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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ÀTHALIE,

342

Répandre cet esprit d'imprudence et d’erreur,l)e la chute des rois funeste avant-coureur !

L’heure me presse : adieu. Des plus saintes famillesVotre fils et sa sœur vous amènent les filles.

SCÈNE III.

JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH,

LE CHOEUR.

JOSVfiETH.

Cher Zacharie, allez, ne vous arrêtez paB;

De votre auguste père arcompagnez les pas.

O filles «le Lévi , troupe jeune et fidèle,

Que déjà le Seigneur cmhrasc de son zèle,

Qui venez si souvent partager mes soupirs,

Enfants , ma seule joie en mes longs déplaisirs,Cosfestons dansvos mains, et ces Ileurssurvos têtes,Autrefois convenoicn I à nos pompeuses fêles ;

Mais, hélas! en ce temps d’opprobre et de douleurs,Quelle offrande sied mieux que colle de nos pleurs !J’entends déjà , j’rnitotids la trompette sacrée ,

Et du temple bientôt on permettra l'entrée.

Tandis que je me vais préparer à marcher,Chaulez, louez le Dieu que vous venez chercher.

SCÈNE IV.

LE CHOEUR.

tout le cireur chante.

Tout l’univers est plein de sa magnificence :

Qu’on l’adore ce Dieu , qu’on l’invoque à jamais ISon empire a des temps précédé la naissance;Chantons, publions ses bienfaits.

une voix seule.

En vain l’injuste violenceAu peuple qui le loue imposeront silence :

Son nom ne périra jamais.

I.c jour annonce au jour sa gloire et sa puissance * A :Tout l’univers est plein de sa magnificence ;Chantons , publions ses bienfaits.tout le choeur répète.

Tout l’univers est plein de sa magnificence :Chantons, publions ses bienfaits.

UNE voix seule.

Il donne aux fleurs leur aimable peinture-,

II fait naître et mûrir les fruits :

Il leur dispense aven mesureEt la chaleur des jours et la fraîcheur des nuits;

Le champ qui les reçut les rend avec usure.

UNE AUTRE.

Il commande an soleil d’animer la nature ,

Et la lumière est un don de ses mains;

Mais sa loi sainte, sa loi pureEst le plus riche don qu’il ait fait aux humains

CNE AUTRE.

O mont de Sinaï, conserve la mémoireDe ce jour à jamais auguste et renommé ,

Quand, sur ton sommet enflammé,

Dans un nuage épais le Seigneur enferméFit luire aux yeux mortels un rayon de sa gloire.

Dis-nous pourquoi ces feux et ces éclairs.

Ces torrents de fumée , et ce bruit dans les airs ,Ces trompettes et ce tonnerre :

Venoit-U renverser l’ordre des éléments?

Sur ses antiques fondementsVenoit-il ébranler la terre ?

UNE AUTRE.

Ilvenoit révéler aux enfants des HébreuxDe ses préceptes saints la lumière immortelle ;

H venoit à ce peuple heureuxOrdonner de l’aimer d’une amour éternelle.

TOUT LE CIICF.IIR.

O divine, ô charmante loi!

O justice , ô bouté suprême !

Que de raisons, quelle douceur extrêmeD’engager à ce Dieu son amour et sa foi!uni; voix seule.

D’un joug cruel il sauva nos aïeux,

Les nourrit au désert d’un pain délicieux ;

Il nous donne ses lois, il se donne lui-même :Tour taut de biens , il commande qu’on l’aime.I.E chof.uk.

O justice , ô bonté suprême !

LA MÊME VOIX.

Des mers pour eux il entr’ouvrit les eaux;D’un aride rucher lit sortir des ruisseaux:

Il nous doime ses lois, il sc donne lui-même 4 s :Pour tant de biens, il commande qu'on l’aime.LE CHŒUR.

0 divine , ô charmante loi!

Que de raisons , quelle douceur extrêmeD’engager à ce Dieu son amour et sa foi!une autre voix seule.

Vous qui ne connoissoz qu’une crainte servile,Ingrats , un Dieu si lion ne peut-il vous charmer?Est-il donc à vos cœurs, est-il si difficileEt si pénible de l’aiuier?

L’esclave craint le tyran qui l’outrage;

Mais des enfants l’amour est le partage.

Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits,Et ne l’aimer jamais 4 “ !

TOUT T.E f.HCKÜR.

O divine, ô charmante loi!

O justice , ô bonté suprême !

Que de raisons, quelle douceur extrêmeD’engager à ce Dieu son amour et sa foi !

ACTE SECOND.

SCÈNE T.

JOSABEXII. SALOMITH, le ciigelk.

JOSARKTII.

Me» fille», c’est assez : suspendez vos cantiques :

Il est temps de nous joindre aux pricrespubliques.Voici notre heure : allons célébrer ce grand jour,Et devant le Seigneur paxoître à notre tour.