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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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LETTRES DE

heureusement engagé pour trois ans , si bien qu’iln’en peut jouir, car il l’a eDgagé lui-même pourdonner exemple aux autres. S’il venoit à vaquerquelque chose dans votre détroit souvenez-vous demoi, sauf les droits de M. l’Abbé, que je consens debon cœur que vous préfériez aux miens. Je croîsqu’on n’en murmurera pas à Port-Royal, puisqu'onvoit bien que {e suis ici dévoué à l’Eglise. Mononcle est résolu d'écrire à son frère qu'il remetteentre vos mains l’affaire d’Anjou ; mais j'y prévoisbien de la répugnance de la part de dom Cosme.

Je voudroîs savoir auparavant votre sentiment là-dessus. Tl vous aura peut-être dépeint l’affaire plusdifficile qu’elle n’est. Cependant croyez que l’au-mônier de M. tTUzèsl’a consulté à Paris , et queM. Couturier lui a dit que c’éloil une bagatelle.

Les provisions de mon oncle sont onze ou douzeîours en date devant celles que sa partie a eues encour de Rome. L’affaire ètoit incontestable , eton ne l’a disputée que sur ce que, dans la copiedes provisions, on avoil mis simplement test/èusnctMÙîûti's 1 ° 7 , sans y ajouter stgnatis. Cependant il

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est dans l’original, et j’en ai encore moi-même uneautre copie collationnée par-devant notaires ; etM. Couturier même prétendoit que quand celaanroit été oublié, il suffit que le collaieur ait signélui-même. Ce que M. Sconin nous oppose, c’estqu'il dit que toute la famille de Bernay 1Qa solli-cite contre nous. Je n’en sais rien, mais en tout casvous connoissez ces messieurs. Et par un admi-rable raisonnement, il me mandoit, il y a huitjours, que les blés sont gâtés en Anjou pour troisans , et qu'il valoit mieux qu’il tirât son argent, etqu'il laissât le bénéfice. Au contraire , il me sem-ble que les autres seront bien plus aises de s’ac-commoder , puisqu’ils n’ont rien à prendre detrois ans; et ils avoient déjà fait l'an passé porterparole qu’on les remboursât des frais, et qu’ilsse désisleroient. Mais dom Cosme, à cc qu’il dit,fut bien Un , car il leur dit : Remboursez-moî, etje vous laisse le titre. Son frère est assez scanda-lisé de cette conduite. Excusez si je vous impor-tune , mais vous y êtes accoutumé.

LETTRE XXVII.

AU MÊME, A PARIS.

A Uzé8, le i 3 juin 1662.

J’attends avec empressement des nouvelles devotre voyage, et votre absence de Paris m’ennuiedéjà autant que si j’étois à Paris même, à causeque je n’ai point reçu de vos lettres depuis quevous en êtes sorti. J’écrivis la semaine passée àdom Cosme pour le disposer à vous abandonner lebénéfice, ou à quelqu’un de vos amis qui lui fûtmoins suspect, puisqu’il a pour vous des senti-ments si injustes ; et mon oncle approuva ma lettrepar une apostille, car il a tout de bon envie deme le donner. Il m’a dit même de traiter avec Pau.mônier de M. d’Uzès , qui a grande envie sur cebénéfice, pourvoir s’il me voudroit donner enéchange un prieuré simple decentécus qu'il a ence pays. Je ne lui en ai point parlé, et j’attends devos nouvelles. Il seroit fort dispose à cct échange ,pourvu que le bénéfice, lui fût assuré : car il iral’hiver prochain à Paris avec sou maître, et cebénéfice seroit fort à sa bienséance, pureeque lefermier est je même à qui son maître a arrentéSaint Georges. Mais il serait du moins autant àma bienséance qu’à la sieiiue , si vous pouviez êtreassuré du succè 3 de l’affaire, car je n’aurois pasgrande inclination défaire séjour en cc pays-ci.Ciuiseillez-moi donc, ci je verrai après en quelledisposition il sera. Il me parle toujours du bénéficede mon oncle , et il enrage de l’avoir. Mais la mé-chante condition que d’avoi r affaire à dom Cosme!Je crois que cet bomme-là est né pour ruiner toutesmes affaires.

Je souhaite que vous ayez une aussi belle récolte

à vos deux fermes, que nous en avons en cc pays-ci. La moisson est déjà fort avancée, et elle sefait plaisamment ici au prix de la coutume deFrance; car on lie les gerbes à mesure qu’on lescoupe ; on 11e laisse point sécher le blé sur terre ,car il n’est déjà que trop sec , et dès le même jou ron le porte à Paire , où on le bat aussitôt. Ainsi leblé est aussitôt coupé , lié et battu. Vous verriezun tas de moissonneurs rôtis du soleil, qui travail-lent comme des démons , et quand ils sont horsd’haleine, ils se jettent à terre au soleil même,dormeut un Miserere , et se relèvent aussitôt. Pourmoi, je ne vois cela que de mes fenêtres : je nepourrois être 1111 moment dehors sans mourir : Pairest aussi chaud que dans un four allumé , et cettechaleur continue autant la nuit que le jour ; enfin ,il faudroil se résoudre à fondre comme du beurre,n’étoit un petit vent frais qui a la charité de souf-lier de temps en temps ; et pour m’achever, jesuis tout le jour étourdi d’une infinité de cigalesqui ne font que chauler de tous côtés, mais d’unchant le plus perçant et le plus importun dumonde. Si j’avois autant d’autorité sur elles qu’enavoit le bon saint François, je ne leur diroispas,comme il laisoit , Chantez^ ma sœur la cigale; maisje les prierais bien fort de s’en aller faire un tourjusqu à l’ai isou à la Ferlé-Milon, si vous y êtes en-core, pourvous faire part d’une si belle harmonie.

M. notre évêque 11e se découvre encore à per-sonne sur le beau projet de réforme qu’il a faitfaire àParis , et, pour vous dire ce qu’on enpense ici, il est plus irrésolu que jamais. Il appré-hende furieusement d’aliéner Icscsprits de la pro

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