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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE I, SCENE I —IV.

iî7

Tl n’en a tenu compte. Ii a si bien veilléEt si bien fait, qu’on dit que son timbre estbrouillé i*.

Il nous veut tous juger les uns après les autres.

Il marmotte toujours certaines patenôtresOù jo ne comprends rien. Il veut, bon gré, mal gré,Ne se coucher qu’en robe et qu’en bonnet carré.Tl lit couper la tête à son coq, de colère ,

Pour l’avoir éveillé plus tard qu’à l’ordinaire;

II disoit qu’un plaideur dont l’affaire alloit malAvoit graissé la patte à ce pauvre animal.

Depuis ce bel arrêt, le pauvre homme a beau faire,Son fils ne souffre plus qu’on lui parle d’affaire.

Il nous le fait garder jour et nuit, et de près :Autrement, serviteur, et mon homme est auxplaids.

Pours’écbappcr de nous Dieu sait s’il est alégrc.Pour moi, je ne dors plus : aussi je deviens maigre,C’est pitié. Je m’étends, et ne fais que bâiller.Mais , veille qui voudra , voici mon oreiller.

Ma foi, pour cette nuit iifautque je m’en donne!Pour dormir dans la rue on n’offense personne.Dormons.

( II se couche par terre .}

SCÈNE IX.

L’INTIMÉ, PETIT-JEAN.

L’INTIMÉ.

Hé , Petit-Jean ! Petit-Jean 3

PETIT-JEAN.

L’Intimé!

( à part. )

Il a déjà bien peur de me voir enrhumé.

l'intimé.

Que diable ! si matin que fais-tu dans la rue ?

PETIT- JEAN.

Est-ce qu’il faut toujours faire le pied de grue ,Garder toujours un homme , et l’entendre crier ?Quelle gueule J Pour moi. je'crois qu’il est sorcier.l’istibé.

Bon!

PETIT-JEAN.

Je lui disois donc , en me grattant la tête ,Que je voulois dormir. * Présente ta requête«Comme tu veux dormir,» m’a-t-il dit gravement” 1 .Je dors en te contant la chose seulement.

Bonsoir.

l'intimé.

Comment, bonsoir? Que le diable m’emporteSi... Mais j’entends du bruit au-dessus de la porte.

SCÈNE III.

DANDIN, L’INTIMÉ, PETIT-JEAN.

dandin, à la fenêtre** •

Pctii-Jean ! L’Intimé!

l’intimé, à Petit-Jean.

Paix.

DANDIN.

Je suis seul ici.

"Voilà mes guichetiers en défaut, Dieu merci.

Si je leur donne temps, ils pourront comparoîtrc 1 *.Çà , pour nous élargir, sautons par la fenêtre.

Hors de cour.

l’intimé.

Comme il saute.

PETIT-JEAN.

Oh! monsieur, je vous tiens 15 .

DANDIN.

Au voleur! auvoleur!

PETIT-JEAN.

Ob ! nous vous tenons bien.l'intimé.

Vous avez beau crier.

DANDIN.

Main-forte ! l’on me tue !

SCÈNE IV.

LÉANDRE,DANDIN, L’INTIMÉ,PETIT JEAN.

LÉAND71E.

Vite un flambeau ! j’entends mon père dans la rue.Mon père, si matin qui vous fait déloger?

Où courez-vous la nuit?

DANDIN.

Je veux aller juger.

LÉANDRE.

Et qui juger? Tout dort.

PETIT-JEAN.

Ma foi, je ne dors guères.

LÉANDRE.

Que de sacs ! il en a jusques aux jarretières.DANDIN.

Je ne veux de trois mois rentrer dans la maison.

De sacs et de procès j’ai fait provision * 6 .

I.ÉAKDRE.

Et qui vous nourrira ?

DANDIN.

Le buvetier, je pense.

LÉANDBE.

Mais où dormirez-vous, mon père ?

U ANDIN-

À l'audience.

LÉANDBE.

Non , mon père ; il vaut mieux que vous nesortiez pas.

Dormez chez vous ; chez voua faites tous vos repas.Souffrez que la raison enfin vous persuade ;

Et pour votre santé...

DANDIN.

Je veux être malade.LÉANDRE.

Vous ne l’êtes que trop, Donnez-vous du repos;Vous n’avez tantôt plus que la peau sur les os.DANDIN.

Du repos ? Ah ! sur toi tu veux régler ton père ?Crois-tu qu’un juge u’ait qu’à faire bonne obère,Qu’à battre le pavé comme un tas de galants ,hourir le bal la nuit, et le jour les brelans ?L’argent ne nous vient pas si vite que l’on penseChacun de tes rubans me coûte une sentence t? .Ma robe vous fait honte : un fils de juge ! Ab, fi !Tu fais le gentilhomme : hé 1 Dandin , mon ami,Regarde dans ma chambre et dans ma garderobeLes portraits des Dandins : tousont porté la robe ;

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