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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE II, SCÈNE IIIY.

343

SCÈNE II.

JOSABETH, ZACHARIE, SALOMITH ,

JOSABETH.

Maisquevois-jel Monlils, quel sujet tous ramène? courez-vous ainsi tout pâle et hors d'haleine ?

ZACHABIB.

O ma merci

JOSABBTH.

Ile bien? quoi?

ZACHARIE.

Le Lemple est profané !JOSABETH.

Comment ?

ZACHARIE.

Et du Seigneur lautel abandonné.

JOSABETH.

Je tremble. Hâtez-vous déclaircir votre mère 47 .

ZACHARIE.

Déjà , .selon la loi, le grand prêtre mon père ,Après avoir au Dieu qui nourrit les humainsDe la moisson nouvelle offert les premiers pains ,Lui présentoit encore entre ses mains sanglantesDes victimes de paix les entrailles fumantes ;Debout à ses côtés le jeune EliacinConnue moi le servoil en long habit de lin ;

Et cependant du sang de la chair immoléeLes prêtres arrosoient lautel et lassemblée 48 :

Un bruit confus sélève , et du peuple surprisDétourne tout-à-coup les yeux et les esprits.

Une femme... Feui-on la nommer sans blasphème !Une femme... cétoît Athalie elle-même.

JOSABETH.

Ciel!

ZACHARIE.

Dans un des parvis, aux hommes réservé ,Cette femme superbe entre, le front levé ,

El se préparoit même à passer les limitesDe lenceinte sacrée ouverte aux seuls léviles.

Le peuple sépouvante, et fuit île toutes parts.Mon père... Ah ! quel courroux animoitses regards. 1Moïse à Pharaon parut moins formidable :

* Reine , sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable,

> D le bannit ton sexe et ton impiété.«Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté?

La reine alors , sur lui jetant un œil farouche,Pour blasphémer sans doute ouvroil déjà Ja bouche:Jignore si de Dieu Lange se dévoilantEst venu lui montrer un glaive étincelant ;

Mais sa langue en sa bouche à linstant sest glacée ;El toute son audace a paru terrassée :

Ses yeux* comme eltVayés, nosoient se détourner ;Surtout Eliacin paroissoit l'étonner.

JOSABETH.

Quoi donc! Eliacin a paru devant elle?

ZACHARIE.

Nous regardions tous deux cette reine cruelle ,

Et dune égale horreur nos cœurs étoieut frappés.Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés :

On nous a fait sortir. Jignore tout le reste.

Et venois vous conter ce désordre funeste 49 ,

JOSABETH.

Ah! de nos bras sans doute elle vient larracher ^Et c'est lui quà lautel sa fureur vient chercher.Peut-être en ce moment l'objet de tant de larmes...Souviens-toi de David, Dieu, qui vois mes alarmes !sVlomith.

Quel est-il cet objet des pleurs que vous versez?ZACHARIE.

Les jours dEliacin seroient-ils menacés?

SALOMITH.

Auroit-il de la reine attiré la colère?

ZACHARIE.

Que craint-on dun enfant sanssupportet sans père?

JOSABETH.

Ab I la voici. Sortons : il la faut éviter.

SCÈNE III.

ATHALIE, ABNER, AGAR, suite d'atealie.acar.

Madame , dans ces lieux pourquoi vous arrêter?Ici tous les objets vous blessent, vous irritent.Abandonnez ce lemple aux prêtres qui lhabitent^Fuyez tout ce tumulte , et dans voire palaisA vos sens agités venez rendre la paix.

athalie.

Non, je ne puis: lu vois mon trouble et ma faiblesse.Va , fais dire à Malban quil vienne , quil se presse 5Heureuse si je puis trouver par son secoursCelte paix que je cherche et qui me fu il toujours.

{Elle sassied. )

SCÈNE IV.

ATHALIE , ABNER , suite hathalib.

ABNER.

Madame , pardonnez si jose le défendre :

Le zèle de Joad na point vous surprendre.

Du Dieu que nous servons tel est lordre éternel :Lui-même il nous traça son temple et son autel,Aux seuls enfants.dAnron commit ses sacrifices ,Aux (tuiles marqua leur place et leurs offices ,

Et surtout défendit à leur postéritéAvec tout autre dieu toute société.

quoi J vous de nos rois et la tille et la mère ,Êles-vout à ce point parmi noua étrangère ?Ignorez vous nos lois? Et faut-il quaujourd'hui...Voici votre Matban : je vous laisse avec lui s<> .

ATHALIE.

Votre présence , Abner , est ici nécessaire.Laissons de Joad laudace téméraire ,

Et tout ce vain amas de superstitions

Qui ferment votre Lemple aux autres nations :

Un sujet pin» pressant excite mes alarmes.

Je sais que , dès l'enfance élevé dans les armes,Aimer a le cœur noble, et qnil rend à la foisCe quil doit à son Dieu, ce quil doit à ses rois.Demeurez.