NOTES D’ALEXANDRE LE GRAND.
langues qui marquent le cas par 1 «t terminaison ,parcrqu’alors il ne peut guère produire d’équi-voque. Il n’en est pas de même des langues moderncs, qui marquent leurs cas par des articles :ici l’ablatif absolu est souvent près de l’équivoque.Il serf beaucoup en vers pour la rapidité et la pré-cision ; mais il peut nuire à la clarté, et celle-ciest avant (ont. La Harpe.
6 ° (lu vers est la traduction de ce mot d’Alexan -dre, rapporté par Quinte Curce. « Video tandempar animo meo periculnm. •— Je vois enfin uadanger digne de mon courage. »Q. Curt., lib.VllI,cap. xlvii. Geoffroy.
61 Ce semble se disoit autrefois pour ù ce qu’tlparaît , et éloit plus précis. Il est tombé en désué-tude, ou ne sait trop pourquoi, puisqu’on dit en-core ce me semble : c’est une bizarrerie de l’u-sage. Mais ce semble est ici répréhensible absolu-ment , pareequ’il ne saurait se lier avec la phrase,qui veut dire : quoique partout accablé sous le nom-bre . à ce qu’il paroissoit, je n’ai pu. La Harpe.
e 2 Pour venir se rapporte par la construction àAxianc , et par le sens à Alexandre. C’est Axianequi parle, et c’est Alexandre qui vient. L’emploide l’infinitif est donc une incorrection. L’exacti-tude grammaticale demandoit pour que vous veniez..
À. Martin.
65 Lorsqu'on emploie le mol sang au figuré,dit La Harpe, pour race , famille, on peut yjoindre l’épithète de magnanime ; mais lorsque lemot sang est employé, au propre, on dît un sangnoble, illustre, généreux. Je doute qu’on puissedire un sang magnanime , le mot magnanime pré-sentant une idée beaucoup plus morale. A. 31.
64 Voltaire, dans Zaïre , s’est approprié ce verstout entier :
Vous ne m’entendrez point, amant foible et jaloux,En reproches honteux éclater contre vous.
Cette expression élégante , éclater en reproches ,n’éioit rien moins que commune quand l’auteurd’Alexandre s’en servit. Il y avoit donc quelquemérite à la trouver : c’est ce qui fait que cet em-prunt de Voltaire méritait d’être remarqué. L.II.
65 Portera seroit beaucoup plus élégant quedonnera, et à ma gloire vaudrait mieux qu’à sagloire. La gloire de ma douceur n’es! pas une bonneexpression , comme le seroit la gloire de ma clé-mence, La IIari'e.
66 Ces deux vers offrent une image incohé-rente. On ne conçoit pas ce que c’est qu’un troublefatal qui ferme les yeux, et qui cependant regardeun tyran. A. Martin.
67 Un espoir si charmant : net hémistiche se re-trouve dans Andromaque (act. I, scène iv) :
Un espoir si charmant me seroit-il permis !
Dans l’un et l’autre rndmil, c’est une expres-sion galanle qui convient au roman plus qu’à latragédie. Gf.offrot.
68 Douteux se prenoit autrefois dans le gensd'incertain, d’irrésolu, ainsi qu’on peut en voirun exemple dans l’épîlre que lioilcau adressa ausavant Arnauld, Aujourd'hui douteux signifie ce
dont on doute. On est certain d’une chose, et unechose est douteuse.
6 y Dans les éditions premières, la réponse deTaxilc commençoit par les vers suivants :
ïïé bien ! n’en parlons plus; les soupirs elles larmesContre tant de mépris sont d’impuissantes amies.Mais c’est user, madame, avec trop de rigueurDu pouvoir que vos yeux vous dorment sur rnoncœur.
Tout amant que je suis, vous oubliez peut-être,etc.
70 Pousser des vœux se disoit encore du tempsde Racine. Celteexpression ne se ttouve que dansses premières pièces. Son goût la lui fit rejeterbientôt, et elle ne reparoît plus dans ses dernierschefs-d’œuvre. A. Martin.
7 1 On peut mettre au nombre des négligencesdu style de llacine, dans ses deux premièrespièces , l’emploi souvent malheureux et presquetoujours vague qu’il fait du mot courroux. G.
Mettre entre est bien dur. Rien n’étoit plusaisé que de dire : et mettre dans vos mains.
Aicnav.
75 Les Malliens , peuple de l’Inde au-delà duGange, réunis avec les Oxydraqucs, opposèrentquelque résistance aux armes victorieuses d'A-lexandre. Gboffbot,
7 * Pensez-Yous y traîner les restes d’une armée
ne dit pas ce qu’il veut dire. Ln sens exigeoit :Pensez-vous ù y traîner. Aignav.
75 Louis Racine pensoit qu'il y avoit une fauted’impression dans ces vers, et il les corrigeoit dela manière suivante :
II faut bien qu’il succombe, et, malgré son cou-
Tombe sur tant de morts qui ferment son passage.
Ces vers valent mieux que les premiers ; maisrien n’autorise à supposer ici une faute d'impres-sion. Toutes les éditions publiées pendant la viede Racine sont uniformes : elles portent toutes etqu’enfui ton courage. Geoffroy.
76 On lit dans les premières éditions les verssuivants , qui ont été retranchés :
Je croyois que , touché de mes justes alarmes,Vous sauveriez Porus.
ALEXANDRE.
Que j'écoute vos larmes.Tandis que votre cœur, au lieu de .s’émouvoir,Désespère Taxile , et brave mon pouvoir !Pensez-vous, apres tout, que j’ignore sou crime?C’est moi dont lu faveur le noiroil et l'opprime :"Vous le verriez , sans moi, d’un œil moins irrité ;Mais on n’en croira pas voire injuste fierlé :
Porus est son captif. Avant qu’on le ramène ,Consultez votre cœur, consultez votre haine.
Vous le pouvez , d’un mot, ou sauver, ou punir.Madame , prononcez ce qu’il doit devenir.
AXIANE.
Hélas ! que voulez vous que ma douleur prononce?Pour sauver mon amant, faut-il que j’y renonce?