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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DE BRITANNICÜS.

flattant ses vices et servant ses passions? Celui-nVsi-il pas suffisant pour Vhomine m pour le rôle,soit dans lordre moral, soit dans la théorie dra-matique? La Haiïpb.

9° Racine sest conformé à lhistoire, en fai-sant préparer par Locuste le poison dont périlBritannicus. Suétone dit que lépreuve de ce poi-son fut dabord faite sur un bouc , ensuite sur unporc. Locuste éloit logée dans le palais de Néron ;il la combloit de présents, il la faisoil travaillerdevant lui; enlin il exigea quelle Kl des élèvesdans son art. A. Martin.

9 1 Pourquoi le poète na-t-il pas mis : et queveux-tu ine dire ? Jamais Néron na dit vous à Nar-cisse. Néron est si troublé de ce quil vient den-tendre, quil ne sait à qui il répond. L. Racine.

9 3 Les vers lhémistiche na point de reposmarqué sont assez frequents daus Racine. A.

9 S Une servitude qui fatigue celui qui limpose !Admirable expression dune pensée profonde. Ta-cite peint Tibère comme un despote ombrageux,ennemi de la liberté par caractère, mais dégoûtédes flatteries grossières, dont il senfoit la bassessemieux que personne. Tacite rapporte que, sor-tant un jour du sénat, il sécria : « O hommes adservitutem pavatusl O hommes nés pour la servi-tude ! »Mot qui a fourni à Racine lidée de ce versénergique. Geoffroy.

9 i Suivant l'observation dun critique étran-ger, 31. Schlegcl, ce beau morceau est une inad-vertance échappée à Racine. Effectivement, danstoute la pièce , le poète montre Néron encoreflottant entre le Crime et la vertu , et sabandon-nant enfin à toute lhorreur (le ses passions. Ce-pendant Narcisse dit ici que Néron sest déjàdonné en spectacle aux Romains comme histrionet conducteur de chars. Or, à lépoque choisiepar Racine , Néron nétoit point encore descenduà ce degré davilissement. Il n'avoit que dix-huitans lorsquil empoisonna Britannicus , et il régnadouze ans encore après ce forfai t, qui fut son débutdans la carrière du crime. Au reste, il résulte desi grandes beautés do cet anachronisme , et il esten lui-niênic si indifférent, quen le rappelantnous navons eu daulrc but que de montrer laperfection dun poète les étrangers sont réduifsà chercher de pareilles fautes. A. Martin.

98 Impulsant à trahir, pour, ne pouvant avoirla volonté de trahir, est une expression heureusequi enrichit la poésie. Geoffroy.

9 e Éloigner est une faute contre la grammaire ;il falloil absolument, vous éloigner. Geoffroy. Pointdu tout ; il est de règle , dans les verbes réfléchis ,que le pronom puisse disparoître après les auxi-liaires faire ou laisser ; je les laisse éloigner, je lesfais battre, pour je les laisse séloigner, je les faisse battre. Cela est toul-àfait dans le génie de lalangue; le contraire seroit du pédantisme et del'affectation, cest-à-dire hieü pire quune faute.

Aignan.

9 7 Selon lacadémie, le mot ««jour semploieordinairement pour désigner le temps pendantlequel on demeure dans uu même lieu et dansun même pays: ainsi , lon fait un séjour à lacampagne : mais ce que lacadémie ne dit pas,

cest que ce mot ne peut se dire du court espacede temps qui sécoule pendant lontrelien de deuxpersonnes. Ce nest point faire un séjour chez unami que de lui rendre une visite dun instant. Lemot séjour ne peut donc êlre employé en parlantde lentrevue rapide de Junie et de Britannicus.Il semble que le mot propre soit absence. A. 31.

9 8 Cette expression , que le temps a bannie dela tragédie, est répétée trois fois dans vingt-septvers : ma princesse, ma chère princesse, et mabelle princesse.

9 9 Allez, allons, allez : cet abus du verbealler est une négligence qui choque à la lecture ,et disparoît au théâtre. On a remarqué avec rai-son la singulière affinité qui se trouve entre lesdeux derniers vers et ceux de la scène dernièredïïéraclius :

Allons lui rendre hommage , et dun esprit contentMontrer Uéraclius au peuple qui lattend.

100 Suivant La Ilarpe , les dix vers qui com-mencent par ces mots, par quels embrassements,doivent être placés au rang des vers les plus par-faits de notre langue. Tout ce morceau , dail-leurs , est plein dexpressions neuves et sublimes ,telles que celles-ci : il sépanrhoii en fils; déjà dema faveur on adore le bruit. En effet , ajouteLa Harpe , on adore tout de la Faveur, même lebruit; mais qui , excepté Racine, auroit osé Jedire ?

101 Junie demandant pardon daller secourirBritannicus semble ne pas se montrer assez pas-sionnée. Racine a voulu peindre par lempiredes bienséances tellement puissant sur uu cœurhonnête et vertueux, quil se fait sentir au mo-nte»! le plus propre à se faire oublier, Aignan.

102 EILipse fort belle. Aies an.

1 ° 3 Dans les premières représentations , Néronarrivoit avec Juuie fondant en larmes, el lui di-soit :

De vos pleurs japprouve la justice.Mais, madame , évitez ce spectacle odieux;Moi-même en frémissant jen détourne les yeux.

Il est mort : tût ou tard il faut quon vous l'avoue.Ainsi de nos desseins la fortune se joue :

Quand nous nous rapprochons le ciel nous désunit.

JUNIE.

J'aimois Brititnnicus , seigneur, je vous lai dit.

Si de quelque pitié ma misère est suivie,

Quon inc laisse chercher dans le sein dOctavieUn entretien conforme à létat je suis.

NÉRON.

Belle Junie , allez ; moi-même je vous suis.

Je vais, par tous les soins que la tendresse inspire,Vous...

Cest alors quAgrippine larrêtoit en lui disant :

Arrêtez , Néron : jai deux mots à vous dire.

Cette variante formoil autrefois la scène sixième,Racine supprima cetie scène par le conseil deBoileau.

104 Cest un des traits les plus profonds et les