33o ESTIIER.
J’élois donc le jouet... Ciel, daigne m’éclairer!
Un moment sans témoins cherchons à respirer.
SCÈNE VII.
Appelez Mardochée ; il faut aussi l’entendre ° 8 .
(Le roi s’éloigne. )
ASSUÉRUS, ESTIIER, MARDOCHÉE, ÉLISE,
UNE ISRAELITE.
Ï.E CHOEUR.
Vérité, que j’implore , achève de descendre 1
SCÈNE V.
ASsuRRus continue en s’adressant à Mardochée,
Mortel chéri du ciel , mon salut et ma joie ,
Aux conseils des méchants ton roi tî’rsl plus en proie ;
ESTIIER, AMAN , ÉLISE , t.ï choeur.
Mes veux sont dessillés , le crime est confondu :
Viens briller près de moi dans le rang qui t’est dû.
aman , « Esther.
Je le donne d’Auian les biens et la puissance :
Possède justement son injuste opulence.
D’un juste étonnement je demeure frappé.
Je romps le joug funeste où les Juifs sont soumis 71 ;
Les ennemis des Juifs m’out trahi, m’onitrompé:
Je leur livre Te sang de tous leurs ennemis ;
J’en atteste du ciel la puissance suprême,,
A l'égal des Persans je veux qu’on les honore,
En les perdant j’ai cru vous assurer vous-même 69 .
El que tout tremble au nom du Dieu qu’Esther adore.
Princesse , en leur faveur , employez mon crédit :
Rebâtissez son temple , et peuplez vos cités ;
Le roi, vous le voyez , flotte encore interdit.
Que vos heureux enfants dans leurs solennités
Je sais par quels ressorts on le pousse , on l’arrête ;
Consacrent de ce jour le triomphe et la gloire ,
Et fais , comme il me plaît, le calme et la tempête
Et qu’à jamais mon nom vive dans leur mémoire.
Les intérêts des Juifs déjà me sont sacrés.
Parlez : vos ennemis aussitôt massacrés,
Victimes de la foi que ma bouche vous jure,
SCÈNE VIII.
De ma fatale erreur répareront l’injure.
Quel sang demandez-vous?
ASSUÉRUS, ESTIIER, MARDOCHÉE, ASAP11,
ESTIIER.
ELISE, Le UKKIK.
Va, traître, laisse-moi.
Les Juifs n'attendent rien d’un méchant tel que toi.
ASSUKUCS.
Misérable, le Pieu vengeur de l'innocence,
Que veut Asaph ?
Tout prêt à te juger , tient déjà sa balance !
ASAPH.
Bientôt son juste arrêt te sera prononcé.
Seigneur, le traître est expiré 7 *,
Tremble : son jour approche, et ton règne est passé.
Par le peuple en fureur à moitié déchiré.
AMAN.
On traîne , on va donner en spectacle funeste 7Ï
Oui, ce Dieu , je l’avoue . est un Dieu redoutable.
De son corps tout sanglant le misérable reste.
Mais veut-il que l’on garde une haine implacable?
MARDOCHÉE.
C’en est fait : mon orgueil est forcé de plier;
Roi, qu’à jamais le ciel prenne soin de vos jours!
L’inexorable Aman est réduit à prier;
Le péril des Juifs presse, et veut un prompt secours.
(I( se jette à ses pieds.)
Assoénrs.
Par le salut des Juifs, par ces pieds que j’embrasse,
Oui, je t’entends. Allons, par des ordres contraires,
Par ce sage vieillard, l’honneur de votre race,
Révoquer d’un méchant les ordres sanguinaires.
Daignez d’un roi terrible apaiser le courroux ;
ESTIIER.
Sauvez Aman qui tremble à vos sacrés genoux.
0 Dieu, par quelle roule inconnue aux mortels
SCÈNE TI.
ASSUÉRUS, ESTIIER, AMAN, ÉLISE,
LE CHOEUR , GARDES.
Ta sagesse conduit ses desseins éternels!
SCÈNE IX.
LE CHOEUR.
ASS CÉRXIS.
TOUT LE CIIO-nR.
Quoi! le traître sur vous porte ses mains hardies!
Dieu fait triompher l’innocence :
Ab! dans ses yeux eoniusjn lisses perfidies;
Chantons , célébrons sa puissance.
El son trouble, appuyant la loi de vos discours ,
UNE ISRAELITE.
De tous ses attentats me rappelle le cours.
Il a vu contre nous les méchants s’assembler,
Qu’à ce monstre à l’instant l’àrae soit arrachée 70 ;
Et notre sang prêt à couler.
El que devant sa porte , au lieu de Mardochéc,
Comme l’eau sur la terre ils allaient le répandre :
Apaisant par sa mort et la terre et les cieux,
Du haut du ciel sa voix s’est fait entendre;
De mes peuples vengés il repaisse les yeux.
L’homme superbe est renversé ,
(Aman est emmené par les gardes .)
Ses propres flèches l’uni percé.
U NE AUTRE.
J’ai vu l’impie adoré sur la terre:
Pareil au cèdre il raehoit dans les cieux
Son front audacieux:
Il sembloit à son gré gouverner le tonnerre,
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