Buch 
Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
Entstehung
JPEG-Download
 

i5o

LES PLAIDEURS.

Au fait.

Rebuftc...

Disms.

I.’lNTJMK.

DANDIN.

Au fait, vous dis-je.

L’INTIMÉ.

Legrand Jacques...

DANDIN.

Au fait, au fait, au fait.

l/lNTlMÉ.

Ilarmenopul, in Prompt.. .

DANDIN.

Oli ! je le vais juger.

l’intimé.

Oh , tous êtes si prompt !

( vite. )

Voici le fait. Un chien Tient dans une cuisine.

Il y trouve un chapon, lequel a bonne mine.

Or, celui pour lequel je parle est affamé ,

Celui contre lequel je parle autem plumé ;lit celui pour lequel je suis prend en cachetteCelui contre lequel je parle. L’un décrète :

On le prend. Avocat pour et contre appelé ;

Jour pr;s. Je dois parler, je parle , j’ai parlé.1IAN1UN.

Ta, ta , la , ta. Voilà Lien instruire line affaire !

Il dit fort posément ce dont on n’a que faire,

Et court le grand galop quand il est à son fait.l’intimi:.

Mais le premier, monsieur, c’est le beau,dandin.

C’est le laid.

A-t-on jamais plaidé d’une telle méthode?

Mais qu’en dit l’assemblée ?

LÉ ANDRE.

11 est fort à la mode.l’intimé , d’un ton véhémentQu’arrive-t - il, messieurs? On vient. Commentvient-on ?

On poursuit ma partie. On force une maison.Quelle maison? maison de notre propre juge!

Ou brise le cellier qui nous sert de refuge !

De vol, de brigandage un nous déclare auteurs!On nous traîne, on nous livre à nos accusateurs,

A maître Pclit-Jean, messieurs. Je vous atteste :Qui lie sait que la loi Si quiscants , Digeste,

De vi, paragraphe , messieurs... Caponihus 6 5 ,

Est manifestement contraire à cet abus ?

El quand il seroitvrai que Citron , ma partie,Auroit mangé, messieurs, le tout, ou bien partieDudit chapon : qu’on mette en compensation '

Ce que nous avons fait avant cette action.

Quand rua partie a-t elle été réprimandée ?

Par qui votre maison a-t-elle été gardée?

Quand avons-nous manqué d’aboyer au larron?Témoin trois procureurs dont icelui CitronA déchiré la robe. On en verra les pièces.

Pour nous justifier voulez-vous d’autres pièces ?

PETIT-JEAN.

Maître Adam...

l’intimé-

Laissez-nous.

PETIT-JEAN.

L’Intimé...

l’jntike.

Laissez-nous.

PKTIT-JEAN.

S’enroue.

l’intimé.

Hé , laissez-nous ! Euh

DANDIN.

Eub!

Et concluez.

Reposez-vous,

l’intimé, d’un ton pesant.

Puis donc qu’on nous permet de prendreHaleine , cl que l’on nous défend de nous étendre,Je vais sans rien omettre, et sans prévariquer.Compendieusement énoncer, expliquer,

Exposer à vos yeux l’idée universelleDe ma cause, et des faits renfermés en icelle.DANDIN.

Il auroit plus tôt fait de dire tout vingt fois,

Que de 1 abréger une. Homme, ou qui que t» sois,Diable, conclus; ou bien que le ciclle confonde !l’intimé.

Je finis.

DANDIN.

Ab!

l’intimé.

Avant la naissance du monde...naNnu'i , bâillant.

Avocat, ah! passons au déluge.

l’intimé.

Avaut donc

La naissance du monde , et sa création ,

Le monde, l'univers, tout, la nature entière,Etoit ensevelie au fond de la matière.

Les éléments , le feu , l’air, et la terre, et l’eau,Enfoncés , entassés , ne faisoient qu’un monceau,Une confusion, une masse sans forme.

Un désordre, lin chaos, une cohue énorme:

Unes krat tôto katuhæ vultos in orbe ,

Q UEM GrÆCC D ISERE CHAOS, RCDIS INDIGESTAQDE MOLES.( Dandin endormi se laisse tomber. )

Ï.ÉANDRB.

Quelle chute J Mon père !

PETIT-JEAN.

Ay, monsieur! Comme il dort!

LÈANDBE.

Mon père ? éveillez-vous.

PETIT-JEAN.

Monsieur, êtes-vous mort ?

LÉ ANDRE.

Mon père !

DANDIN.

Hé bien? bé bien? Quoi ? Qu’est-ce? Ab! aldquel homme !

Certes , je u’ai jamais dormi d'un si bon somme.MÉANDRE.

Mon père , il faut juger.

DANDIN.

Aux galères.

LÉA-NDRK.

Un ebien.

Aux galères!

Ma foi! je n'y conçois plus rien;De monde, de chaos, j’ai la tête troublée.Hé ! concluez.