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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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MITHRIJDATE.

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homme, à Xipharbs.

Adieu , prince. Quelle nouvelle !

SCÈNE y.

PHABNACE , XIPHABÈS.

riiiaxACE , à pari.

Milbrîdale revient! Ah J fortune cruelle!

31a vie et mon amour tous deux courent hasard.Les Romains que jattends arriveront trop tard :

( à Xipharès, )

Comment faire ? Jentends que votre cœur soupire,Kt jai conçu ladieu quelle vient de vous dire ,Prince : mais ce discours demande un autre temps:Nous avons aujourd'hui des soins plus importants.Mithridate revient, peut-être inexorable :

Plus il est malheureux , plus il est redoutable :

Le péril est pressant plus que vous ne pensez.Nous sommes criminels; et vous le connoissez :Rarement lamitié désarme sa colère;

Ses propres üls nont point de juge plus sévère :Et nous l'avons vu même à ses cruels soupçonsSacrifier deux fils pour de moindres raisons.Craignons pour vous, pour moi, pour la reineelle-même ;

Je la plains dautant plus que Mithridate laime.Amant avec transport, mais jaloux sans retour,

Sa haine va toujours plus loin que son amour - 7 ,Ne vous assure/, point sur lamour quil vous porte :Sa jalouse fureur nen sera que plus forte.Songez-y. Vous avez Ja faveur des soldats ;

PA jaurai des secours que je 11explique pas.

Men croirez-vous ? Courons assurer notre grâce :Rendons-nous, vous cl moi. maîtres de cette place :Et faisons quà ses fils il ne puisse dicterQue les conditions quils voudront accepter.

XirHARÈS.

Je sais quel est mon crime , et jeconnoismon père :Et jai par-dessus vous le crime de ma rncre ;

Mais, quelque amour encor qui me pûL éblouir,Quand mon père paroît, je ne sais quobéir.PIlABVACE.

Soyons-nous donc au moins fidèles lun à lautre :Voua savez mon secret ; jai pénétré le vôtre.

Le roi, toujours fertile en daugereux détours,Sarmera contre nous de nos moindres discours :Vous savez sa coutume*, et sous quelles tendressesSa Laine sait cacher ses trompeuses adresses.Allons : puisqu'il le faut, je marche sur vos pas ;Mais, en obéissant, ne nous trahissons pas.

ACTE SECOND.

SCÈNE I.

MOX1ME , PIIOEDIME.

PHCEniMIÎ.

Quoi ! vous êtes ici quand Mithridate arrive *8 !Quand, pour le recevoir, chacun court sur la rive !

Que faites-vous , madame ? et quel ressouvenirTout-à-coup vous arrête, et vous fait revenir ?Noflenserez-vous point un roi qui vous adore,Qui, presque votre époux....

MON 1 UE.

Il ne lest pas encore ,Phœdime : et jusque je crois que mon devoirEst de lattendre ici, sans laller recevoir.PHŒDIME.

Mais ce nest point, madame, un amant ordinaire.Songez quà ce grand roi promise par un père.Vous avez de ses feux un gage solennelQuil peut, quand il Toudra , confirmer à lautel.Croyez-moi, mônirez-vous ; venez à sa rencontre.MON IM K.

Regarde en quel état lu veux que je me montre :Vois ce visage en pleurs ; et, loin de le chercher 3 9 ,Dis-moi plutôt, dis-moi que je maille cacher.PHŒIHMF..

Que dites-vous ? O dieux!

HOMME.

Ali ! retour qui me lue !Malheureuse! comment paroîtrai-je à sa vue,

Son diadème au front, et, dans le fond du cœur ,Phœdime... Tu m'entends , et tu vois ma rougeur.

PHŒDIME.

Ainsi vous retombez dans les mêmes alarme»

Qui vous ont dans 1:1 Grèce arraché tant de larmes;Et toujours Xipharès revient vous traverser îo .

HOMME.

Mon malheur est plus grand que tu -nepeuxpenser.Xipharès ne sollroit alors à ma mémoireQue tout plein de vertus, que tout brillant de gloire;Et je ne savais pas que , pour moi plein de feux,Xipharès des mortels fût le plus amoureux.

PHŒDIME.

Il vous aime , madame? Et ce héros aimable...

HOMME.

Est aussi malheureux que je suis misérable,fl madore, Phœdime; et les mêmes douleursQui m'affligeaient ici, le tourmentoient ailleurs.FUŒDtME.

Sait-il en sa faveur jusqu va votre estimeSait-il que vous laimez ?

MONIME.

Il lignore, Phœdime.

Les dieux mont secourue : et mon cœur affermiNa rien dit, ou du moins na parlé quà demi.Hélas ! si tu savois , pour garder le silence,Combien ce triste cœur sest fait de violence,Quels assauts, quels combat» jai tantôt soutenus!Phœdime , si je puis , je 11e le verrai plus :

Malgré ions les efforts qiWrje pmirrois me faire,

Je verrois ses douleurs , je ne ponrrois me taire.

Il viendra malgré moi marracher cet aveu :

Mais nimporte , sil mairne, il en jouira peu:

Je lui vendrai si cher ce bonheur quil ignore »Quil vaudroit mieux pour lui quil lignorât encore.

PUCEDIME.

On vient. Que faites-vous, madame?

HOMME.

Je ne puis :

Je ne paroîtrai point dans le trouble je suis.