ACTE II, SCÈNE VII —IX. 3 2 5
Que dis-je? sur ce trône assis auprès de vous,
Des astres ennemis j’en craius moins le courroux 47 ,Et crois que votre front prête à mon diadèmeUn éclat qui le rend respectable aux dieux même.Osez donc me répondre , et ne me cachez pasQuel sujet important conduiL ici vos pas.
Quel intérêt, quels soins vous agitent, vous pressent ?Je vois qu’en tn’érnu tant vos yeux au ciel s’adressent.Parlez : «le vos désirs le succès est certain ,
Si ce succès dépend d'une mortelle main.
KSTHER.
O bonté qui m’assure autant qu’elle m’honore 48 !Un intérêt pressant veut que je vous implore :J’attends ou mon malheur ou ma félicité ,
Ht tout dépend , seigneur, de votre volonté.
Un mol de votre bouche , en terminant mes peines,Peut rendre JEslher heureuse entre toutes les reines.ASSCÉKCS.
Ah J que vous enflammez mon désir curieux!EST11ER.
Seigneur, si ]' ai trouvé grâce devant vos yeux,
Si jamais à mes vœux vous fûtes favorable ,Permettez, avant tout, qu’Esther puisse à sa tableRecevoir aujourd’hui son souverain seigneur,
Et qu'Aman soit admis à cet excès d'honneur.J’oserai devant lui rompre ce grand silence ,
Et j’ai pour m’expliquer besoin de sa présence.ASSXJÉRXiS.
Dans quelle inquiétude , Esther, vous me jetez !Toutefois qu’il soit fait comme vous souhaitez,f A ceux de sa suite. )
Vous, que l’on cherche Aimm , et qu’on lui fasseentendre
Qu’invité chez la reine , il ait soin de s’y rendre.
SCÈNE VIII.
ASSUKRUS, ESTIIER, ÉLISE, TUAMAR,
HYDASPE , PARTIE 1)1) CHOEUR.
HVDASPE.
Les savants Chaldéens, par votre ordre appelés ,Dans cet appartement, seigneur, sont assemblés.ASSUÉRUS.
Princesse , Un songe étrange occupe ma pensée :Vous-même en leur réponse êtes intéressée.
Venez , derrière un voile écoutant leurs discours,De vos propres clartés me prêter le secours.
Je crains pour vous, pour moi, quelque ennemiperfide.
ESTIJEIl.
Suis-moi, Thamar. Et vous, troupe jeune et timide,Sans craindre ici les yeux d’une profane cour,
A l’abri de ce Irôjio attendez mon retour.
SCÈNE IX.
( Cette scène est partie déclamée, et partie chantée. )ELISE , PARTIE Df CUCEUIt.
ÉLISE.
Que vous semble, mes sœurs, de l’état où nous sommes?D’Eslher, d’Aman, qui le. doit emporter?
Est-ce Dieu, sont-ce les honuues,
Dont les couvres vont éclater ?
Vous avez vu quelle ardente colèreAllumoil de ce roi le visage sévère.
L'NE DES ISRAÉLITES.
Des éclairs de ses yeux l’œil étoit ébloui 49 ,
t’NR AUTRE.
Et sa voix m’a paru comme un tonnerre horrible.
ÈT.ISF.
Comment ce courroux si terribleEn un moment s’e?t-il évanoui ?
UNE DES ISRAÉLITES cll'intc.
Un moment a changé ce courage inflexible:
Le liou rugissant est un agneau paisible.
Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans sou cœurCeL esprit de douceur.
le cIIC eor chante.
Dieu, notre Dieu sans doute a versé dans son cœurCeL esprit de douceur.
la même Israélite chante.
Tel qu’un ruisseau docile 50Obéit à la main qui détourne son cours,
Et, laissant de scs eaux partager le secours ,
Va rendre tout un champ fertile,
Dieu , de nos volontés arbitre souverain.
Le cœur des rois est ainsi dans ta main.
ÉLISE.
Al» ! qu e je crains , mes sœu rs , les funestes nuagesQui de ce prince obscurcissent les yeux !
Comme il est aveuglé du culte de ses dieux !
TNE ISRAÉLITE.
Il n’atteste jamais que leurs noms odieux.
TJ N K AUTRE.
Aux feux inanimés dont se parent les cicux s1Il rend de profanes hommage?.
DSB AUTRE-
Tout son palais est plein de leurs images.le chœur chante.
Malheureux! vous quittez le maître des humainsPour adorer l’ouvrage de vos mains!
UNE ISRAÉLITE chante.
Dieu d’Israël, dissipe enfin celte ombre :
Des larmes de tes saint» quand seras-tu touché ?
Quand sera le voile arrachéQui sur tout l’univers jette une nuit si sombre?
Dieu d’Israël , dissipe enfin celte ombre :
Jusqu’à quand seras-tu caché !
f N U DE» PLU» JEUNES ISRAÉLITES.
Parlons plus bas, mes sœurs. Ciel 1 si quelque infidèle.Ecoutant nos discours, nous alloit déceler !
ÉLISE.
Quoi! fille d’Ahraham, une crainte mortelleSemble déjà vous faire chanceler!
Jlé ! si l'impie Aman , dans sa main homicideFaisant luire à vos yeux nu glaive menaçant ,