NOTES DES
nera, l’oultraigera , l'injuriera impudentement,suivant son record et instruction ? tant que le Gen-tilhomme, s’il n’est paralytique de sens, et plusstupide qu’une Baue Gyrine, sera contrainct luydonner bastonnades et coups d'espée sus la teste ,ou la belle jarretade , ou mieulx le jecter par lescreneaulx et fenestre» de son chastcau. Cela faict ,Toilà Ckicquanou* fiche pour quatre mois : commesi coups debaston feussenl ses naüi'vesmoissons.Caril aura du Moyne, de l'Usurier ou Advocat, salairebien bon : et réparation du Genlilhomme aul-cunes fois si grande et excessive, que le Gentil-homme y perdra tout son avoir : avec dangier demisérablement pourrir en prison , comme s’il eustfrappé le Boy. « (Pantagruel, liv. IY,chap. xn.)
58 Pas est de trop -, mais il donne au vers unetournure plus comique que si le pacte avoil mis :
Si j'en cannois un seul. La même faute produit lemême effet dans la scène suivante , et il étoit aifacile de corriger ces deux vers qu’il est probableque Racine les a faits avec réflexion. A. Martix.
Pas n’est point de trop, et il n’y a point de faute.
Le conditionnel si équivaut à la négation. A.
3 9 C’est ici que pas est de trop. Molière a établila règle dans ces vers si connus:
De pas mis avec rien tu fais la récidive,
Et c’est, comme on t’a dit, trop d’une négative. A.
40 Régulièrement ilfaudroit, ce qu'esi devenu)mais l’omission du pronom est permise dans lestyle familier. La Harpe.
41 Epices, en latin species , est une corruptiondu mot espèces. Autrefois les Juges se Jaisoieutpayer des parties, et il existe , en marge d’un an-cien registre du parlement de Paris, une note deMessieurs, qui défend de rendre les Jugementsavant que les épices ou espèces soient payées.
Aigsax. j
4 a C’est une phrase de palais, conservée jusqu’ànos Jours. Un magistrat, abordé par un plaideur,l’écoule quelque temps, puis se retourne vers sonsecrétaire : Monsieur, sais-je celle affaire-là ? Sais-je est bien plus plaisant que demandez-lui si je sais,et a été dit de notre temps. Au fond, il vouloitdire : Ceiie n/faire est-elle du nombre de celles dontvous m'avez rendu compte, et que je dois savoir?C’étoit style de rapporteur , comme il y a style denotaire, style de procureur, etc., et c’est au poètecomique à les ronnoître et à les saisir. LàIIsupe.
iS Quoique tout signifie ici toutes les choses qu'ildit, il ne peut Être suivi d’un verbe au pluriel.L’auteur a cru pouvoir faire rapporter le verbeplutôt à la pensée qu’à l’expression : mais l’usagen’a point adopté cette licence.
44 Voilà le seul exemple qui reste, dans toutRacine, d’uu le pronom relatif mis après son verbe,et devant un mot qui commence par une voyelle :encore faut-il observer que cela se trouve dans unecomédie. Mais dans les premières éditions de laThébaïde et de son Alexandre , il y en avoit cinqou six autres exemples, qu’il a tous réformés dansles éditions suivantes. Il a donc senti que le, placéainsi-, blessoil l’oreille. D’Oitvet.
45 Ce vers manque de repos à l’hémistiche.
PLAIDEURS. 155
Tenir lieu sont deux mots qui ne peuvent être sé-parés. Aicnav.
46 Cette scène et la suivante sont prises d’Aris-tophane- Geoffroy.
4 ? On dit aujourd’hui , un mandat d'amener.
Aicnax.
4 8 Ce vers étoit suivi de plusieurs autres, queRacine retrancha depuis. Dans la première édition,Relit Jean répondoit ainsi à Léandrc :
Je vous entends, oui. Mais d’une première cause,Monsieur, à l’avocat revient-il quelque chose ?LÉAÎTDRE.
Ah, fil Garde-toi bien d’en vouloir rien loucher :C’est la cause d’honneur , on l'achète bien cher-,On sème des billets par toute la famille ;
Et le pelil garçon, et la petite fille ,
Oncle , tante, cousin, tout vient, jusques au chat,Dormir au plaidoyer de monsieur l’avocat.
IMNDtN.
Allons nous préparer, etc.
On ne voit pas bien par quelmotif Racine a sa-crifié cette plaisanterie sur l’appareil qu’un avocatavoil coutume de mettre à la première cause qu’ilplaidoil- Geoffroy.
49 Racine a fait encore ici un retranchementconsidérable. On lit dans la première édition :
Et dans une poursuite à vous-même funeste,
Vous en voulez encore absorber tout le reste.
Ne vaudroit-ii pas mieux,.vans soucis, sans chagrins,Et de vos revenus régalant vos voisins,
Vivre en père jaloux du bien de sa famille ,
Pour en laisser un jour le fonds à votre fille ,
Que de nourrir un tas d’olïiciers affamésQui moissonnent les champs que voiis avez semés;Dont la main toujours pleine et toujours indigenteS’engraisse impunément de vos chapons de rente ?Le beau plaisir d’aller, tout mourant de sommeil,A la porte d’un juge attendre son réveil,
Et d’essuyer le vent qui vous souffle aux oreilles ,Tandis que monsieur dort, el cuve vos bouteilles :Ou bien , si vous entrez, de passer tout un jourA compter, en grondant, les carreaux de sa cour I.lié, monsieur! croyez-moi, quittez cette misère.CHICASEAU.
Vraiment, vous me donnez, etc.
Ce morceau est remarquable en ce qu’il esttout entier dans le style du haut comique, et par-faitement dans ce genre , qui n’est pas celui de lapièce. C’est sans doute une des raisons qui ontengagé l'auteur à supprimer cet excellent couplet.Non seulement il ne convient pas à Léandrc deparler si mal de l’état de juge, qui est celui de sonpère , mais il a tort de parler raison à ce fou quiréduit tout au pied de la chicane (comme il le ditlui-même un moment après ), et dont il veut dansce moment même mettre la folie à profit. Enfin, lefond de ce couplet furmoit une disparate trop forteavec la scène bouffonne qui va suivre ; et, pourfaire passer les petits chiens, il ne falloit pas écrirede ce ton. Mais U suffit d’un couplet de cette forcepour faire sentir aux connoisseura que Racine