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ESTHER.
BIAROOCHEK.
Quoi 1 lorsque vous voyez périr voire pairie ,
Pour quelque chose, Esther, vous comptez votre vie !Pieu parle, cl d’un mortel vous craignez le courroux !Que dis-je , voire vie , Esther, est-elle à vous?
K’est-elle pas au sang dont vous êtes issue ?
IVest-elle pas à Pieu dont vous l’ave/, reçue?
Et qui sait, lorsqu’au trône H conduisit vos pas,
Si pour sauver son peuple il ne vous gardoit pas ?Songe/.-y bien : ce Pieu ne vous a pas choisiePour être un vain spectacle aux peuples de l’Asie,Ni pcmr charnier les yeux des profanes humains:Pour un plus noble usage il réserve ses satins.S’immoler pour son nom et pour son héritage,D’un enfant d’Israël voilà le vrai partage :
Trop heureuse pour lui de hasarder vos jours!
Et quel besoin son bras a-t-il de nos secours ?
Que peuvent contre lui tous les rois de la terre ?
Eu vain ils s’uniroient pour lui faire la guerre :
Pour dissiper leur ligue il n’a qu’à se montrer ;
11 parle , et dans la poudre it les lait tous rentrer.
Au seul son de sa voix la mer fuit, le ciel trniu-blo jU
11 voit comme un néant tout l’univers ensemble;
Et les foiblcs mortel», vains jouets du trépas,
Sont tous devant ses yeux comme s’ils n’étoieulpas 21 ;
S’il a permis d’Atnan l’audace criminelle ,
Sans doute qu’il vouloit éprouver votre zèle.
(J’est lui qui, m’excitant à vous oser chercher,Devant mai, chère Esther, a bien voulu marcher :Et s’il faut que sa voix fi a ppc en vain vos oreilles,Nous n’en verrons pas moins éclater ses merveilles.Ilpeut confondre Aman; il peut briser nos fersPar la plus Foible main qui soit dans l’univers;
Et vous, qui ti’aurez point accepté celte grâce,Vous périrez peut-être , et toute votre race.
ES'l'HKK.
Allez : que tous les Juifs dans Snso répandus ,
A prier avec voue jour et nuit assidus,
Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire,
Et pendant ces trois jours gardent un jeûne austère.Déjà la sombre nuit a commencé son tour :
Demain , quand le soleil rallumera le jour,Contente de périr s’il faut que je périsse ,
J'irai pour mou pays m’offrir en sacrifice.
Qu’on s’éloigne un moment.
(I.n chœur se relire vers le fond du théâtre, )
SCÈNE IY.
ESTHER, ÉLISE, le chœur.
ESTUETt.
0 mon souverain roi 2S ,Me voici donc tremblante et seule devant loi lMon père mille fois m’a dit dans mon enfanceQu’avec nous tu juras une sainte alliance ,
Quand, pour te faire un peuple agréable à tes yeux,
Il plut à ton amour de choisir nos aïeux :
Même tu leur promis de ta bouche sacréeUne postérité d’éternelle durée,llélasl ce peuple ingrat a méprisé ta loi;
La naLion chérie a violé sa foi ;
Elle a répudié son époux et son père 2 *,
Pour rendre à d’autres dieux un honneur adultère :Maintenant elle sert sous un maître étranger.
Mais c’est peu d'être esclave, on ta veut égorger :
Nos superbes vainqueurs . insultant à nos larmes ,Imputent à leurs dieux le bonheur de leurs armes,
Et veulent aujourd’hui qu’un même coup mortelAbolisse tou nom, ton peuple et ton autel.
Ainsi donc un perfide, après tant de miracles,Pourroit anéantir la foi de tes oracles ,
Ravirait aux mortels le plus cher de tes dons,
Le saint que tu promets et que nous attendons ?
Non, non, ne sou lire pas que ces peuples farouches,Ivres de notre sang, ferment les seules bouchesQui dans tout l’univers célèbrent les bienfaits;
Et confonds tous ces dieux qui ne furent jamais.
Pour moi, que lu retiens parmi ces infidèles,
Tu sais combien je bais leurs fêtes criminelles ,
Et que je mets au rang des profanationsLeur table , leur» festins et leurs libations ;
Que même cette pompe où je suis condamnée,
Ce bandeau, dont il faut que je paroisse ornéeDan» cea jours solennels à l’orgueil dédiés.
Seule et dans le secret je le foule à mes pieds ;
Qu’à ces vains ornements je préfère la cendre ,
Et n’ai de goût qu’aux pleurs que tu nie vois répandre.J’altcndnis le moment marqué dans ton arrêt,
Pour oser de ton peuple embrasser l’intérêt.
Ce moment est venu : ma prompte obéissanceYa d’un roi redoutable affronter la présence.
C'est pour toi que je marche : accompagne mes pasDevant ce lier lion qui ne te commît pas ;Commande en me voyant que son courroux s’apaise,Et prêle à mes discours un charme qui lui plaise :Les orages, les vents, les deux, te sont soumis;Tourne enfin sa fureur contre nos ennemis.
SCÈNE V.
Toute cette scène est chantée.
LE CHOEUR.
USE ISRAÉLITE seule..
Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes;
A nos sanglots donnons un libre cours;
Levons les yeux vers les saintes montagnesD’où l’innocence attend tout son secours-O mortelles alarmes l
Tout Israël périt. Pleurez, mes tristes yeux :
Il ne fut jamais sous les cieuxUn si juste sujet de larmes.
TORT LE CHOEUR.
O mortelles alarmes !
UNE AUTRE ISRAELITE.
N’étoit-ce pas assez qu’un vainqueur odieuxDe l’auguste Sion eût détruit fous les charmes ,
Et traîné ses enfants captif» en mille lieux ?
TOUT LE CHŒUR.
O mortelles alarmes.'
IA MÊME ISRAÉLITE.
Foibles agneaux livrés à des loups furieux,
Nos soupirs sont no» seule» armes.