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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE III, SCÈNE III.

i49

PETIT-JEAN.

On lit...

LE SOUFFLEUR.

Dans la...

PETIT-JEAN.

Dans la...

LE SOUFFLEUR.

Métamorphose...

PETIT-JEAN.

Comment?

LE SOUFFLEUR.

Que la métem...

PETIT-JEAN.

Que la métem...

LB SOUFFLEUR.

Psycosc...

PETIT-JEAN.

Psycose...

LE SOUFFLEUR.

Hé ! le cheval !

PETIT-JEAN.

Et le cheval...

LE SOUFFLEUR.

Encor!

PETIT-JEAN.

Eneor...

LE SOUFFLEUR.

Le chien!

PETIT-JEAN.

Le chien...

LE SOUFFLEUR.

Le butor!

PETIT-JEAN.

Le butor...

LE SOUFFLEUR.

Peste de I’üYocat!

PETIT-JEAN.

Ah! peste de loi-même!

Voyez cet autre avec sa face de carême!

Va-t’en au diable.

DANDIN.

Et vous, venez au fait. Un mot

Du fait 51 .

PETIT-JEAN-

lié ! faut-il tant tourner autour du pot ?Ils me font dire aussi des mois longs d’une toise ,De grands mots qui tiendroient d’ici jusqu’à Pon-toise.

Pour moi, je ne sais point tant faire de façonPour dire qu’un mâtin vient de prendre un chapon.Tant y a qu’il n’est rien que votre chien ne prenne ;Qu’il a mangé là-bas un bon chapon du Maine ;Que la première l'ois que je l’y trouverai,

Son procès est tout fait ; et je l’assommerai.

LÉANDRE.

Belle conclusion , et digne de l’exorde!

PETIT-JEAN.

On l’entend bien toujours. Qui voudra mordre ymorde.

DANDIN.

Appelez les témoins.

LÉANDRE.

C’est bien dit, s’il le peut :Les témoins sont fort chers, et 11'en a pas qui veut.

PETIT- JEAN.

Nous en avons pourtant, et qui sont sans reproche.DANDIN.

Faites-Ies donc venir.

PETIT-JEAN.

Je les ai dans ma poche.Tenez : voilà la tête et les pieds du chapon ;Voyez-les, et jugez.

l’intimé.

Je les récuse.

11ANDIN.

Bon!

Pourquoi les récuser ?

l’intimé.

Monsieur, iîssontdu Maine.DANDIN.

Il est vrai que du Mans il en vient par douzaine.l’intimé.

Messieurs...

DANDIN.

Serez-vous long , avocat, dites-moi 6 * ?l’intimé.

Je ne réponds de rien.

DANDIN.

Il est de bonne foi.l’intimé , d’un ion fmissant en fausset.Messieurs, tout ce qui peut étonner un coupable 5 i ,Tout ce que les mortels ont de plus redoutable,Semble s’être assemblé contre nous par hasard,Je veux dire la brigue et l’éloquence. Car,

D’un côté, le crédit du défunt m’épouvante;

Et de l’autre côté , l’éloquence éclatanteDe maître Petit-Jean rn éblouit.

DANDIN.

Avocat,

De votre ton vous-même adoucissez l’éclat.l’intimé.

{ d’un ton ordinaire. ) ( du beau ion. )

Oui-dà , j’en ai plusieurs... Mais quelquedélianceQue nous doive donner la susdite éloquence,

Et le susdit crédit, ce néanmoins, messieurs,L’ancre de vos bontés nous rassure. D’ailleurs,Devaut le grand Dandin l’innocence est hardie;Oui, devant ce Caton de basse Normandie,

Ce soleil d’équité qui n’est jamais terni :

Victrix causa dits placuit, sedvicta Catoni b4 .

DANDIN.

Vraiment, il plaide bien.

ï/intimé.

Sans craindre aucune chose,Je prends donc la parole, et je viens à ma cause.Arislote , primo, péri Politicon,

Dit fort bien...

DANDIN.

Avocat, il s’agit d’un chapon ,

Et non point d’Aristote et de sa Politique.l’intimé.

Oui; mais l’aulorité du PéripatétiqueProuveroit que le bien et le mal...

DANDIN.

Je préteus

Qu’Aristote n’a point d’autorité céans.

Au fait.

l’intimé.

Pausanias, en ses Corinthiaques...