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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PRÉFACE. 189

ce mol, et Teut que celle première des quatre

un mot sans plaisanter. Croit-il réjouir beaucoup

parties de ia tragédie soit toujours la plus proche 8

les honnêtes gens par ccs hélas de poche, ces 7/ies-

de la dernière , qui est la catastrophe. Il se plaint

demoiselles mes règles, et quantité dautres basses

que la (rop grande uonnoissance des règles l'ern-

affectations quil trouvera condamnées dans tous

pèche de se divertira la comédie. Certainement ,

les bons auteurs, sil se mêle jamais de les lire ?

si lon en juge par sa dissertation, il ny eut jamais

Toutes ces critiques sont le partage de quatre ou

de plainte plus mal fondée. 11 paroît bien quil

cinq petits infortunés, qui nom jamais pu par eux-

na jamais lu Sophocle, quil loue très injustement

mêmes exciter la curiosité du public. Ils attendent

dune grande multiplicité d'incidents; cl quil na

toujours loccasion de quelque ouvrage qui réus-

même jamais rien fu de. la poétique , que dans

sisse , pour lattaquer, non point par jalousie , car

quelques préfaces de tragédies. Mais je lui par-

sur quel fondement seroient-ils jaloux ? mais dans

donne de ne pas savoir les règles du théâtre ,

lespérance quon se donnera la peine de leur-

puisque, heureusement pour le puLlic , il ne

pondre , et quon les tirera de lobscurité leurs

sapplique pas à ce genre décrire. Ce que je ne

propres ouvrages les auroient laissés toute leur

lui pardonne pas, cest de savoir si peu les règlesde la bonne plaisanterie , lui qui ne veut pas dire

PERSONNAGES.

TTTT'S , empereur de Rome.

ARSACE , confident dAntiochus.

BÉRÉNICE , reine de Palestine.

FIIÉNICE , confidente de Bérénice.

ANTIOCHUS, roi de Comagène.

RUTILE , Romain.

PAULIN , confident de Titus.

SUITE DE TITUS.

La scène est à Rome, dans un cabinet qui est entre l'appartement de Titus et celui de Bérénice.

ACTE PREMIER.

SCÈNE II.

SCÈNE I.

ANTIOCHUS.

lié bien ! Antiochus, es-tu toujours le même ?

ANTIOCIIÜS, ARSACE.

Pourrai je, sans trembler, lui dire : Je vousaime ?

Mais quoi! déjà je tremble ; et mon cœur agité

ANTIOCHUS.

Craint autant ce moment que je lai souhaité. ,

Arrêtons un moment. La pompe de ces lieux,

Bérénice autrefois môta toute espérance ;

Je le vois bien , Arsaee , est nouvelle à tes yeux.

Elle mimposa même un éternel silence.

Souvent ce cabinet , superbe et solitaire ,

Je me suis tu cinq ans ; et , jusques à ce jour,

lies secrets de Titus est le dépositaire.

Dun voile damitié jai couvert mon amour.

Cest ici quelquefois quil se cache à sa cour,

Dois-je croire quau rang Titus la destine

Lorsqu'il vient à la reine expliquer son amour.

Elle mécoute mieux que dans la Palestine ?

De son appariement cette porte est prochaine ,

II lépouse. Ai-je doue attendu ce moment

Et celte autre conduit dans celui de la reine îo .

Pour me venir encor déclarer son amant !

Va chez elle: dis-lui quimportun à regret

Quel fruit nie reviendra dun aveu téméraire?

Jose lui demander un entretien secret.

Ah ! puisquil faut partir, partons sans lui déplaire.

ARSACE.

Retirons-nous, sortons: et, sans nous découvrir,

Vous, seigneur , importun ? vous , cet ami fidèle

Allons loin de ses yeux loublier, ou mourir.

Quun soin si généreux intéresse pour elle ?

lié quoi! souffrir loujours un tourment quelle

Vous, cet Antiochus son amant autrefois?

ignore 1

Vous , que lOrient compte entre ses plus grands

Toujours verser des pleurs quil faut que je dévore!

rois ?

Quoi ! même en la perdant redouterson courroux!

Ouoi I déjà de Titus épouse en espérance 11 ,

Belle reine, cl pourquoi vous offenseriez-vous ?

Ce rang entre elle et vous met-il tant de distance ?

Viens-je vous demander que vous quittiez lempire?

ANTIOCHUS.

Que vousmJfcaiez? Hélas! je 11 e viens que vous dire

Va, dis-je; et, sar.s vouloir te charger dautres soins,

Quaprès mêtre long-temps flatté que mon rival

Vois si je puis bientôt lui parler sans témoins 12 .

Trouverait à ses vœux quelque obstacle fatal,

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