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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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ACTE IV, SCÈNE VVI.

Et lui sacrifiant, avec ce fils aîné,

Tuut 1espcir de sa race , en lui seul renfeimé ?

Amis , partageons-nous : quIsmaël en sa gardePrenne tout le côté que lorionl regarde ;

Vous, le côté de l'ourse ; et vous, de locrident :

Vous, le midi. Quaucun, par un zèle imprudent,Découvrant mes desseins , soit prêtre , soit lévite ,Ncsorte avant le temps, et ne se précipite:

Et que chacun enfin, dun même esprit poussé 112 ,

Garde en mourant le poste je laurai placé.

Lennemi nous regarde, en son aveugle rage.

Comme de vils troupeaux réservés au carnage,

El croit ne rencontrer que désordre et qu'effroi.Qu'Azarias partout accompague le roi.

{ à Joas. )

Venez, cher rejeton dune vaillante race ,

.Remplir vos défenseurs dune nouvelle audace;

Venez du diadème a leurs yeux vous couvrir,

El périssez du moins en roi, sil faut périr.

( à un lévite, j

Suivez-lc , Josabelh. Vous, donnez-moi ces armes.

(«u chœur. )

Enfants, offrez à Dieu vos innocentes larmes.

SCÈNE VI.

SALOMITII, le cnceuu.

tout tr chceor chante .

Parte/., enfants dAaron, partez :

Jamais plus illustre querelleDe vos aïeux n'arina le zèle.

Partez, enfants dAaron . parlez :

Cest votre roi, cest Dieu pour qui vous combattez.une voix seule.

sont les traits que tu lances,

Grand Dieu , dans ton juste courroux ?

Nes-tu plus le Dieu jaloux ?

Nes-lu plus le Dieu des vengeances?

UNIS AUTRE.

sont , Dieu de Jacob , tes antiques bontés ?

Dans lhorreur qui nous environne ,

Nentends-tu que la voix de nos iniquités ?

Nes-tu plus le Dieu qui pardonne?

TOUT LE CHŒUR.

sont, Dieu de Jacob , les antiques bontés ?

UNE VOIX Stfu/s.

Cest à loi que dans cette guerreLes flèches des méchants prétendent sadresser.

«Faisons , disent-ils , cesserLes fêtes de Dieu sur la terre ;

«De son joug importun délivrons les mortels;«Massaeronstousses saints : renversons ses autels ;

« Que de son nom , que de sa gloire«11 ne reste plus de mémoire ;

«Que ni lui ni son Christ ne régnent plus sur nous."

TOUT I.E CUIEL R,

Ou sont les traits que tu lances,

Grand Dieu , dans Ion juste courroux?

N es-tu plus le Dieu jaloux ?

Nes-lu plus le Dieu des vengeances ?iwe voix seule.

Triste reste de nos rois ,

Chère et dernière fleur dune lige si belle ,llélas î sous le couteau dune mère cruelle

ACTE V, SCÈNE I.

Te verrons-nous tomber une seconde fois?

Prince aimable, dis-nous si quelque ange, au berceau,Contre tes assassins prit soin de te défeudre ;

Ou si dans la nuit du tombeauLa voix du Dieu vivant a ranimé ta cendre ?

UNE AUTRE.

Dun père et dun aïeul contre loi révoltés,

Grand Dieu , les attentats lui sont-ils imputés?

Est-ce que sans retour ta pitié labandonne?

LE CHŒUR.

sont, Dieu de Jacob , tes antiques bontés ?Nes-tu plus le Dieu qui pardonne ?une uns filles nu i.HŒuii, ««us chanter.

Chères sœurs , n'entendez-vous pasDeseruels Tyriens la trompette qui sonne ?

SAT.OMITH.

Jentends même les cris des barbares soldats,

Et dhorreur j'en frissonne.

Courons , fuyons ; retirons-nousA lombre salutaireDu redoutable sanctuaire 1.

ACTE CINQUIÈME.SCÈNE I.

ZACHARIE , SALOMII1I , i.e crara.

SAT.OMITH.

Cher Zacharie, bien ? que nous apprenez-vous

ZACHARIE.

Redoublez au Seigneur votre ardente prière :Peut-être nous touchons à notre heure dernière;Pour 1 horrible combat, ma sœur, lordre est donné.

SALQMiry.

Que fait Joas?

ZACHARIE.

Joas vient dêlre couronné :Legrand-prêtre a sur lui répandu lhuile sainte.Oh ciel ! dans tous les yeux quelle joie étoil peinteA lanpect de ce roi racheté du tombeau IMa sœur , on voit encor la marque du couteau;On voit paroître aussi sa fidèle nourrice,

Qui , cachée en un coin de ce vaste édifice,Gardoit ce cher dépôt, et n'avoit de ses soinsQue lesyeux de ma mère et que Dieu pour témoins.Nos lévites pleuroicnt de joie et de tendresse,

Et mêloienl leurs sanglots à leurs cris dallégresse.Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil n 5 ,A lun tendoit la main, flaltoit lantre de lœil,Juroit de se régler par leurs avis sincères ,

Et les appeloit tous ses pères ou ses frères.

SALOMITII.

Ce secret au dehors est-il aussi semé?

ZACHARIE.

Ce secret dans le temple est encor renfermé.

Des enfants de Lévi la troupe partagée

Dans un profond silence aux portes s'est rangée.

Tous doivent à la fois piécipiter leurs pas,

Et crier pour signal : Vive le roi Joas !

Mais mon père défend que h: rui se hasarde ,

Et veut quAzarias demeure pour sa garde.