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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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LES PLAIDEURS.

Et c’est le bon parti. Compare prix pour prisLes élrennes d’un juge à celles d’un marquis :Attends que nous soyons à la fin de décembre.Quest-cc qu’un gentilhomme? un pilier d’anti-chambre.

Combien en as-tu vu , je dis des plus huppés 18 ,

A souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés ,Lemanlcausurle nez, ou la main dans la poche ;Enfin, pour se chauffer, venir tourner rua broche. 1Voilà comme on les traite. Uél mon pauvre garçon,De ta défunte mère cst-cc là la leçon ?

La pauvre Babonnette ! Ilélas ! lorsque j’y pense ,Elle ne mauquoit pas une seule audience.

Jamais , au grand jamais, elle nr me quitta ,

Et Dieu sait bien souvent ce qu’elle en rapporta :Elle eiiL du buvelier emporté les serviettes,

Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes T 9 -Et voilà comme on fait les bonnes maisons. Va,

Tu ne seras qu’un sot.

LÉANIVRE.

Vous vous morfondez là,Mon père. Petit-Jean , remenez votre maître ,Couchez-Je dans son lit: fermez porte , fenêtre ;Qu’on barricade tout, afin qu’il ait plus chaud.

TETIT-JÜ AN.

Faites donc mettre au moius des garde-fous là-haut.I) ANDIN.

Quoi! l’on me mènera coucher sans autre forme!Obtenez un arrêt comme il faut que je dorme 2 °.

LÉAXD1US.

Hé] par provision, mon père , couchez-vous.

DANIlIX.

J’irai ; mais je m’en vais vous faire enrager tous :Je ne dormirai point.

LKANOBE.

Hé bien , à la bonne heure !Qu’on ne le quitte pas. Toi, l’intimé, demeure.

SCÈNE V.

LÉANDRE, L’INTIMÉ.

T.KANIlRE.

Je veux l’entretenir un moment sans lémoiu.

*• INTIMÉ.

Quoi! vous faut-il garder?

LÉAITOItE.

J’en aurais bon besoin.

J'ai ma folie , hélas! aussi bien que mon père.l’intimé.

Oh! vous voulez juger?

eéandbe , montrant le logis d'Isabelle.

Laissons là le mystère.

Tu connois ce logis.

L’INTIME.

Je vous entends enfin :

Diantre î l’amour vous fient au cœur de bon matin.Vous me voulez parler sans doute dTsabcIIc.

Je vous l’ai dit cent fois : elle est sage, elle est belle;Mais vous devez songer que monsieur ChicaneauDe son bien en procès consume le plus beau.

Qui ne plaide-t-il point? Je crois qu’à l’audienceÏ1 fera , s’il ne meurt , venir toute la France.

Tout auprès de son juge il s’est venu loger :

L’un veut plaider toujours, l’autre toujoursjuger 21 .

Et c’est un grand hasard s’il conclut votre affaireSans plaider le curé , le gendre et le notaire.

LÏANDRE.

Je le sais comme toi ; mais , malgré tout cela ,

Je meurs pour Isabelle.

r.’ intimé.

Hé bien, épousez-la.

Vous n’avez qu’à parler , c’est une affaire prèle.

LÉANDRE.

lié ! cela ne va pas si vite que ta têle.

Son père est un sauvage à qui je lerois pour.

A moins que d’ètre huissier, sergent ou procureur,On ne voit point sa fille ; et la pauvre Isabelle,Invisible et dolente , est en prison chez elle.

Elle voit dissiper sa jeunesse en regrets 23 ,

Mon amour en fumée , et son bien en procès.

Il la ruinera si l’on le laisse faire 2î .

Ne connoîtrois-lu pas quelque honnête faussaireQui servît ses amis , en le payant, s’entend ,Quelque sergent zélé ?

l’intimé.

Bon ! l’on en trouve tant !

LKAMIRE.

Mais encore ?

l’intimé.

Ah, monsieur! si feu mon pauvre pèreEtoit encor vivant, c’étoit bien voire affaire.

Il gagnoit en un jour plus qu’un autre en six mois;Ses rides sur son front gra voient tous ses exploits 24 .Il vous eût arrêté le carrosse d’un prince ;

Il yous l’eût pris lui-même ; et si dans la provinceIl se dunnuiten tom vingt coupsde nerfsde bœuf,Mon père pour sa part eu emboursoit dix-neuf 25 .Mais de quoi s’agit-il ? suis-jc pas fils de maître?

Je vous servirai.

T.É ANDRE.

Toi ?

l'intimé.

Mieux qu’un sergent peut-être.

LÉANOKK.

Tu porterais au père un faux exploit ?

l’ixtuié.

non , bon.

LÉA’NDEE.

Tu rendrois à la fille un billet ?

l’intimé.

Pourquoi non ?

Je suis des deux métiers.

LÉANDRE.

Viens, jcl’cntends qui cric.Allons à ce dessein rêver ailleurs.

SCÈNE VI.

CHICANEAU, PETIT-JEAN.

chicanead , allant et revenant.

La Brie ,

Qu’on garde la maison , je reviendrai bientôt ^6.Qu’on ne laisse monter aucune âme là-haut.