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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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14-2

LES PLAIDEURS.

l’intimé.

11 n'est donc pas ici, mademoiselle ?

ISABELLE.

Non.

l'intimé.

L’exptoU, mademoiselle, est mis sous votre nom.

ISABELLE.

Monsieur, vous me prenez pour une autre, sansdoute :

Sans avoir de procès, je sais ce qu’il en coûte ;

Et si l’on n’aimoit pas à plaider plus que moi,Vos pareils pourroient bien chercher un autre em-ploi.

Adieu.

l'intimé.

Mais permettez...

ISABELLE.

Je ne veux rien permettre.l’intimé.

Ce n’est pas un exploit.

ISABELLE.

Chanson !l’intimé.

C’est une lettre.

ISABELLE.

Encor moins.

l intime.

Mais lisez.

ISABELLE.

Vous ne m’y tenez pas.l’intimé.

C’est de monsieur...

Adieu.

l’intimé.

Léandre.

ISABELLE.

C’est de monsieur...?

Parlez bas.

l’intimé.

Que diable ! on a bien de la peineA sc faire écouter : je suis tout hors d’haleine.

ISABELLE.

Ah! l'intimé, pardonne à mes sens étonnés;Donne.

l’intimé.

Vous me deviez fermer la porte au nez.

El qui t’auroit connu déguisé de la sorte ?

Mais donne.

l’intimé.

Auj gens de bien ou vrc-t-un votre porte?

' . ISABELLE.

Hé ! donne donc.

l'intimé.

La peste !

ISABELLE.

Ob ! ne donnez donc pas.Avec voire billet retournez sur vos pas.

l’intimé.

Tenez. Une autre fois ne soyez pas si prompte.

SCÈNE III.

CHICANEAÜ , ISABELLE , L’INTIMÉ.

CHICANEAü.

Oui, je suis donc un sot, un voleur, à son compte !

Un sergent s’est chargé de la remercier;

Et je lui vais servir un plat de mon métier.

Je serois bien fâché que ce fût à refaire,

Ni qu’elle m’envoyât assigner la première.

Mais un homme ici parle à ma fille ! Comment !

Elle Ht un billet J Ah I c’est de quelque amant.Approchons.

ISABELLE.

Tout de bon, ton maître est-il sincère?

Le croirai-je ?

l’intimé.

Il ne dort non plus que votre père.

( apercevant Chicaneau. )

Use tourmente; il vous.... fera voir aujourd’huiQue l’on ne gagne rien à plaider contre lui.

ISABELLE , apercevant Chicaneau.

C’est mon père J

( <1 l’intimé. )

Vraiment, vous leur pouvez apprendreQue si l’on nous poursuit, nous saurons nous défendre.( déchirant te billet. )

Tenez , voilà le cas qu’on fait de votre exploit.

CHICANEAU.

Comment ! c’est un exploit que ma fille lisoit 5 6 !

Ab ! tu seras un jour l’honneur de la famille :

Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, mafiLle 3e .

Va, je t’achèterai le Praticien francois.

Mais , diantre ! il ne faut pas déchirer les exploits.

ISABELLE , à l’intimé.

Au moins, diles-lcur bien que je ne les crains guère :Ils me feront plaisir : je les mets à pis faire.

CHICANEA1.

Hé ! ne te fâche point.

ISABELLE , « l’intimé.

Adieu, monsieur.

SCÈNE IV.

CHICANEAÜ, L’INTIME.

l’intimé, se mettant en état d’écrire.

Or ça ,

Verbalisons.

CHICANEAU.

Monsieur, de grâce , excusez-Ia :

Elle n’est pas instruite ; et puis, si bon vous semble ,En voici les morceaux que je vais mettre ensemble.l’intimé.

Non.

CHICANEAU.

Je le lirai bien.

l’intimé.

Je ne suis pas méchant :J’en ai sur moi copie.

CHICANEAU.

Ah ! le trait est touchant.