ACTE II, SCENE YII —IX,
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A vengé mes parents sur nia postérité»
J’aurois vu massacrer et mon père et mon frère »
Du haut de son palais précipiter ma mère ,
Et dans un même jour égorger à la fois(Quel gpectacle d’horreur!) quatre- vingis fils de rois :Et pourquoi? pour venger je ne sais quels prophètesDont elie avuit puni les fureurs indiscrètes :
Et moi, reine sans cœur , lille sans amitié ,
Esclave d’une lâche et frivole pitié,
Je n’aurois pas dn moins , à cette aveugle rage,Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage ,Et de votre David traité tous les neveuxComme on frai toit d’Achab les restes malheureux!Où sern'is-je aujourd'hui si, domptant ma foiblcsse,
Je n’eusse d’une mère étouffé la tendresse*,
Si de mon propre sang nia mahi versant les flotsN’eût par ce coup hardi réprimé vos complots?Enfin de votre Dieu l’implacable vengeanceEntre nos deux maisons rompit toute alliance :David m’est en horreur ; et les fils do ce roi,Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi.
JOSABKTII.
Tout vous a réussi. Que Dieu voie et nous juge.
ATHAUE.
Ce Dieu, depuis long-temps votre unique refuge,Que deviendra l'effet de ses prédiction»®* ?
Qu’ii vous donne ce roi promis aux nations,
Cet enfant de David, votre espoir, votre attente...Mais nous 11011 a reverrons. Adieu. Je sors contente :J’ai voulu voir ; j’ai vu.
abnis , à Josabetb.
Je vous l’avois promis :
Je vous rends le dépôt que vous m’avez commis.
SCÈNE VIII.
JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHARIE,SALOM 1 TH, ABNER , lévites, le chœur.
JOSABETU , à Joad.
Avez-vous entendu cette superbe reine,
Seigneur?
JOAD.
J’entendois tout et plaignois votre peine.Ces lévites et moi, prêts à vous secourir,
Nous étions avec vous résolus de périr.
(ù Joas, en l’embrassant.)
Que Dieu veille sur vous, enfant dont le courageVient de rendre à son nom ce noble témoignage.
Je teconnois, Abner.ce service important:Souvenez-vous de l’heure où Joad vous attend.
Et nous , dont celte femme impie et meurtrièreA souillé les regards et troublé la prière,
Rentrons; et qu’un sang pur, par mes înams épanché ,Lave jusques au marbre où ses pas ont touché.
SCÈNE IX.
LE CHŒUR.
UNE DBS FILLES »r CHŒUR.
Quel astre à nos yeux vient de luire ?
Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux ?
11 brave le faste orgueilleux,
Et ne se laisse point séduireA tous ses attraits périlleux.
CNE AITIlE.
Pendant que du dieu d’AthalieChacun court encenser l’autei ,
Un enfant courageux publieQue Dieu lui seul est éternel,
Et parle connue 1111 autre ElieDevant cette autre Jézabel.
UNE AUTRE.
Qui nous révélera ta naissance secrète,
Cher enfant? Es-lli fil» de quelque saint prophète ?
UN F. AUTRE,
Ainsi l’on vit l'aimable Samuel 6SCroître à l’ombre du tabernacle :
Il devint des Hébreux l’espérance et l’oracle.Puisses-tu, comme lui, consoler Israël !
UNE AUTRE.
O bienheureux mille foisL’enfant que le Seigneur aime ,
Qui de bonne heure entend sa voix,
Et que ce Dieu daigne im-truire lui-même!Loin du monde élevé , de tous les dons des cienxIl est orné dès son enfance:
Et du méchant l’abord contagieuxN’altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR.
Heureuse, heureuse l’cnfanceQue le Seigneur instruit et prend sous sa défense!la même voix seule.
Tel en ud secret vallon ,
Sur le bord d’une onde pure ,
Croît à l’abri de l’aquilon,
Un jeune lis, l’amour de la nature «*.
Loin du monde élevé , de tous les dons des cieuxIl est orné dès sa naissance;
El du méchant l’abord contagieuxN'altcre point son innocence.
TOUT LE CHŒUR.
Heureux , heureux mille foisL’enfant que le Seigneur rend docile à ses lois!une voix seule.
Mon Dieu , qu’une vertu naissanteParmi tant de périls marche à pas incertains!Qu’une âme qui le cherche et veut être innocenteTrouve d’obstacle à ses desseins}
Que d’ennemis lui font la guerre!
Où se peuvent cacher tes saints ?
Les pécheurs couvrent la terre.
UNE AUTRE.
O palais de David , et sa chère cité,
Mont fameux, que Dieu meme a long-temps habite,Comment as-tu du ciel attiré la colère?
Sion, chère Sion , que di?-lu quand lu voisUne impie étrangèreAssise, hélas! au trône de tes rois?
TOUT LE CHŒUR.
Sion, chcre Sion, que dis-tu quand tu voisUne impie étrangèreAssise , hélas ! au trône de tes rois ?
la acûme voix continue.
Au lieu des cantiques charmantsOù David t’expriuioit scs saints ravissements,