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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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| i5a LES PLAIDEURS.

Laissez-nous voire fille et gardez votre bien.

Mais que les avocats soient désormais plus courts.

CniCANEAU.

Et notre criminel ?

LÉANDRE.

LKANDRE.

Ne parlons que de joie :

Mon père , êtes-vous content de l’audieDce?

Grâce 1 grâce 1 mon père.

DANDIN.

PANDIN.

Hé bien ! qu’on Je renvoie ;

Oui-dà. Que les procès viennent en abondance ,

C’est en votre faveur, ma bru, ce que j’en fais.

Et je passe avec vous le reste de mes jours.

Allons nous délasser à voir d’autres procès.

VARIANTES DES PLAIDEURS.

ACTE I.

scène vu, vers 83 .

Oui, monsieur.

scène v, vers a,

J’en aurais bien besoin.

J’irais donc.

Ibid., vers 11.

ACTE III.

A qui n’«n veut-il point! Je crois qu’à l’audience.

s cène m, vers 149.

Ibid., vers 41.

Je n’y connais pLus lien.

Quoi donc?

Ibid., vers i 5 i.

Venez faire parler vos soupirs enfantins.

scène vi. vers 5 .

| Ibid., vers 157.

Prcnds-inoidansce clapier trois lapins de garenne.

i Monsieur, ce sont leurs larmes.

NOTES DES

PLAIDEURS.

1 II s’agit probablement du fameux Tiberio

mes de la chicane, dontle dictionnaire n’éioil pas

Fiurilli, créateur du personnage de Searamouehe,

fort à son usage, ou aurait grand tort d’en conclure

et qui le joua sur l’ancien théâtre ÎLalicn, ù Paris ,

que la pièce est de plusieurs mains : le style prouve

jusqu'à l'âge le plus avancé. On assure qu’il avoit

que tout est d’une seule et meme plume ; et ce qui

conservé dans sa vieillesse tant d’agilité, que, dans

distingue cette espèce de comédie-farce enlretou-

quelques scènes pantomimes , il donnoit encore, à

les les autres, c’est que le style est celui de la bonne

quatre-vingt trois ans,un soufflet avec le pied.

comédie, le naturel élégant et facile , animé par

Geoffroi.

une gaieté franche, cl assaisonné de ce sel piquant

2 Variante. « Et que la régularité de .Ménandre

sans âcreté . que la muse comique jette à pleines

et de Tércnce me sembloit bien plus glorieuse, et

mains sur les travers elles ridicules, qu’il est tou-

même plus agréable à imiter, que la liberté de

jours bon de signaler, quand meme on ne les cor-

Plaute et d’Aristophane. >

rigeroit pas. La Harpe.

3 Se déshonorer de rire est une phrase qui n’est

7 Molière, dans l’Ecole des Femmes, s’étoit déjà

pins usitée. On ne dit pas. Je me déshonorerois de

servi de Monsieurs pour Messieurs. La Harpe re-

faire une telle chose, etc. , mais si je faisais, ou en

marque qu’il étoit plaisant de faire dire des JUon-

faisant. L. Racine.

sieurs à Petit-Jean , pour qui un Monsieur est

4 « Que je puis avoir retenus, »

quelque chose, et qui, en sa qualité de portier,

5 « Un seul. »

connoît parfaitement la différence d’un homme à

6 EnLrc E/’ilatmisus et Andromaqüe^ lesPlaîdeurs

un Monsieur. A. Mabtin.

soni un singulier intermède. L’auteur en parle

* Vers sans césure. Aiunan.

comme d’un amusement de société, fruit de la

9 Jl est trop éloigné de monsieur , auquel il se

lecture d’Aristophane et du long ennui d’un inter-

rapporte ; il y a six vers de distance du pronom au

minable procès. Mais si les aruis de Racine luifournirent l’idée de quelques scènes , comme , par

nom. Cetln très légère incorrection est couverte

parla gaieté, la bonne plaisanterie, le vrai comique

exemple, la querelle de Chicaneau et de la comtesse

du style dans tout ce monologue : H est long à la

de Pimbesche, qui véritablement avoit eu lieu

lérité au théâtre : mais la manière dont il est écrit

entre madame de Crissé et un plaideur de profes-

le fait trouver court à la lecture. Il faut convenir

sion , chez M. Boileau le grcllier : s’il fut obligé,

cependant qu’il n’esl pas naturel que Petit-Jean

comme Molière , d’emprunter des experts les ter-

vienne dans la rue pour dormir, qu'avant de dor-

l