ACTE II, SCÈNE II —IY.
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SCÈNE II.
JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH ,
JOSABETH.
Maisquevois-jel Monlils, quel sujet tous ramène?Où courez-vous ainsi tout pâle et hors d'haleine ?
ZACHABIB.
O ma merci
JOSABBTH.
Ile bien? quoi?
ZACHARIE.
Le Lemple est profané !JOSABETH.
Comment ?
ZACHARIE.
Et du Seigneur l’autel abandonné.
JOSABETH.
Je tremble. Hâtez-vous d’éclaircir votre mère 47 .
ZACHARIE.
Déjà , .selon la loi, le grand prêtre mon père ,Après avoir au Dieu qui nourrit les humainsDe la moisson nouvelle offert les premiers pains ,Lui présentoit encore entre ses mains sanglantesDes victimes de paix les entrailles fumantes ;Debout à ses côtés le jeune EliacinConnue moi le servoil en long habit de lin ;
Et cependant du sang de la chair immoléeLes prêtres arrosoient l’autel et l’assemblée 48 :
Un bruit confus s’élève , et du peuple surprisDétourne tout-à-coup les yeux et les esprits.
Une femme... Feui-on la nommer sans blasphème !Une femme... c’étoît Athalie elle-même.
JOSABETH.
Ciel!
ZACHARIE.
Dans un des parvis, aux hommes réservé ,Cette femme superbe entre, le front levé ,
El se préparoit même à passer les limitesDe l’enceinte sacrée ouverte aux seuls léviles.
Le peuple s’épouvante, et fuit île toutes parts.Mon père... Ah ! quel courroux animoitses regards. 1Moïse à Pharaon parut moins formidable :
* Reine , sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable,
> D’où le bannit ton sexe et ton impiété.«■Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté? •
La reine alors , sur lui jetant un œil farouche,Pour blasphémer sans doute ouvroil déjà Ja bouche:J’ignore si de Dieu L’ange se dévoilantEst venu lui montrer un glaive étincelant ;
Mais sa langue en sa bouche à l’instant s’est glacée ;El toute son audace a paru terrassée :
Ses yeux* comme eltVayés, n’osoient se détourner ;Surtout Eliacin paroissoit l'étonner.
JOSABETH.
Quoi donc! Eliacin a paru devant elle?
ZACHARIE.
Nous regardions tous deux cette reine cruelle ,
Et d’une égale horreur nos cœurs étoieut frappés.Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés :
On nous a fait sortir. J’ignore tout le reste.
Et venois vous conter ce désordre funeste 49 ,
JOSABETH.
Ah! de nos bras sans doute elle vient l’arracher ^Et c'est lui qu’à l’autel sa fureur vient chercher.Peut-être en ce moment l'objet de tant de larmes...Souviens-toi de David, Dieu, qui vois mes alarmes !sVlomith.
Quel est-il cet objet des pleurs que vous versez?ZACHARIE.
Les jours d’Eliacin seroient-ils menacés?
SALOMITH.
Auroit-il de la reine attiré la colère?
ZACHARIE.
Que craint-on d’un enfant sanssupportet sans père?
JOSABETH.
Ab I la voici. Sortons : il la faut éviter.
SCÈNE III.
ATHALIE, ABNER, AGAR, suite d'atealie.acar.
Madame , dans ces lieux pourquoi vous arrêter?Ici tous les objets vous blessent, vous irritent.Abandonnez ce lemple aux prêtres qui l’habitent^Fuyez tout ce tumulte , et dans voire palaisA vos sens agités venez rendre la paix.
athalie.
Non, je ne puis: lu vois mon trouble et ma faiblesse.Va , fais dire à Malban qu’il vienne , qu’il se presse 5Heureuse si je puis trouver par son secoursCelte paix que je cherche et qui me fu il toujours.
{Elle s’assied. )
SCÈNE IV.
ATHALIE , ABNER , suite h’athalib.
ABNER.
Madame , pardonnez si j’ose le défendre :
Le zèle de Joad n’a point dû vous surprendre.
Du Dieu que nous servons tel est l’ordre éternel :Lui-même il nous traça son temple et son autel,Aux seuls enfants.d’Anron commit ses sacrifices ,Aux (tuiles marqua leur place et leurs offices ,
Et surtout défendit à leur postéritéAvec tout autre dieu toute société.
Hé quoi J vous de nos rois et la tille et la mère ,Êles-vout à ce point parmi noua étrangère ?Ignorez vous nos lois? Et faut-il qu’aujourd'hui...Voici votre Matban : je vous laisse avec lui s<> .
ATHALIE.
Votre présence , Abner , est ici nécessaire.Laissons là de Joad l’audace téméraire ,
Et tout ce vain amas de superstitions
Qui ferment votre Lemple aux autres nations :
Un sujet pin» pressant excite mes alarmes.
Je sais que , dès l'enfance élevé dans les armes,Aimer a le cœur noble, et qn’il rend à la foisCe qu’il doit à son Dieu, ce qu’il doit à ses rois.Demeurez.