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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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NOTES DE BÉRÉNICE.

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41 La corrcclion et l’exactitude auroienl exigéce que deviendra. D’ailleurs cette façon de parler,ce que deviendra (ü destin de la reine, manque d’e-légance et de justesse. Geoffroy.

4,2 On ne public point des beautés, dit Vol-taire, cela n’est pas exact. Oui, mais on publiedes vertus, et par le privilège de l’opposition ,explique ailleurs dans ce commentaire, privilègequi appartient à la poésie, et que Voltaire nepouvoit pas ignorer, vertus fait passer beautés.

La Harpe.

45 Ce vers que Voltaire n’a pas censuré meparoît plus choquant, je l’avoue, que toutes lespetites foiblesses ou naïvetés de diction que cetillustre commentateur a reprises avec plus oumoins de justice. Non seulement les soupirs que jepousse est d’un berger de l’Ashée plutôt que d'miempereur de Rome, mais le défaut d’harmonie sejoint ici à la fadeur du style. Pousse pour elle faitmal à toute oreille délicate. La IIakpe.

44 De si belles mains ne paroît pas digne de latragédie \ mais il n’v a que ce vers de foible danscette tirade. Voltaire. S’il faut en croire LouisRacine , de si bettes mains oll'roient alors une allu-sion piquante à une personne de la cour qui avoitcette espèce de beauté. Cette anecdote ne rendpas meilleure l’expression du poète. A. Martin.

46 Dans suriuî après, il y a un peu de pléo-nasme. Deux vers plus haut, fidèle, obéissante ,se rapporte par le sens à Bonte, et, par la con-struction , à cette haine. Aida 4 N.

56 Virgile, Ovide, Horace , Plutarque même,ne paroissent pas douter qu’Antoinc u’aii réelle-ment épousé Cléopâtre ; et c’est ce qui rendit cetriumvir odieux aux Romains. Cependant ce ma-riage ne fut jamais déclaré ni avoué. Geoffroy'.

4 ? Ce beau vers et ceux qui le precedent sontun tableau fidèle de Pempire romain , au momentoù Vespa.iien eu devint le maître. Bossuet a dÎL :« L’empire affligé se reposa sous Vespasien. »C’cstà tort que Racine le fils prétend que son père aimité celte phrase de Bossuet: la publication duDiscours sur l'Histoire universelle est postérieurede plusieurs années à la première représentationde Bérénice. Geoffroy.

48 Livrait est ici une expression admirable, clqui peint avec la plus grande énergie les obliga-tions imposées aux souverains. Geoffroy.

9 Ceite expression, en ouvrir le discours, manquede cette heureuse facilité qui caractérise le stylede Racine. Sept vers plus bas, l’hémistiche danscette obscurité est foible et vague. Geoffroy.

5 0 J’ai demeuré et je suis demeuré présentent dessens différents. J'ai demeuré à Rome, c’est-à-direj’y ai fait quelque séjour ; je suis demeuré «met,c’cst-à-dire je suis resté bouche close. Or. dans levers que j’examine , demeurer ne sanroit être prisque dans le sens de rester. Ainsi, ma langue estdemeurée glacée dans ma bouche, était la seulebonne manière de parler. D'Ouvït. Il est probableque Ie 9 règles de ces temps composés , telles qu’onles suit aujourd’hui, n’étoiem point établies à l’é-poque où écrivoit Racine. Le plus correct desécrivains , Boileau , a dit :

.... Si leur sang tout pur , ainsi que leur noblesse,Est passé jusqu’à nous de Lucrèce en Lucrèce.

Il a employé ce même verbe plus heureusementdans son épître sur le passage du Rhin , et dans sadixième satire. Voltaire , dans la Henriade, en afait usage indistinctement avec être et avoir,

61 On remarque ici quelque ambiguïté : on nesait d’abord s'il s’agit des appas de la gloire ou desappas de Bérénice. Titus parle des appas de lagloire t et ce mot appas est un peu fade dans labouche d'un empereur. Geoffroy.

5a Ces trois que si près l’un de l’autre sont unepetite négligence.

53 Lncore un coup est une façon de parler tropfamilière, et presque basse, dont Racine fait tropsouvent usage. Voltaire»

54 Ce mol est le seul employé par Racine quiait été hors d’usage depuis lui. llcmnimient n’estplus employé que pour exprimer le souvenir desoutrages , et non celui des bienfaits. Voltaire. Lapremière assertion n’est sans doute applicable qu’àla tragédie de Bérénice . Le commentaire indiqueles autres expressions qui ont vieilli ; elles sont entrès petit nombre.

5 u Ce nom de seigneur, comme Voltaire le re-marque un peu plus bas, n’étoit point donné auxempereurs romains , et Bérénice , en appelantTitus par son nom. ne faisoit que suivre l’usagegénéral. Ce netoil donc point le cas de s’excuser:mais si dans la vérité historique son excuse porteà faux, elle est réelle dans le costume de conven-tion dont les tragiques françois ont revêtu la tra-gédie. Aignan,

96 Ces mois de madame et de seigneur ne sontque des compliments françois. On n’employa ja-mais chez les Grecs, ni chez les Romains, la valeurde ces termes. C’est une remarque qu’on peutfaire sur toutes nos tragédies. Nous ne nous servonspoint des mots monsieur, madume , dans les co-médies tirées du grec'. L’usage a permis que nousappelions les Romains et les Grecs, seigneur ; lesRomaines et les Grecques, madame : usage vicieuxen soi, mais qui cesse de l'être , puisque le tempsl’a autorisé. Voltaire.

Sj Quelques grammairiens ont blâmé l’emploidu verbe réfléchi se confondre, pris dans le stns dese troubler. Quoique cette acception ne soit pasgénéralement reçue, elle nous semble donner plusde force à la pensée de Racine : le poète représenteTitus comme se confondant lui-même, s’abîmantdans son trouble et sa confusion : nul autre mot11’auroit pu exprimer si bien une situation si dé-chirante. On objectera peut-être que ce mot nedevroit pas être dans la bouche de Bérénice, quine cnnnoîi pas encore la cause de l'agitation deson amant. Mais 11e voit-elle pas que sa joie estreçue avec froideur, que ses transports ne sontpoint partagés ; et dès lors ne peut-elle pas prévoirtous les malheurs qui la menacent ? A. Martin.

9 8 Pom* un ?not 11’est ni élégant, ni bien net ; etla répétition de pour est peu agréable : persécutépour vous , sacrifié pour un mot. Combien l’art d’é-crire est difficile, puisqu’on remarque encore cestaches dans le modèle des écrivains! Geoffroy.

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