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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE IT, SCENE IV—V.

t /,3 ,

Mais je ne sais pourquoi, plus je vous envisage,

Et moins je me remets , monsieur, voire visage.

Je eonnois force huissiers.

l’intimé.

Informez-vous de moi.

Je m’acquitte assez bien de mou pelit emploi.

CHICANEAÜ.

Soit. Pour qui venez-vous ?

i/intimé.

Pour une brave dame,

Monsieur, qui yous honore, et de toute son âmeVoudroit que vous vinssiez à ma sommationLui faire un petit mot de réparation.

CHICANEAÜ.

Un réparation? Je n’ai blessé personne.

l’intimé.

Je le crois : vous avez, monsieur, l’àuie trop bonne.chicanf.au.

Que demaudez vous donc ?

l’intimé.

Elle voudroit, monsieur,Que devant des témoins vous lui fissiez l’honneurDe l’avouer pour sage , et point extravagante.

CUICANEAU.

Parbleu, c’est ma comtesse !

l’intimé.

Elle est votre servante.CEUCANEAU.

Je suis son serviteur.

l’intimé.

Vous êtes obligeant,

Monsieur.

CHICANEAÜ.

Oui, vous pouvez l’assurer qu’un sergentLui doit porter pour moi tout ce qu’elle demande,lié quoi donc! les battus, ma foi, paieront l’amende !Voyons ce qu’elle chante. Hon... Sûrtèwe janvier,Pour avoir faussement dit qu’il fallait lier,

Etant à ce porté par esprit de chicane,

Haute et puissante dame Yolande Cudasne ,

(’omtesse de Pimbesche, Orbesche , et caetera ,

Jl soit dit que sur l’heure il se transporteraAu logis de la dame ; et là , d’une voix claire,Devant quatre témoins assistés d’un notaire ,

{ Zeste l ) ledit Hiérome avouera hautementQu’il ta tient pour sensée et de bon jugement,..

Le Bon. C'est donc le nom de votre seigneurie ?l’intimé.

* ( à. part. )

Pour vous servir. Il faut payer d’eflronterie.

CUICANEAU.

Le Bon ! Jamais exploit ne fui signé Le Bon.Monsieur Le Bon...

l’intimé.

Monsieur.

CHICANEAÜ.

Vousêtes un fripon.l’cntimé.

Monsieur, pardonnez-moi, je suis fort honnêtehomme.

CUICANEAU.

Maisfripon le plus franc qui soit de Caen à Borne.l’intimé.

Monsieur, je ne suis pas pour vous désavouer :

Vous aurez la honté de me le bien payer.

CHICANEAÜ.

Moi, payer? En soufflets.

l’intimé.

Vous êtes trop honnête :

Yous me le paierez bien.

CUICANEAU.

Ob ! tu ine romps la tête.Tiens , voilà ton paiement.

l’intimé.

Un soufflet ! Écrivons :Lequel Hiérome , apres plusieurs rébellions,

Aurait atteint, frappé, moi sergent, à la joue,

Et fait tomber du coup mon chapeau dans la boue.

cuicaneau , lui donnant un coup de pied.Ajoute cela.

l’intimé.

Bon : c’est de l'argent comptant ;

J’en avois bien besoin. Et, de ce non content,Aurait avec le pied réitéré. Courage!

Outre plus, le susdit serait venu, de rage,

Pour lacérer ledit présent prochs-serbal. .

Allons , mon cher monsieur, cela ne va pas mal.

Ne vous relâchez point.

CIIICANEAU.

Coquin !l’intimé.

Ne vous déplaise,Quelques coups de bâton , et je suis à mon aise.

cuicaneau, tenant un bâton.

Oui-dà : je verrai bien s’il est sergent.

l’intimé , en posture d’écrire.

Tôt donc,

Frappez : j’ai quatre enfants à nourrir.

CUICANEAU.

Ah! pardon,

Monsieur, pour un sergent je ne pouvois vousprendre :

Mais le plus habile homme enfin peut se méprendre.Je saurai réparer ce soupçon outrageant.

Oui, vous êtes sergent, monsieur, et très sergent.Touche/. !à : vos pareils sont gens que je révère ;

Et j’ai toujours été nourri par feu mon pèreDans la crainte de Dieu, monsieur, et dessergents.l’intimé.

Non , à si bon marché l’on ne bal point les gens.CHICANEAl'.

Monsieur, point de procès.

l’intimé.

Serviteur. Contumace,Bâton levé . soufflet, coup de pied. Ah !

CUICANEAU.

De grâce,

Bendez les-moi plutôt. k

l’intimé:

Suffit qu’ils soient reçus,

Je ne les voudrais pas donner pour mille écus s 7.

SCÈNE V.

LEANDBE, en robe de commissaire; CIIICANEAU,L'INTIMÉ.

l’intimé.

Voici fort à propos monsieur le commissaire.