NOTES D'ÀLEXÀNDKE LE GRAND.
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suivants, que Racine a supprimas, et dans les-quels il seinbloit enchérir sur Corneille :
Mes yeux de leur conquête onl-ils fait un mystère?Vîtes-vous ses soupirs d’un regard de colère?
Kl lorsque devant vous ils se sont présentés ,Jamais comme ennemis les avez-vous traités ?
9 II y a bien quelque mauvais goût dans cettetirade.
i° Charmant , expression romanesque, surtoutlorsqu’elle s’applique à un guerrier tel que Porus.Axiane , qui doit se faire un amant de ce princecharmant, parcequ’elle s’en fait tin dieu, est en-core une de nés antithèses dont Racine n’offreplus d’exemple après Andromaqne. Geokkroy.
Ces huit vers ont le mouvement, le ton et latournure qui conviennent au style tragique. Lereste de la scène est indigne et de la tragédie etdu sujet. Sur celte exposition , qui ne nous entre-tient que des froids amours de Cléolile pourAlexandre, et de Taxilc pour Axiane, ou peutjuger déjà que la pièce doit être glacée ; et Taxile ,qui s’écrie en voyant Porus , Je me trouble, etc. ,achève le ridicule de cette déplorable exposition.
La Harpe.
11 Ne vous tend peint de chaînes. Expressionqui manque de justesse. Apporter des chaînes,présenter des fers, étoienl les expressions propresà rendre l’idée de l’auteur. La Harpe.
18 l T n<! ardeur qui éclate à la vue par des cris,ne sauroit se dire : des cris ne frappent pointla vite. Louis Racine a également condamné celleexpression, j’ai vit à ma vue. L. de Boisjfr.uain.
1 5 Toutes les fois que ce mot faire , joint à unautre verbe , n’est pas nécessaire au sens de laphrase, il la fait languir, surtout en poésie:enfler nos rivières disoit tout. La Harpe.
1 4 Cette phrase manque absolument d’élégance.
15 Ce vers, comme le remarque La Harpe,est d’uu homme qui a déjà le sentiment de lapoésie. Tout le monde peu! dire, son amitié n’estqu’un esclavage, mais dire son amitié traîne unlong esclavage, pour entraîne avec elle , est uneexpression aussi hardie qu’elle est heureuse. Onpourroit faire la même observation sur le secondvers de ce couplet : Surprendre un roi par une in-digne paix. Ici chaque expression est une créationdu génie qui devoit enrichir et former la langue.
16 On retrouve la même pensée, le mêmetour et presque les mêmes expres-ions dans cesvers :
Ce reste malheureux seroit trop achetéS’il faut le conserver par une lâcheté.
Bajazel, act. Il, sc. r-j. L. de B.
TI y a dans ce vers une hardiesse d’expressionqu’il faut remarquer.
13 On regrette que ce dialogue soit terminépar des galanteries aussi déplacées. A la suite dece vers on lisoit ceux-ci dans les premières édi-tions :
TAXIT.E.
Voire fierté, seigneur s’accorde avec la sienne.
PORT! S.
J’aime la gloire ; et c’est tout ce qu’aime la reine.TAXILE.
Son cœur vous est acquis.
POU us.
J’empêcherai du moinsQu’aucun maître étranger ne l’enlève à mes soins.ivxtr.E.
Mais enfin croyez-vous que l'amour vous or-donne...
19 On dit bien une haute valeur, pnrecqu’ons’élève ( figurrmenl ) par la valeur au dessus desautres hommes; mais je ne crois pas que l'onpuisse dire eu'aucun sens une haute ardeur; etquand même haute seroit ici pour hautaine, celane vaudroit pas mieux.
20 Expressions vagues et incorrectes. En ne serapporte à rien. On dit bien j’en dis trop; c’est unephrase faite ; mais on ne peut dire il en fait troppuroilre, à moins que ce qui précède n’expliquece dont il s’agit. On devine la pensée de l’auteur ,mais il ne l’exprime pas. La Harpe.
si Achever un dessein , pour achever l’exécutiond’un dessein , seroit, quoi qu’en dise l'abbé d’OIivet,une excellente ellipse, si le dessein éLuit annoncécomme conçu. Aigxast.
22 L’exactitude grammaticale demanderoit nesais-je pus; cependant Molière et Voltaire se sontservis de la même locution, mais on ne la trouveemployée heureusement que dans les pièces depoésies légères. A- Mahtix. Rarine, dans la plushaute perfection de son style , a répété cette locu-tion. Assuérusdit à Esther : suis-je pas votre frère ?et il y a de la grâce dans celte négligence habile-ment placée. ArGNAîT.
ss La qualité de sœur est relative, cl n’est pointabsolue : ainsi l’on ne peut pas dire celle sœur,comme on diroit cette princesse , cette reine. Onne relève ici cette petite inexactitude que parce-qu’elle n'est pas heureuse , et que rien ne la jus-tifie; dès lors ces sortes de fautes sont une foiblessode style. La Harpe.
2 4 On M'explique pas un feu; mais cent fautes decelte espèce seroirnl moins choquantes qu’unEphesliun fidèle confident du beau feu de son maître.
La Harpe.
25 Courir à quoi? À donner la paix ou à fairela guerre. Jci la correction manque autant quel’elcgance. Geoffroy.
as Qu’il y a loin de pareils vers à la perfectiond’Alhalie.
2? Expression impropre : soins est pris ici dansle sens de soucis.
29 Inquiète eût exprimé l’état de famé; inquiétéeexprime l’action qu’elle subit, et conséquemmentest plus poétique, sans être moins correct , quoique prétende le grammairien dOlivet. Aignan.
50 A quoi sc rapporte en? De quoi Taxile doit-il détourner ses pas ? Suivant la construction , c’estde l'Inde et de tous ses états; d’après le sens, c’estde la route où Porus est entraîné par son malheur.
Geoffroy.
51 Des campagnes ne peuvent être jonchées desang , comme l’observe l'abbé d’OIivet, mais elles