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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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MÉMOIRES

48 NOTES DES

fameux, passoit souvent, comme bien d'autres,à lennui de les voir trop long-temps , ne changeajamais à l'égard de >1. Nicole, quelle trouvoitfort poli. Dans les conversations il étoit con-tredit , ne qui arrivait plus dune fois, elle prenoittoujours son parti ; ce gui lui lit dire , quand ellemourut , quil avoit perdu tout son crédit : « Jai même , disoit-il, perdu mon abbaye, « parce-quclle l apptloit toujours M. labbé Nicole. Ij. B.

23 Subligny nétoil pas comédien, il étoit avo-cat, ou du moins il en prenoit le titre. Sa comédieétoit intitulée ta Folle Querelle, ou la critique dAndromaque. Elle fut jouée au mois de mai ifiôS, etimprimée la même année. Il annonqoit dans lapréface avoir trouvé plus de trois cents fautes desens dans Aridromaque, La Folle Querelle a étéréimprimée dans un recueil de deux vol. in-12 deDissertations sur plusieurs tragédies de Corneilleet de Racine, publié par labbé (ïranet. Sublignydonna des leçons de versification à la célèbre com-tesse de La Snze. On a de lui une traduction desfameuses Lettres portugaises, la Fausse Clélie , ro-man médiocre, et plusieurs opuscules pour etcontre Racine. A. Martin.

a * Cétoit un cabaret à lenseigne de la Croixde Lorraine, place du cimetière Saiui-Jean. Lescafés néloient point encore établis. Cest dansune de ces réunions que furent esquissés les pre-miers traits de cette plaisanterie de Chapelain dé-coiffe par La Serre , qui courut dans le public sanslaveu des auteurs. A. Martin.

2i Loriginal de celte comtesse, dit un com-mentateur de Racine , étoit la comtesse de Crissé ,plaideuse de profession, et qui avoit dissipé enmauvais procès une fortune considérable. Le parlement, d'après les demandes de la famille, luifit défense dintenter à lavenir aucun procès sansavoir pris dabord lavis, par écrit, de deux avocatsqui lui furent nommés par la cour. Cette inter-diction de plaider la rendit furieuse , et elle pas-soit ses jours à tourmenter ses juges et ses avocats.

Un jour quelle avoit été porter ses plaintes chezle greffier Jérôme Boileau, frère de Despréaux ,elle y rencontra un cousin issu de germain decclui-ci , ancien président à la cour des monnoies ,qui, ayant perdu tout son bien par mauvaise con-duite , ebereboit les occasions de se rendre néces-saire. Cétoit le même homme qui, dans la sa-tire m de Boileau, se trouve dépeint

Avec sa mine étique ,

Son rabat jadis blanc , et sa perruque antique.

Il s'avisa de vouloir donner des conseils à lobsti-née plaideuse, qui les écouta dabord avec avi-dité , et les reçut avec quelque soumission : niaisun malentendu qui survint entre eux dans la cha-leur de la conversation fit croire à la comtesseque le donneur davis avoit voulu linsulter; ellechangea aussitôt de ton , et laccabla dinjures.Boileau , témoin de cette Bcène , ne laissa pas pas-ser loccasion de la faire mettre sur le ihéâtre.Dans le portrait de la femme de Dandin , qui

Eût du buvetier emporté les serviettes,

Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes.

on eut en vue la femme du lieutenant criminelTardieu, si connue par son avarice sordide, sarapacité scandaleuse , et sa fin tragique , arrivéeen 1Gti5 . Anonvmr.

26 Voici une autre anecdote qui avoit beau-coup amusé le palais. Un avocat, nommé Mon-tauban , connu par la longueur de ses plaidoyers ,ayant un jour été interpellé par le premier prési-dent de répondre sil scroit long, avoit réponduque oui ; sur quoi le président, à ce que raconteMénage, lui répliqua : « Du moins vous êtes debonne foi. 1 Cette anecdote a fourni un trait à lunouvelle pièce. A. Martin.

27 Racine logeoit alors à lhôtel des TJrsîns dansla Cité. On trouvera dans une note à une lettre deRacine à Boileau , en date du 2 1 mai 1692, lin-dicatiuu des differents logements quil a occupésdepuis lépoque de son mariage jusquà celle desa mort,

28 II y avoit à lhôtel de Bourgogne un banc 1ns auteurs avoient coutume de se réunir pourjuger les pièces nouvelles , et qu'on nppcloit lebanc formidable. Le jour de la première repré- |sentalion de Britannicus, ils se dispersèrent, alin

de ne donner aucun sonpçun de leur projet.Boursault étoit du nombre; il naimoit pus Ra-cine. 11 nous a laissé sur cette représentation dosdétails remplis de misérables plaisanteries , maisqui nous apprennent line circonstance qui méritedêtre conservée: cVst que Boileau se distinguadans cette occasion par son zèle à servir son ami ,et quil prenoit un si grand intérêt à la pièce ,que les différentes passions qu 'exprimaient les ac-teurs sc peignoient tour à tour sur son visage;d lon pourmit conclure quil étoit moins in-sensible quon ne la pensé généralement. Boileausut apprécier Britannirus, et à la fin de la pièce ilcourut vers Racine; et lembrassant avec trans-port en présence dun grand nombre de person-nes, il lui dit : t Voilà ce que vous avez fait demieux. 1 Boursault rapporte encore que des con-noisseurs, auprès desquels il sétoit trouvé, aToiemjugé les vers fort épurés, mais quAgrippine leuravoit paru fière sans sujet, Bxirrhus vertueux sansdessein , Britannicus amoureux sans jugement,Narcisse lâche sans prétexte , Ju nie constante sansfermeté, et Néron cruel sans malice. A ce juge-ment il suffira dopposer celui dun moderne cri-tique : « Burrhus nous offre le modèle de la vé-ritable vertu qui sait en imposer an vice et sefaire honorer dans la cour même la plus corrom-pue; Agrippine nous retrace les folies cl les mal-heurs de lambilion ; Narcisse nous montre com-ment de vils flatteurs aplanissent aux princes laroute du crime: on frémit en voyant le sort dumonde entre les mains dun jeune homme dontléducation a dabord comprimé les mauvaises in-clinations, mais qui, séduit par le pouvoir su-prême, commence à secouer le joug de ses insti-tuteurs pour se livrer à des scélérats. La jeunesse,la franchise et la générosité ùe Britannica* , lacandeur, la modestie noble de Junie, répandentsur cc tableau politique une teinte douce dinté*rêt et de sensibilité; le développement du carac-tère de Néron est un chef-dœuvre ; les portraits