iGo BRITÀNNICUS.
rhise, qualités ordinaires d’un Jeune liomme. Tlavoit quinze ans, ei on dit qu'il avoit beaucoupd'esprit, soit qu’on dise vrai, ou que ses malheursaient fait croire cela de lui, sans qu’il ait pu eudonner des marques : Neque segnew ai fuisse in-dolem ferunt; siveverum, seu periculis commendalus,retinuit famum sine expérimente 1 S.
Il no faut pas s’étonner s’il n’a auprès de luiqu’un aussi méchant homme que Nimbse; car ily avoit long-temps qu’on avoit donné ordre qu’iln’y eût auprès de Britannicus que des gens quin’eussent ni foi ni honneur : JVam, ut proximuspuisque Britannico , neque fus neque ftdem pensi ha-beret, olim provisum eral
Il me reste à parler de Junie. Tl ne la faut pasconfondre avec une vieille coquette qui s’appeloilJunia Silana. C’est ici une autre Junie, que Tacite
appelle Junia Calvina, de la famille d'Auguste,sœur de Silanus, à qui Claudius avoit promis Oc-tavie. Celle Junie étoit jeune. belle, et, commedit Sénèque. festiuissima omnium puellarum. Sonfrère et elle s’airnoienl tendrement : et leurs enne-mis , dit Tacite , les accusèrent tous deux d’inceste ,quoiqu'ils ne fussent coupables que d’un peu d’indis-crélion. Mlle vécut jusqu’au lègue de Yespasien.
Je la fais enti er dans les vestales, quoique, selonAulu-Gelle , on n’y recul jamais personne au-des-sous de sis ans. ni au-dessus de dix. Mais le peupleprend ici Junie sous sa proteclion ; et j’ai cruqu’en considération de sa naissance, de sa vertuet de son malheur , il pouvait la dispenser de l’âgeprescrit par les lois, comme il a dispensé de l’âgepour le consulat tant de grands hommes quiavoient mérité ce privilège 21 .
PERSONNAGES.
NÉRON, empereur, fils d'Agrippine. I JUNIE. amante de Rritanmcus.
BRITANNICUS, fils de l'empereur Claudius et j BÜRRHUS , gouverneur de Néron.
de Messaline. I NARCISSE, gouverneur de Britannicus,
AGRIPPINE, veuve de Domitius JF.nobarhus, ALBINE, confidente d'Agrippine,
père de Néron , et, en secondes noces, veuve i gardes.
de l’empereur Claudius. I
La scène est à Rome, dans une chambre du palais de Néron.
ACTE PREMIER.
SCÈNE I.
AGRIPPINE, ALBINE.
ALBINE.
Quoi-! tandis que Néron s’abandonne au sommeil,Faut-il que vous veniez attendre son réveil?Qu’errant dans le palais ,sans suite et sans escorte,La mère de César veille seule à sa porte ?Madame, retournez dans votre appartement 22 .
AGRIPPINE.
Albine , il ne faut pas s’éloigner un moment.
Je veux l’ai tendre ici i les chagrins qu’il me causeM’occuperont assez tout le temps qu’il repose.Tout ce que j’ai prédit n’est que trop assuré :Contre Britamiicus Néron s’est déclaré.L’impatient Néron cesse de se contraindre %
Las de se faire aimer, il veut se faire craindre.Britannicus 1e gène , Albine •, et chaque jourJe sens que je deviens importune à mon tour.ALBINE.
Quoi ! vous à qui Néron doit le jour qu'il respire,Qui l’avez appelé de si loin à l’empire ?
Y ou» qui, déshéritant le fils de Claudius,
Avez nommé César l’heureux Domitius?
Tout lut parle, madame, en faveur d’Agrippine :Il tous doit son amour.
AGRIPPINE.
Il me Je doit, Albine:Tout, s’il est généreux , lui prescrit celle loi ;Mais tout, s’il est ingrat, lui parle contre moi.S’il est ingrat, madame ? Ah ! toute sa conduiteMarque dans son devoir une âme trop instruite.Depuis trois ans entiers, qu’n t-il dit, qu’a-t-il faitQui ne promette à Rome un empereur parfait ?Rome, depuis trois ans, par 8es soins gouvernée ,Au temps de ses consuls croit être retournée :
Tl la gouverne en père. Enfin, Néron naissantA toutes les vertus d’Auguste vieillissant.aghippine.
Non, non , mon intérêt ne me rend point injuste :Il commence, il est vrai, par où finit Auguste ;Mais crains que, l’avenir détruisant le passé ,
Il ne finisse ainsi qu’Auguste a commencé.
II se déguise eu vain : je lis sur son visageDes fiers Domitius l’humeur triste et sauvage ;
Il mêle aveu l’orgueil qu’il a pris dans leur sangLa fierté des Nérons qu’il puisa dans mon flanc.Toujours la tyrannie a d’heureuses prémices :
De Rome , pour un temps, Caïus fut les délices ;Mais, sa feinte bonté se tournant en fureur,
Les délices de Rome en devinrent l’horreur.
Que m'importe, après tout, que Néron, plus fidèle,