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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE III, SCENE IV. 329 .

Ef pour les tristes jours dun peuple infortunéQuà périr avec moi vous avez condamne.assvékus , la relevant.

A périr! Vous! Quel peuple? et quel est ce mystère?aman , tout bas.

Je tremble.

ESTHER.

Esilier, seigneur, eut un Juif pour son père :T)e vos ordres sanglants vous savez la vigueur.aman, à part.

Ah , dieux)

ASSTTÉRrs.

Ali ! de quel coup me percez-vous le cœur !Vous la fille dun Juif! quoi ! tout ce que jaime,Cette Estber, l'innocence et la sagesse même ,

Que je croyois duniel les plus chères amours,

Bans cette source impure auroitpulsé scs jours!Malheureux !

ESTHER.

Vous pourrez rejeter ma prière :

Mais je demande au moins que, pour grâce dernière,Jusquà la fin , seigneur , vous mentendiez parler,Et que surtout Aman nose point me troubler.AssoÉiscrSt

Parlez.

KSTMV.B.

O Bien , confonds laudace etrimposture !Tes J uii's, dont vous voulez délivrer la nature ,

Que vous croyez, seigneur , le rebntdeshumains.D'une riche contrée autrefois souverains ,

Penda ni quils na doroionl que le Dieu de leurs pèresOnt vu bénir le cours de leursdeMinspmspères.

Ce Bien , maître absolu de la terre et des cieux,Nest point tel que lerreur le figure à vos yeux :T.Eler nef est son nom ; le monde est son ouvrage;

Il entend les soupirs de lhumble quon outrage ,Juge tou? les mortels avec dégales lois ,

El du haut de son trône interroge les rois 60 .

Bes plus fermes états la chute épouvantable ,Quand il veut, nest quun jeu de sa main redoutable.Les Juifs à dautres dieux osèrent sadresser :

Boî , peuples, en un jour tout se vit disperser :Sous les Assyriens leur triste servitudeDevint le juste prix de leur ingratitude.

Mais , pour punir enfin nos maîtres à leur tour ,Dieu fit choix de Cyrns avant quil vît le jour 67 ,Lappela par son nom, le promit à la terre,l,e fil naître , et soudain larma de son tonnerre.Brisa les fiers rempart set les portes dairain ,illit dessuperbes rois la dépouille en sa main ,

De son temple détruit vengea sur eux linjure :Babylone paya nos pleurs avec usure.

Cyrus . par lui vainqueur, publia ses bienfaits,"Regarda notre peuple avec des yeux de paix ,

Nous rendit et nos lois et nos fêles divines ;

Et le temple déjà soi toit de ses ruines.

Mais, doue roi si sage héritier insensé,

Sou fils interrompit louvrage commencé ,put sourd à nos douleurs : Dieu rejeta sa race ,

Le retrancha lui-même, et vous mit en sa place.

Que nespérions-nous point dun roi si généreux!Bien regarde en pitié son peuple malheureux,Disions-nous : un roi règne , ami de linnocence.Partout du nouveau prince on vantoit la clémence:

Les Juifs partout de joie en poussèrent des cris.

Ciel! verra l-on toujours par de cruels espritsBes princes les plus doux loreille environnée ,

El du bonheur public la source empoisonnée?Bans le fond de la Thrace un barbare enfantéEst venu dansces lieux souffler la cruauté ;

TJn ministre ennemi de votre propre gloire...

AMAN.

De votre gloire! Moi ? Ciel! Le pourriez vous croire ?Moi, qui nai dautre objet ni d'autre dieu,..

Osns-tu donc parler sans lordre de ton roi?

ESTiiER.

Notre ennemi emel devant vous se déclare :

Cest lui, cest ce ministre infidèle et barbareQui, dun zèle trompeur à vos yeux revêtu ,

Contre notre innocence arma votre vertu.

Et quel autre, grand Bien! quun Scythe impitoyable,Auroit de tant d'horreurs dicté lordre effroyable!Partout laffreux signal en même temps donnéDe meurtres remplira lunivers étonné :

On verra , sous Je nom du plus juste des princes,TJn perfide étranger désoler vos provinces ;

Et dans ce palais même , eu proie à son courroux,

Le sang de vos sujets regorger jusquà vous.

El que reproche aux Juifs sa haine envenimée ?Quelle guerre intestine avons-nous allumée?

Les a-t-on vus marcher parmi vos ennemis ?

Fut-il jamais au joug esclaves plus soumis?

Adorant dans leurs fers le Dieu qui les châtie ,Pendant que votre main sur eux appesantieA leurs persécuteurs les livroit sans secours.

Ils conjuroient ce Dieu de veiller sur vos jours.

De rompre des méchants les trames criminelles ,

De mettre votre trône à lombre de ses ailes.

Nen douiez point, seigneur, il fut voire soutien :Lui seul mit à vos pieds le Parlhe et l'Indien ,Dissipa devant vous les innombrables Scythes,

Et renferma les mers dans vos vastes limites;

Lui seul aux yeux dun Juif découvrît le desseinDe deux traîtres tout prêls à vous percer le sein.Hélas I ce Juif jadis madopta pour sa fille.

AsscÈncs.

Mardochée ?

VSTHER.

II restoit seul de notre famille.

Mon père étoit son frère. Il descend comme moiBu sang infortuné de notre premier roi.

Plein dune juste horreur pour un Amalêcite ,

Eace que notre. Dieu de sa bouche a maudite,

Il na devant Aman pu fléchir les genoux.

Ni lui rendre un honneur quil ne croit quà vous.De contre les Juifs et contre MardochéeCelte haine , seigneur, sons dantres noms cachée.En vain <le vos bienfaits Mardochée est paré :

A la porte dAmau est déjà préparéBirn infâme trépas l'instrument exécrable ;

Bans une heure au plus tard ce vieillard vénérableBes portes du paîaispar son ordre arraché,

Couvert de votre pourpre , y doit être attaché.

ASSUÉBCS.

Quel jour mêlé dborrenr vient effrayer mon âme !Tout mon sang de colère et de honte senfianime.

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