354 Aï HA LIE.
Le successeur d’Aaron de ses prêtres suivi,Conduisant au combat les enfants de Lévi,
Et dans ces mêmes mains des peuples révérées ,
Les armes au Seigneur par David consacrées 107 !Dieu sur ses ennemis répandra sa terreur.
Dans l’infidèle sang baignez-vous sans horreur ;Frappez et Tyriens , et même Israélites 1oa .
Ne descendez-vous pas de ces fameux lévitesQui, lorsqu’au dieu du Nil le volage IsraëlBondit dans le désert un culte criminel,
De leurs plus chers parents saintement homicides,Consacrèrent leurs mains dans le sang îles perfides ,
Rt par ce noble exploit vous acquirent l’honneurD’être seuls employés aux autels du Seigneur ?
Mais je vois que déjà vous brûlez de tue suivre.Jurez donc , avant tout, sur cet auguste livre,
A ce roi que le niel vous redonue aujourd’hui ,
De vivre , de combattre , et de mourir pour lui.AZARIAS.
Oui, nous jurons ici, pour nous , pour tous nos frères,De rétablir Joas au trône de scs pères,
De ne poser le fer entre nos mains remisQu’après l’avoir vengé de tous ses ennemis.
Si quelque transgresseur enfreint celte promesse ,Qu’il éprouve , grand Dieu , ta fureur vengeresse ;Qu’avec lui ses enfants, de ton partage exclus ,
Soient au rang de ces mort? que tu ne connois plus !
Et vous, à celte loi, votre règle éternelle ,
Boi , ne jurez-vous pus d’être toujours fidèle?
JOAS.
Pourrois-je à cette loi ne pas me.conformer?
J04T>.
O mon lils, de ce nom j’ose encor vous nommer,Soulfrez celte tendresse , et pardonnez aux larmesQue m’arrachent pour vous de trop justes alarmes.Loin du trône nourri , de ce fatal honneur,llélasi vous ignorez le charme empoisonneur;
De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse,
Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.
Bientôt ils vous diront que les plu3 saintes lois,Maîtresses du vil peuple, obéissent aux rois:
Qu’un roi n’a d’autre frein que sa volonté même;Qu’il doit immoler tout à sa grandeur suprême ;Qu’aux larmes, au travail. le peuple est condamné,
El d’un sceptre de fer veut être gouverné;
Que s’il n’est opprimé, tôt ou tard il opprime :
Ainsi de piège en piège , et d'abîme en abîme 103 .Corrompant de vos mœurs l’aimable pureté,
Ils vous feront enfin haïr la vérité ,
Vous peindront la vertu sous une atfreu.se image.Délas! ils ont des rois égaré le plus sage.
Promettez sur ce livre , et devant ces témoins,
Que Dieu fera toujours le premier de vos soins;
Que, sévère aux méchants , et des bon? le refuge ,Entre le pauvre et vous , vous prendrez Dieu pourjnge;
Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin 1 'Comme eux vous fûtespauvre, et comme eux orphelin.
JOAS.
Je promets d’observer ce que la loi m’ordonne.
Mon Dieu , punissez-moi si je vous abandonne !
JOAI).
Venez : de l'huile sainte il faut vous consacrer.Paroissez, Josabcth : yous pouvez vous montrer!
SCÈNE IV.
JOAS, JOAD, JOSARETH, ZACHARIE, SA-I.OJUÏII, AZ ARIAS , ISMAEL, ms trois
AUTRES CHEFS DES LEVITES , LE CHOEUR.
josabeth , embrassant Joas.
O roi, fils de David I
JOAS.
ü mon unique mère!
Venez , cher Zacharie , embrasser voire frère.
JOSAhRiH , à Zacharie.
Aux pieds de votre roi prosternez-vous , mon fils.
( Zacharie se jette aux pieds de Joas.)joad , pendant qu’ils s’embrassent.
Enfants, ainsi toujours puissiez-vous être unis!
JOSABETH , à Joas.
Vous savez donc quel sang vous a donné la vie?JOAS.
Et je sais quelle main sans vous me l’eût ravie.
JOSABETH.
De votre nom , Joas , je puis donc vous nommer.
JOAS.
Joas ne cessera jamais de vous aimer.
LE CHŒUR.
Quoi 1 c’est là...
JUSABKTH.
C'est Joas.
JOAD.
Ecoutons ce lévite.
SCÈNE V.
JOAS, JOAD, JOSABETH, ZACHABIE, SA-LOMITD , AZARIAS, ISMAEL, les trois
AUTRES CHEFS DES LEVITES, UN LEVITE , LE CltCBl li.un i,É vite.
J’ignore contre Dieu quel projet on médite;
Mais l’airain menaçant frémit de toutes parts;üu voit luire des feux parmi des étendards,
Et sans doute Athalie assemble son armée :
Déjà même au secours toute voie est fermée ;
Déjà le sacré mont où le temple est bâtiD’insnleuls Tyriens est partout investi ;
L’un d’eux, en blasphémant, vient de nous faireentendre
Qu’Abuer est dans les fers, cl ne peut nous défendre.JOSABETH , Ù JottS.
Cher enfant, que le ciel en vain m’avoit rendu ,Hélas] pour vous sauver , j’ai fait ce que j’ai pu :Dieu ne se souvient plus de David votre père!joad , à Josabeth.
Quoi ! vous ne craignez pas d’attirer sa colèreSur vous et sur ce roi si cher à votre amour ?
El quand Dieu, de vos bras l’arrachant sans retour ,Voîidroit que de David la mabon fût éteinteN’êtes-vous pas ici sur la montagne sainte•Où le père des Juifs sur son fils innocent 111Leva sans murmurer un bras obéissant,
Et mit sur un bûcher ce fruit de sa vieillesse ,Laissant à Dieu le soin d’accomplir sa promesse,