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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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346 ATHALIE.

ATHALIE.

Jentends chanter de Dieu les grandeurs infinies ;

Ne sait-on pas au moins quel pays est îc vôtre ?

Je vois lordre pompeux de ses cérémonies.

JOAS.

ATHALIE.

Ce temple est mon pays ; je n'en connoia point

lié quoi . 1 vous navez point de passe-temps plus

dautre.

doux 40 ?

ATHALIE.

Je plains le triste sort dun enfant tel que vous.

dit-on que le sort vous a fait rencontrer ?

Venez dans mon palais, vous y verrez ma gloire.

JOAS.

JOAS.

Parmi des loups cruels prêts à me dévorer.

Moi J des bienfaits de Dieu jeperdrois la mémoire]

ATHALIE.

ATHALIE,

Qui vous mit dans ce temple ?

Non, je ne tous veux pas contraindre à loublier.

JOAS.

JOAS,

Une femme inconnue.

Vous ne le priez point.

Qui ne dit point son nom , et quon na point revue.

ATHALIE.

ATHALIE.

Vous pourrez le prier.

Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin ?

JOAS.

JOAS.

Je verrois cependant en invoquer un autre.

Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin?

ATHAI.IE.

Aux petits des oiseaux il donne leur pâture ,

Jai mon Dieu que je sers : vous servirez le vôtre :

Kt sa bonté sétend sur toute la nature.

Ce sont deux puissants dieux.

Tous les jours je l'invoque -, et dun soin paternel

JOAS.

Il me nourrit des dons offerts sur son autel.

Il faut craindre le mien :

ATHALIE.

Lui seul esL Dieu , madame , et le vôtre nest rien.

Quel prodige nouveau me trouble et membarrasse !

ATHALIE.

La douceur de sa voix, son enfance , sa grâce ,

Les plaisirs près de moi vous chercheront en foule.

Font insensiblement à mon inimitié

JOAS.

Succéder,.. Je scrois sensible à la pitié !

Le bonheur des méchantscomme un torrent sécoule.

AB5EH.

ATHALIE.

Madame , voilà donc cet ennemi terrible ?

Ces méchants, qui sont-ils ?

De vos songes menteurs l'imposture est visible ,

josabkth.

A moins que la pitié qui semble vous troubler

, madame ! excusez

Ne soit ce coup fatal qui vous faisoit trembler.

Un enfant,..

ateialie , à Joas et à Josabeih.

ATHALIE , ù Josabeih.

Vous sortes?

Jaime à voir comme vous linstruisez.

JOSABETIt.

Enfin , Eliacin , vous avez su me plaire ;

Vous ave* entendu sa fortune 59 :

Vous nëtcs point sans doute un enfant ordinaire.

Sa présence à la fin pourroit être importune.

Vous voyez, je, suis reine, et nai point d'héritier:

ATHALIE.

Laissez cet habit, quittez ce vil métier 51 ;

[à Joas.)

Je veux vous faire part de toutes mes richesses;

Non: revenez. Quel est touslcs jours votre emploi?

Essayez dès ce jour leffet de mes promesses.

JOAS.

A ma table, partout, à mes côtés assis.

Jadore le Seigneur ; on mexplique sa loi,

Je prétends vous traiter comme mon propre fils.

Dans son livre divin on mapprend à la lire ;

JOAS.

El déjà de ma main je commence à lécrire.

Comme votre fils 1

ATHALIE.

ATHALIE.

Que voûs dît cette loi?

Oui,.. Vous vous taise/,?

JOAS.

JOAS.

Que Dieu veut être aimé ;

Quel père

Quil venge tôt ou tard son saint nom blasphémé;

Je quitterais] Et pour...

Quil est le défenseur de l'orphelin timide ;

ATHALIE.

Qu'il résiste au superbe et punit 1 homicide.

bien?

At'HALIK.

JOAS.

Jentends.Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu,

Pour quelle mère !

A quoi soccupe-t-il?

athalie , à Josabeih.

JOAS.

Sa mémoire est fidèle; et , dans tout ce quil dit,

Il loue, il bénit Dieu.

De vous et de Joad je reconnois l'esprit 63 .

ATHALIE.

Voilà comme, infectant cette simple jeunesse.

Dieu veut-il quà toute heure on prie, on le contemple ?

Vous employez tous deux le calme je vous laisse.

JOAS.

Vous cultivez déjà leur haine et leur fureur * 5 ;

Tout profane exercice est banni de son temple.

Vous ne leur prononcez mon nom quavec horreur.

ATHALIE.

JOSABETH.

Quels sont donc vos plaisirs?

Peul-on de nos malheurs leur dérober lhistoire ?

JOAS.

Tout lunivers les sait ; vous-même en faites gloire.

Quelquefois à lautel

ATHALIE.

Je présente au grand-prêtre ou lencens ou le sel;

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Oui, ma juste fureur, et jen fais vanité,