372 ODES.
L’on diroitque, comme envieuxLe voir nager dedans ces lieuxTant de bandes volantes,
Perçant les remparts entr’ouvertsT)e leurs prisons brillantes ,
Ils veulent s’enfuir dans les airs.
Enfin, ce beau tapis.liquideSemble enfermer entre ses bords'Tout ce que vomit delrésorsL’Océau sur un sable aride :
Ici l’or et l’azur des eieuxFont, de leur éclat précieux,Comme un riebe mélange;
Là , l’émeraude des rameaux,
L’une agréable frange ,
Entoure le cristal des eaux.
Mais quelle soudaine tourmente,Comme de beaux songes trompeurs ,Dissipant toutes les couleurs,
Vient réveiller l'onde dormante?Déjà ses flots entre-poussésRoulent cent monceaux empressésLe perles ondoyantes,
Et n’étalent pas moins d’attraitsSur leurs vagues bruyantes,
Que dans leurs tranquilles portraits.
ODE y.
LES PRAIRIES.
Mon Dieu, que ces plaines charmantes,Ces grands prés si beaux et si verts,Nous présentent d’appas diversParmi leurs richesses brillantes!
Ce doux air, ces vives odeurs,
Le pompeux éclat de ces fleursDont l’herbe se colore ,
Semble t-il pas dire à nos yeuxQue le palais de FloreSe fait voir vraiment en ces lieux ?
C’est la qu’on entend le murmure ^ .De ces agréables ruisseaux,
Qui joignent leurs flots et les eauxAu vif émail de la verdure.
C’est là qu’en paisibles replis,
Dans les beaux vases de leurs lits ,
Ils arrosent les herbes,
Et que leurs doux gazouillements,
Le leurs ondes superbesBravent les bruits les plus charmants.
3e les vois, an haut des montagnes,Venir, d’un cours précipité ,
Offrir leur tribut argenté
Dans le beau sein de ces campagnes ;
Et là , d’un pas respectueux.
Traîner en cercles tortueux
Leurs sources vagabondes ;
Et, comme charmés des beautésT)e ces plaines fécondes ,
S’y répandre de tous côtés.
Là , ces Méandres agréables,Descendant, et puis remontant,Font, dans leur voyage inconstant,Cent labyrinthes délectables.
Souvent leurs flots, ens’entr’ouvrant,
Font erni îles fleuries;
Tantôt, quittant leur lit natal,
Ils bordent les prairiesD’une ceinture de cristal.
Là, quand le jour rapporte au mondeLe beau tribut de sa clarté ,
Et que l'ombre et l'obscuritéBénirent dans leur grotte profonde ;Là , dis-je , des portes du ciel,
Ou voit de perles et de mielChoir une riche pluie,
Et Flore „ pour ce doux trésor,Ouvrir, toute ravie.
Cent petits bassins d’ambre et d’or.
Là, l’on voit aussi sur les herbesVoltiger ces vivantes fleurs,
Les papillons dont les couleursSont si frêles et si superbes :
C’est là qu’en escadrons divers ,
Ils répandent dedans les airsMille beautés nouvelles,
Et que les essaims abusés
Vont chercher sous leurs ailesLes pleurs que l’Aurore a versés.
C’est là qu’en nombreuses alléesL’on voit mille saules épais,
Le remparts superbes et fraisCeindre ces plaines émaillées :
Oui, je les vois de tous côtés,
En laissant l’cclat argentéDe leur» feuillages somhres,
Comme vouloir à ces ruisseaux,
Qui dorment sous leurs ombres,Faire d’officieux rideaux.
ODE VI.
DES TROUPEAUX, ET T> UW COMBATDE TAUREAUX.
C’est dans ces campagnes fleuriesQu’on voit mille troupeaux errants ,
Aller, en cent lieux différents,
Bonger les trésors des prairies :
Les uns, charmés par leur aspect.
En retirent avec respect