NOTES DES PLAIDEURS.
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mir il se parle si long-temps. On s’aperçoit que lepnele a besoin d'instruire le spectateur, et Petit-Jean ne songe qu’il a envie de dormir qu’aprèsavoir débité ce qu’il est nécessaire de savoir pourl'intelligence de la pièce : il y a peu d’art dans cetteexposition, ruais beaucoup de vers que tout lemonde sait par cœur, d'excellents vers de comé-die, et des proverbes qui sont restés. Geoffroy.
,ü Plaids est un vieux mot qui vient de plaider,et signifie aujourd’hui plaidoirie, audience. L. Ra-cine. C’est au contraire plaider qui vient de plaids.L’emploi de ce mot remonte jusqu’à la législationdes Germains. Aignan.
* 1 Celte métaphore est défectueuse. On dirabien qu’un timbre est fêlé, pureequ’il peut sefendre; mais on ne dira pas qu’il esl brouillé ,• lesparties qui le composent n’étant pas susceptiblesde se mêler. Il est vrai que le mot timbre est iciemployé pour cerveau ; mais ce qui peut se diredu cerveau , à cause de la confusion des idées ,ne peut être appliqué à un timbre, qui ne peutjamais offrir l’image du désordre. A. Martin.
1 * Il y avoit alors un president si amoureux deson métier, qu’il l’exerçoil dans sou domestique.Quand son lils lui représentoit qu’il avoit besoind’un habit neuf, il lui répondoit gravement : Pré-sente ta requête; et quand son fils lui avoit pré-senté sa requête , il y répondoit par un soit com-muniqué à sa mère. L. Racine.
* 5 Ce nom de Perrin-Dandin a été fourni àRacine par Rabelais. Dans le troisième livre dePantagruel, chapitre xxxix, il est question d’unPerrin-Dandin , qui appointait plus de procès qu’iln’en était vidé dans tout le palais de Poitiers. Beau-marchais a aussi emprunté de Rabelais le nom deBride-Oison qu’il donne à un juge imbécile: dansRabelais, le juge s’appelle Bride-Oie. Au reste,un juge qui saute par la fenêtre est de la farceplutôt que de la comédie. 11 faut se souvenir queRacine avoit pris Aristophane pour modèle. G.
* 4 Donner temps, pour donner du temps, ne se ditplus. Temps n’est plus employé sans article quedans ces phrases : sans perdre temps ; il est tempsde... il y a temps pour tout. Aignan.
1 6 Pour la commodité de la rime on supprimeY* du mot tiens. Louis Racine pense qu’il faut in-terdire aux poêles ce retranchement : peut-êtreest-il trop sévèie. Geoffroy.
16 hlaison ne rime point avec provision; onverra encore des rimes telles que écrivons et ré-bellions, donc et pardon, donc et création, désa-vouer et payer. Le poète, si sévère sur la rimedans ses tragédies, s’est donné quelque libertédans une comédie. L. Racine.
*7 Les hommes du temps de Louis XIV fai-soient beaucoup d’usage des rubans; et depuis,lorsque la mode fut passée , les comédiens s’avi-sèrent de substituer le mot toutous au mot rutans.Les comédiens ont eu tort : il faut conserver lesanciens termes et les anciens costumes dans lespièces où l’on peint les anciennes mœurs. Geof-froy. Ce qu’il importoit surtout de remarquer ,c’est la portée effrayante du sens de ce vers. A.
18 On écriroit aujourd’hui: Combien en as-tuvus. Ce point de grammaire a été décidé ainsi
après de longues controverses. Combien de équi-vaut a quels nombreux. Aignan.
19 Racine, en cet endroit, avoit en vue ma-dame Tardieu, femme d’un lieutenant criminelcélèbre par son avarice et par le portrait qu’en afait Boileau dans sa dixième satire :
L’un et l’autre dès lors vécut à l’aventureDes présents qu’à l’abri de la magistratureLe mari quelquefois des plaideurs extorquoil.
Ou de ce que la femme aux voisins escroquoit.
On prétend en effet que madame Tardieu avoitpris quelques serviettes chez le buvelier.
L. du Boisjermain.
80 Ce vers est une répétition d’un trait delàseconde scène. A. Martin.
81 Le caractère du juge est d’Aristophane;celui du plaideur est de l’inventiun de Racine,qui couvre par là du même ridicule cl la maniedes procès et l’entêtement de les juger. Plaiderquelqu'un , à la fin de celle tirade , ne se dit qu’enslylb de chicane. L’usage est de dire plaider contrequelqu’un. L. de Boisjermain.
3a D’Olivet blânioil la jeunesse qui se dissipe enregrets , et Racine le fils souscrit à cette censure.Je crois l’un beaucoup trop sévère, et l’autrebeaucoup trop complaisant. Il est évident quedissiper est pris ici pour perdre. Or, on perd letemps en regrets, et la jeunesse est certainementconsidérée ici sous le rapport du temps, d’unesaison de la vie. L’analogie est donc observée, etces deux vers, excellents par leur précision , n’of-frent qu’un défaut de grammaire ; c’est qu’il eûtfallu le pronom se pour que le verbe dissiper pûts’appliquer aux trois substantifs avec la mêmeexactitude. La Harpe.
s? <St l’on le laisse est ineuphonique. Aicnaw.
34 Tout le monde sait que ce vers est une pa-rodie d’un vers du Gid. On assure que Corneillefut très mécontent de cette gaieté, et dit avec hu-meur : • Ne tient-il qu'à un jeune homme de« tourner en ridicule les plus beaux vers d’un
• poëte?i A. Martin.
35 Ce trait comique est dans Rabelais : il ditd’un « cbicquanous (d’un huissier ), que si en tout
• le territoire n’estoient que trente coups de bas-« ton à guaigner, il eu emboursoit toujours vingt-i huict et demy... et quand je le cuidois mort
• assommé, mon vilain debout était aise comme« un roi ou deux. > (Pantagruel, lîv. IV, chap.xvii. ) Geoffroy.
* 6 C’est une imitation de l’entrée du Tartufe ,et Molière lui même en avoit pris l’idée dans Té-rence. Geoffroy.
27 II paroît qu’alors l’usage ne s’opposoit pas àce qu’on séparât tout d’entier par l'interpositiondu substantif. Cceî peut'jeter du jour sur la questionde savoir si, dans les mois tout entier, tout est ad-verbe , comme quelques grammairiens le préten-dent, ou s’il est adjectif. 11 semblcroit qu’il estadjectif emphatique et que conséquemment ondoit écrire au féminin toute entière. Aignan.
28 On prétend que l’actrice chargée du rôle dela comtesse de Pimbesche parut sur lu scène dans