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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE II, SCENE YIIIX,

347

A vengé mes parents sur nia postérité»

Jaurois vu massacrer et mon père et mon frère »

Du haut de son palais précipiter ma mère ,

Et dans un même jour égorger à la fois(Quel gpectacle dhorreur!) quatre- vingis fils de rois :Et pourquoi? pour venger je ne sais quels prophètesDont elie avuit puni les fureurs indiscrètes :

Et moi, reine sans cœur , lille sans amitié ,

Esclave dune lâche et frivole pitié,

Je naurois pas dn moins , à cette aveugle rage,Rendu meurtre pour meurtre, outrage pour outrage ,Et de votre David traité tous les neveuxComme on frai toit dAchab les restes malheureux! sern'is-je aujourd'hui si, domptant ma foiblcsse,

Je neusse dune mère étouffé la tendresse*,

Si de mon propre sang nia mahi versant les flotsNeût par ce coup hardi réprimé vos complots?Enfin de votre Dieu limplacable vengeanceEntre nos deux maisons rompit toute alliance :David mest en horreur ; et les fils do ce roi,Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi.

JOSABKTII.

Tout vous a réussi. Que Dieu voie et nous juge.

ATHAUE.

Ce Dieu, depuis long-temps votre unique refuge,Que deviendra l'effet de ses prédiction»®* ?

Quii vous donne ce roi promis aux nations,

Cet enfant de David, votre espoir, votre attente...Mais nous 11011 a reverrons. Adieu. Je sors contente :Jai voulu voir ; jai vu.

abnis , à Josabetb.

Je vous lavois promis :

Je vous rends le dépôt que vous mavez commis.

SCÈNE VIII.

JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHARIE,SALOM 1 TH, ABNER , lévites, le chœur.

JOSABETU , à Joad.

Avez-vous entendu cette superbe reine,

Seigneur?

JOAD.

Jentendois tout et plaignois votre peine.Ces lévites et moi, prêts à vous secourir,

Nous étions avec vous résolus de périr.

(ù Joas, en lembrassant.)

Que Dieu veille sur vous, enfant dont le courageVient de rendre à son nom ce noble témoignage.

Je teconnois, Abner.ce service important:Souvenez-vous de lheure Joad vous attend.

Et nous , dont celte femme impie et meurtrièreA souillé les regards et troublé la prière,

Rentrons; et quun sang pur, par mes înams épanché ,Lave jusques au marbre ses pas ont touché.

SCÈNE IX.

LE CHŒUR.

UNE DBS FILLES »r CHŒUR.

Quel astre à nos yeux vient de luire ?

Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux ?

11 brave le faste orgueilleux,

Et ne se laisse point séduireA tous ses attraits périlleux.

CNE AITIlE.

Pendant que du dieu dAthalieChacun court encenser lautei ,

Un enfant courageux publieQue Dieu lui seul est éternel,

Et parle connue 1111 autre ElieDevant cette autre Jézabel.

UNE AUTRE.

Qui nous révélera ta naissance secrète,

Cher enfant? Es-lli fil» de quelque saint prophète ?

UN F. AUTRE,

Ainsi lon vit l'aimable Samuel 6SCroître à lombre du tabernacle :

Il devint des Hébreux lespérance et loracle.Puisses-tu, comme lui, consoler Israël !

UNE AUTRE.

O bienheureux mille foisLenfant que le Seigneur aime ,

Qui de bonne heure entend sa voix,

Et que ce Dieu daigne im-truire lui-même!Loin du monde élevé , de tous les dons des cienxIl est orné dès son enfance:

Et du méchant labord contagieuxNaltère point son innocence.

TOUT LE CHŒUR.

Heureuse, heureuse lcnfanceQue le Seigneur instruit et prend sous sa défense!la même voix seule.

Tel en ud secret vallon ,

Sur le bord dune onde pure ,

Croît à labri de laquilon,

Un jeune lis, lamour de la nature «*.

Loin du monde élevé , de tous les dons des cieuxIl est orné dès sa naissance;

El du méchant labord contagieuxN'altcre point son innocence.

TOUT LE CHŒUR.

Heureux , heureux mille foisLenfant que le Seigneur rend docile à ses lois!une voix seule.

Mon Dieu , quune vertu naissanteParmi tant de périls marche à pas incertains!Quune âme qui le cherche et veut être innocenteTrouve dobstacle à ses desseins}

Que dennemis lui font la guerre!

se peuvent cacher tes saints ?

Les pécheurs couvrent la terre.

UNE AUTRE.

O palais de David , et sa chère cité,

Mont fameux, que Dieu meme a long-temps habite,Comment as-tu du ciel attiré la colère?

Sion, chère Sion , que di?-lu quand lu voisUne impie étrangèreAssise, hélas! au trône de tes rois?

TOUT LE CHŒUR.

Sion, chcre Sion, que dis-tu quand tu voisUne impie étrangèreAssise , hélas ! au trône de tes rois ?

la acûme voix continue.

Au lieu des cantiques charmants David texpriuioit scs saints ravissements,