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d’ensant, & c’étoit par urne raison très-digne d’un Philosophe qu’il y recherchoitcette puérilité honteuse en apparence, ilne vouloit point qu’ils laissassent aucunetrace dans son ame; dès qu’ils étoientpassés, il ne lui en restoit rien, que de ne s'ê-tre pas toûjours appliqué. II étoit extrê-mement ménager de toutes les forces deson esprit, 6c soigneux de les conserver àla Philosophie. Cette simplicité, queles grands hommes osent presque seuls sepermettre, 6c dont le contraste releve toutce qu’ils ont de rare, étoit parfaite en lui.Une pieté fort éclairée, sort attentive,ÔC fort severe perfectionnoit des mœurs,que la nature feule mettoit déja, s’il étoitpossible, en état de n’cn avoir pas beau-coup de besoin. Sa conversation rouloitsur les mêmes matières que ses Livres,seulement pour ne pas trop effaroucher laplupart des gens il tâchoit de la rendre unpeu moins chrétienne,mais il nerelâchoitrien du philosophique. Elle étoit fortrecherchée, quoique si {âge,Sc si instruc-tive. II y affectoit autant de se dépouil-ler d’une supériorité qui lui appartenoit,que les autres affectent d’en prendre unequi ne leur appartient pas, il vouloit ê-tre utile à la Vérité, Sc il savoit que cen’est guere qu’avec un air humble ÔC sou-