-pagne , 6c pour étudier la Nature , aulieu de la Langue des anciens Romains.La plupart de ceux qui ont excellé enquelque genre n’y ont point eu de maî-tre , il apprit de lui - même en peu detemps à connoître les Plantes des environsde fa Ville.
Quand il fut en Philosophie, il pritpeu de goût pour celle qu’on lui ensei-gnoit. II n’y trouvoir point la Naturequ’il se plaisoit tant à observer, mais desidées vagues 8c abstraites, qui se jettent,pour ainsi dire, à côté des choses,& n’ytouchent point. II découvrit dans le Ca-binet de son pere la Philosophie de Def-cartes , peu fameuse alors en Provence , 8cla reconnut auffi-tôt pour celle qu’il cher-choit. 11 ne pouvoit jouir de cette lec-ture que par surprise6cà la dérobée,maisc’étoit avec d’autant plus d’ardeur ; 8c cePere qui s’opposoit à une étude si utile,lui donnoit íâns y penser une excellenteéducation. Com-