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ACTE IV, SCÈNE V—VI.
Et lui sacrifiant, avec ce fils aîné,
Tuut 1’espcir de sa race , en lui seul renfeimé ?
Amis , partageons-nous : qu’Ismaël en sa gardePrenne tout le côté que l’orionl regarde ;
Vous, le côté de l'ourse ; et vous, de l’ocrident :
Vous, le midi. Qu’aucun, par un zèle imprudent,Découvrant mes desseins , soit prêtre , soit lévite ,Ncsorte avant le temps, et ne se précipite:
Et que chacun enfin, d’un même esprit poussé 112 ,
Garde en mourant le poste où je l’aurai placé.
L’ennemi nous regarde, en son aveugle rage.
Comme de vils troupeaux réservés au carnage,
El croit ne rencontrer que désordre et qu'effroi.Qu'Azarias partout accompague le roi.
{ à Joas. )
Venez, cher rejeton d’une vaillante race ,
.Remplir vos défenseurs d’une nouvelle audace;
Venez du diadème a leurs yeux vous couvrir,
El périssez du moins en roi, s’il faut périr.
( à un lévite, j
Suivez-lc , Josabelh. Vous, donnez-moi ces armes.
(«u chœur. )
Enfants, offrez à Dieu vos innocentes larmes.
SCÈNE VI.
SALOMITII, le cnceuu.
tout tr chceor chante .
Parte/., enfants d’Aaron, partez :
Jamais plus illustre querelleDe vos aïeux n'arina le zèle.
Partez, enfants d’Aaron . parlez :
C’est votre roi, c’est Dieu pour qui vous combattez.une voix seule.
Où sont les traits que tu lances,
Grand Dieu , dans ton juste courroux ?
N’es-tu plus le Dieu jaloux ?
N’es-lu plus le Dieu des vengeances?
UNIS AUTRE.
Où sont , Dieu de Jacob , tes antiques bontés ?
Dans l’horreur qui nous environne ,
N’entends-tu que la voix de nos iniquités ?
N’es-tu plus le Dieu qui pardonne?
TOUT LE CHŒUR.
Où sont, Dieu de Jacob , les antiques bontés ?
UNE VOIX Stfu/s.
C’est à loi que dans cette guerreLes flèches des méchants prétendent s’adresser.
«Faisons , disent-ils , cesser■Les fêtes de Dieu sur la terre ;
«De son joug importun délivrons les mortels;«Massaeronstousses saints : renversons ses autels ;
« Que de son nom , que de sa gloire«11 ne reste plus de mémoire ;
«Que ni lui ni son Christ ne régnent plus sur nous."
TOUT I.E CUIEL R,
Ou sont les traits que tu lances,
Grand Dieu , dans Ion juste courroux?
N es-tu plus le Dieu jaloux ?
N’es-lu plus le Dieu des vengeances ?iwe voix seule.
Triste reste de nos rois ,
Chère et dernière fleur d’une lige si belle ,llélas î sous le couteau d’une mère cruelle
ACTE V, SCÈNE I.
Te verrons-nous tomber une seconde fois?
Prince aimable, dis-nous si quelque ange, au berceau,Contre tes assassins prit soin de te défeudre ;
Ou si dans la nuit du tombeauLa voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre ?
UNE AUTRE.
D’un père et d’un aïeul contre loi révoltés,
Grand Dieu , les attentats lui sont-ils imputés?
Est-ce que sans retour ta pitié l’abandonne?
LE CHŒUR.
Où sont, Dieu de Jacob , tes antiques bontés ?N’es-tu plus le Dieu qui pardonne ?une uns filles nu i.HŒuii, ««us chanter.
Chères sœurs , n'entendez-vous pasDeseruels Tyriens la trompette qui sonne ?
SAT.OMITH.
J’entends même les cris des barbares soldats,
Et d’horreur j'en frissonne.
Courons , fuyons ; retirons-nousA l’ombre salutaireDu redoutable sanctuaire 1 ”.
ACTE CINQUIÈME.SCÈNE I.
ZACHARIE , SALOMII1I , i.e crara.
SAT.OMITH.
Cher Zacharie, hé bien ? que nous apprenez-vous
ZACHARIE.
Redoublez au Seigneur votre ardente prière :Peut-être nous touchons à notre heure dernière;Pour 1 horrible combat, ma sœur, l’ordre est donné.
SALQMiry.
Que fait Joas?
ZACHARIE.
Joas vient d’êlre couronné :Legrand-prêtre a sur lui répandu l’huile sainte.Oh ciel ! dans tous les yeux quelle joie étoil peinteA l’anpect de ce roi racheté du tombeau IMa sœur , on voit encor la marque du couteau;On voit paroître aussi sa fidèle nourrice,
Qui , cachée en un coin de ce vaste édifice,Gardoit ce cher dépôt, et n'avoit de ses soinsQue lesyeux de ma mère et que Dieu pour témoins.Nos lévites pleuroicnt de joie et de tendresse,
Et mêloienl leurs sanglots à leurs cris d’allégresse.Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil n 5 ,A l’un tendoit la main, flaltoit l’antre de l’œil,Juroit de se régler par leurs avis sincères ,
Et les appeloit tous ses pères ou ses frères.
SALOMITII.
Ce secret au dehors est-il aussi semé?
ZACHARIE.
Ce secret dans le temple est encor renfermé.
Des enfants de Lévi la troupe partagée
Dans un profond silence aux portes s'est rangée.
Tous doivent à la fois piécipiter leurs pas,
Et crier pour signal : Vive le roi Joas !
Mais mon père défend que h: rui se hasarde ,
Et veut qu’Azarias demeure pour sa garde.