NOTES D’ALEXANDRE LE GRAND.
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Faut-il, pour obéir aux ordres du vainqueur jQue je livre à Taxile , ou Porus, ou mon cœur?Pourquoi m’ordnnnez-YOusun choix si dillicile?Abandonnez mes jours au pouvoir de. Taxile,
J’y consens. Ne peut-il se venger à son tour?
Qu'il contente sa haine , et non pas son amour.Punissez les mépris d’une lière princesse.
Qui, d’un cœur endurci, le haïra sans cesse.CI.fcOFri.lt.
El pourquoi ces mépris qu’il n'a pas mérités?
T.ui qui semble adorer jusqu’à vos cruautés IPourquoi gardertoujours cette haine enflammée ?AXUNE.
C’est pour vous avoir crue, et pour m'avoir aimée.Je connois vos desseins. Votre esprit alarméVent éteindre un courroux par vous-même alluméVous me craignez enfin.Mais qu’il vienne, ce frère,Il saura quelle main l’expose à ma colère.Heureuse si je puis lui donner aujourd’huiPlus de haine pour vous que je n’en ai pour lui !Armez-vous donc , seigneur, etc.
77 Sans détourner sa perte : expression un peuobscure; le sens est : aimez Porus, sans songerque votre amour le perd. Geoffiîoy.
7 8 Épbestion veut dire que les corps des soldatsde Porus le mettoient à l’abri des traits ; mais lamanière dont il s’exprime présente une espèce decontre-sens : la préposition de forme équivoque ,pareequ’ici elle signifie avec, et n’est point le ré-gime de mettre à i’atiri. Gkoffeoy. Ilauroit fallu :
Le mettoieut à l’abri sous leurs corps expirants.
AlGNAff.
75 Ce vers étoit précédé des quatre suivants,que Racine a retranchés :
.Alil madame , sur moi laissez tomber leurs coups ;Ne troublez point un sort que vous rendez si doux.Vous m’allez regretter : quelle plus grande gloirePouvoit à mes soupirs accorder la victoire ?
80 Legrand défaut qui règne dans cette pièce ,dit Louis Racine , est un amour q ni en paroît fairetout le nœud, tandis qu’un des plus glorieux ex-ploits d’Alexandre n’en paroît que l’épisode. Onétoit, lorsque cette pièce parut, si accoutumé àces romans où les héros de l’antiquité sont chan-gés en de fades galants, qu’Alexandre même neparut pas assez doucereux. Au reste, on recon-noît ici une imitation continuelle de Corneille ,non seulement dans le style, mais encore danslesujet. Corneille avoit mis Jules César sur la scène ;Racine essaya d’y mettre Alexandre. Corneille avoitprésenté César amoureux de Cléopâtre, Racineoffrit Alexandre amoureux de Ciéolile. Corneilleavoit peint la générosité de César envers un enne-mi mort ; Racine peignit la générosité d’Alexandreenvers un ennemi vaincu et mourant.
Il est tout simple que Racine , alors très jeune,n’ail pas cru pouvoir faire mieux que de modelerson Alexandre sur le César de Corneille. Heureu-sement le succès d’Alexandre n’empêcha pas sonauteur de s’ouvrir une route nouvelle. 11 fit An-droniaque; et l’on peut dire avec La Harpe qu’ily a un demi-siècle entre ces deux ouvrages.
J)u reste, il est juste de remarquer, avec lemême critique , que c’est la première de nospièces qui ait été écrite avec cette élégance quiconsiste dans la propriété des termes , dans la no-blesse de l’expression, dans le nombre et la ca-dence du vers. Ce mérite que l’auteur portadepuis infiniment plus loin , et le caractère dePorus, marquoient déjà un progrè sdans sa com-position. A. Mautïn,
ANDROMAQUE.
A MADAME 1 .
Madame,
Ce u’est pas sans sujet que je mets votre illustrenom à la tète de cet ouvrage. Et de quel auLre nompourrois-je.éblouir les yeux de mes lecteurs , quede celui dont mes spectateurs ont été si heureuse-ment éblouis? ün savoit que Votiuî Altesse Rotaï-Eavoit daigné prendre soin de la conduite de niatragédie; on savoit que vous ru’aviez prêté quel-ques unes de vos lumières pour y ajouter de nou-
veaux ornements ; on savoit enfin que vous Paviezhonorée de quelques larmes dès la première lec-ture que je vous en fis. Pardonnez-moi, Madame ,si j’ose me vanter de cet heureux commencementde sa destinée. Il me console bien glorieusementde la dureté de ceux qui ne voudroient pas s’enlaisser loucher. Je leur permets de condamnerVAndromaque tant qu’ils voudront, pourvu qu’ilme soit permis d'appeler de toutes les subtilités deleur esprit au cœur de V« TR s Altesse Royale.
Mais, Madame, ce n'est pas seulement du