3g4 CANTIQUES.
« Le pain que je tous propose
Le Verbe, image du Père, f
« Sert aux anges d’aliment ;
Laissa son trône éternel ;
« Dieu lui-même le compose
Et d’une mortelle mère
«Delà fleur de son froment.
Voulut naître homme et mortel.
« C’est ce pain si délectable
Comme l’orgueil fut le crime
h Que ne sert point à sa table
Dont il naissoit la victime ,
k Le monde que vous suivez.
Il dépouilla sa splendeur ,
« Je l’oflre, à qui veut me suivre :
Et vint, pauvre et misérable ,
k Approchez. Voulez-vous vivre ?
Apprendre à l'homme coupable
« Prenez , mangez, et vivez. »
Sa véritable grandeur.
0 Sagesse ! ta parole
L’âme heureusement captive
Fit éclore l’univers,
Sous ton joug irouve la paix .
Posa sur un double pôle
Et s'abreuve d’une eau vive
La terre au milieu des airs.
Qui ne s'épuise jamais.
Tu dis : et les cieux parurent,
Chacun peut boire en oeLte onde .
lit tous les astres coururent
Elle invite tout le monde ;
Dans leur ordre se placer.
Mais nous courons follement
Avant les siècles tu règnes :
Chercher des sources bourbeuses ,
Et qui suis-ic, que lu daignes
Ou des citernes trompeuses
Jusqu’à moite rabaisser?
D’où L’eau fuit à tout moment ,1 .
NOTES DES HYMNES ET CANTIQUES.
1 Ces hymnes furent, suivant l’opinion la plus
pléer aux richesses poétiques dont le sujet n’étoit
probable, un des fruits de la jeunesse de Racine;
pas susceptible. Je n’y irouve à reprendre que ces
mais il les revit dans un âge plus avancé, et le
deux vers pénibles :
style annonce un écrivain consommé dans l’art de
la versifleation. Les entraves de la traduction s’y
Que me sert que ma foi transporte les montagnes....
font quelquefois sentir, pareeque ces hymnes la-
Nos clartés ici-bas ne sout qu'e/agmcs sombres.
tines sont presque toutes terminées par des for-
mules qu’il est impossible de rendre poétique-
ment en faneois. Geoffroy.
7 «"Voilà deux hommes que je connois bien! »
2 Dans tous les ouvrages de Racine , on ne trou-
s’écria Louis XIV, lorsque Racine lui lut ce can-
veroit peut-être pas une image aussi fausse quecelle d’un flambeau qui roule sur lin c/iar. G.
tique. Geoffroy.
s L auteur avoil substitue Misérables que nous
5 Cette expression manque de clarté et d’har-
sommes, etpréféroit celle épillièle de misérables à
celle d infortunés. Voyez les raisons qu’il en donne
4 Le* Cantiques spirituels sont des odes admira*
à Boileau dans une lettre du 3 octobre iCc)4.
Devant pour auparavant ne se dit plus , et avoi t
maturité; c’est la dernière de ses productions :
déjàtout-à-fait vieilli lorsque Racine a fait ce can-
c’est le chant du evgne. Ils furent composés pour
tique. Geoffroy.
la communauté de Saint-Cyr , en i(nj4. G.
10 Ellipse pleine de grâce, pour est sous-entendu.
s Racine disoit avoir cherché pendant dix jours
Aibnan.
ce vers qui sert de transition aux deux parties de
11 Cette dernière strophe a une faute de rhy tlimc;le dernier tercet n’est pas détaché de ce qui pré-
celtestrophe.
6 Ce cantique est remarquable par une correc-
cède. Aignaït.
(ion et une élégance continue, qui peuvent sup-