ARDROMAQÜE.
116
HtltiltOXH.
Ou le dit: et déplus on vient de m’assurerQue vous ne me cherchiez que pour m'y jrré-parer 57 ,
, OltTSTE.
Et votre âme à ses vœux ne sera point rebelle?
HMI.'IIONK.
Qui l’eût cru, que Pyrrhus ne fût pas infidèle;
Que sa flamme attendroil si tard pour éclater ;
Qu’il reviendroit à moi quand je l’allois quitter?
Je veux croire avec vous qu’il redoute la Grèce ;Qu’il *uit son intérêt plutôt que sa tendresse ;
Que nies yeux sur votre âme étoient plus absolus.
ORESTE.
Non, madame : il vous aime , et je n’en doute plus.Vos yeux ne font - ils pas tout ce qu’ils veulent faire ?
Et vous ne vouliez pas , sans doute, lui déplaire.IIKRMIOXE.
Mnisque puis-je, seigneur ? On a promis ma foi :
Lui ravirai-je un bien qu’il ne lient pas de moi?L’amour ne règle pas le sort d’une princesse :
La gloire d’obéir est tout ce qu’on nous laisse.
(’.of endan't je parfois : et vous avez pu voirCombien je relâchois pour vous de mon devoir.
ORESTE.
Aid que vous saviez bien, cruelle... Mais, madame, ■Chacun peut à son choix disposer de son âme.
La vôtre éloit à vous. J’espérois ; mais enfinVous l’avez pu donner sans me faire un larcin.
Je vous accuse aussi bien moins que la fortune.
El pourquoi vous lasser d’une plainte importune ?
Tel est votre devoir, je l’avoue ; et le mienEst de vous épargner un si triste entretien.
SCÈNE III-
HERMIONE, CLEONE.
er.éoME.
Attendois-tu, Cléone, uncouiroux si modeste?
CLÉOXB.
La douleur qui se tait n’en est que plus funeste.
Je le plains d’autant pins qn’auteur de son ennui,
Le coup qui l’a perdu n’est parti que de lui.Comptez depuis quel temps votre hymen sc prépare :11 a parlé, madame, et Pyrrhus se déclare.UBP.MIONE.
Tu crois que Pyrrhus craint? Et que craint-il encor?Des peuples qui, dix ans , ont fui devant Hector :Qui cent fois, effrayés de l’absence d’Achille,
Dans leu rs vaisseaui brûlants on l cherché leur asile.Et qu’on verroit encor, sans l’appui de son tils,liedmiandcr Hélène aux Troycns impunis?
Non. Cléone , il n’est point ennemi de lui-même ;
11 veut tout ce qu'il fait; et, s’il m’épouse, il m’aime.Mais qu’Oreste àson gré m’impute ses douleurs;N’avons-nous d'entretien que celui de ses pleurs ?Pyrrhus revient à nous ! lié bien! chère. Cléone,Conçois-tu les transports de l’heureuse Hermione?Sais-lu quel est Pyrrhus? T’es-tu fait raconterLe nombie des exploits... Mais qui les peut compter ?Intrépide, et partout suivi de la victoire ,Charmant, fidèle enlin : rien ne manque à sa gloire.Songe...
CLCONE.
Dissimulez : votre rivale en pleursVient à vos pieds, sans doute,-apporter ses douleurs.
1IEKMIOXB.
Dieux ! ne puis-je à ma joie abandonner mon âme!Sortons : que lui dirois-je ?
SCÈNE IY.
ANDROMAQUE, HERMIONE, CLÉONE,CÉPHISE.
AîTOROMAQUE.
Où fuyez-vous, madame?N'est-ce pas à vos yeux un spectacle assez douxQue la veuve d’Hector pleurant à vos genoux ?
Je ne viens point ici, par de jalouses larmes,
Vous envier un cœur qui sc rend à vos charmes.Par une main cruelle, hélas! j’ai vu percerLe seul où mes regards prétemluient s’adresser :
Ma flamme par Hector fut jadis allumée ;
Avec lui dans la tombe elle s’est enfermée.
Mai» il me reste un lils. Nous saurez quelque jour,Madame, pour un fils jusqu’où va nuire amour 5 8 ;Mai» vous ne saurez pas, du moins je le souhai te ,En quel trouble mortel son intérêt nous jette ,Lorsque de tant de biens qui pou voient nous flatter,C’est le seul qui nous reste, et qu’on veut nous fêler.Hélas! lorsque, lassés de dix ans de misère ,
Les Troycns en courroux menaçoienl votre mère,J’ai su de mon Hector lui procurer l’appui :
Vous pouvez sur Pyrrhus ce que j’ai pu sur lui 5 9 .Que craint-on d'uu enfant qui survit à sa perte ?Laisscz-moi le cacher en quelque île déserte ;
Sur les soins de sa nmre un peut s’en assurer,
Et mon fils avec moi réapprendra qu’à pleurer.
H h R IIIOVB.
Je conçois vos douleurs : mais un devoir austère,Quand mon père a parlé , rn’oi donne de me taire.C’est lui qui de Pyrrhus fait agir le courroux.
S’il fa u t fléchir Pyrrhus, qui le peut mieux que vous ?Vos yeux assez long-temps ont régné sur son âme.Fnijcs-le prononcer : j’y souscrirai, madame.
SCÈNE Y.
ANDROMAQUE, CÉPHISE.
AXllKOMAgOE.
Quel mépris la cruelle attache à ses refus !
CÉP1IISE.
Je croirois ses conseils, et je verrais Pyrrhus.
Un regard confondroil Hermione et la Grèce...Mais lui même il vous cherche.
SCÈNE YI.
PYRRHUS, ANDROMAQUE, PHOENIX,CÉPHISE.
l'VRRurs, ù P/iœm’.v.
Où donc est la princesse?