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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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LE PAYSAGE.

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De leurs voûtes tremblantes ;

£< lon diroit que le saphir.

De deux portes brillantes ,

Ferme ces vrais lieux de plaisir.

(lest sous ces épaisses feuillée»

Que lon voit les petits oiseaux ,

(les cbanlrcs si doux et si beaux ,

Errer en troupes émaillées ;

(lest que ces botes pieux ,

Par leurs concerts harmonieux ,Enchantent les oreilles,

El qu'ils célèbrent sans suuciLe» charmantes merveillesDe ces lieux quils ornent aussi.

, dune admirable structure,

On les voit suspendre ces nids,;

(les cabinets si bien bâtis.

Dont lart étonne la nature ;

, parfois, lun sur son rameauEntraîne le petit fardeauDune paille volante ;

Lautre console, en trémoussant,

Sa famille dolente,

De quelque butin ravissant.

, lon voit la biche légère ,

Loin du sanguinaire nboyeur.

Fouler, sans crainte et sans frayeur,

Le tendre émail de la fougère,

, le chevreuil, champêtre et doux,Pondit aussi dessus les houx,

En courses incertaines :

, les cerfs, ces arbres vivants ,

De leurs bandes hautaines,

Font cent autres grands bois mouvants.

Cest quavec de doux murmuresLon entend les petits Zéphirs,

De qui les tranquilles soupirsCharment les peines les plus dures.

Cest quon les voit tour à tourVenir baiser avec amourLa feuille tremblotante ;

, pour joindre aux chants des oiseauxLeur musique éclatante,

Ils concertent sur les rameaux.

cette chaleur violente

Qui, dans les champs et les vallons ,

Brûle les avides sillons ,

Se fait voir moins lîère et plus lente *.Dœil du monde voit à regretQuil ne peut percer le secretDe ces lieux pleins de charmes :

Plus il y lance de clartés,rius il leur donne darmesContre ses brûlantes beautés.

ODE IV.

ï/ÉTANG.

Que cest une chose charmanteDe voir cet étang gracieux,

, comme eu un lit précieux,

Londe est toujours calme et dormante!Mes yeux, contemplons de plus prèsLes inimitables portraitsDe ce miroir humide;

Voyons bien les charmes puissantsDont sa glace liquideEnchante et trompe tous les sen».

Déjà je vois sons ce rivageLa terre , jointe avec les cieux ,

Faire un chaos délicieuxEt de londe et de leur image.

Je vois le grand astre du jourBouler , dans ce flottant séjour ,

Le char de la lumière ;

El, sans offenser de ses feuxLa fraîcheur coutumière,

Dorer son cristal lumineux.

Je vois les tilleuls et les chênes,

Ces géants de cent bras armés 5 ,

Ainsi que deux-iuêmes charmés ,

Y mirer leurs têtes hautaines ;

Je vois aussi leurs grands rameauxSi bien iracer dedans les eauxLeur mobile peinture,

Quon ne sait si londe , en tremblant,Fait trembler leur verdure,

Ou plutôt lair même et le vent.

, lhirondelle voltigeante,

Basant les flots clairs et polis,

Y vient, avec cent petits cris,

Baiser son image naissante.

, mille autres petits oiseauxPeignent encore dans les eaux

Leur éclatant plumage:

Lœil 11e peut juger au dehorsQui vole ou bien qui nage leurs ombres et de leurs corps.

Quelles richesses admirablesNont point ces nageurs marquetés.

Ces poissons aux dos argentés,

Sur leurs écailles agréables!

Ici je les vois sassembler ,

Se mêler et se démêler

Dans leur couche profoude ;

. je les vois { Dieu ! quels attraits ! )Se promenant dans Ponde ,

Se promener dans les forêts.

Je les vois en troupes légères,Sélancer de leur lit natal;

Puis tombant., peindre en ce cristalMille couronnes passagères.