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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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LETTRES DE RACINE.

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Il ma témoigné quil souhaîtoit que jécrivisseà mademoiselle Lucrèce, et quelle-mêmo mensauroit quelque gré. DaLord, jai eu peur quevous ou mademoiselle Vitart ne men voulussiezoial dans ce méchant contre-temps 1 , mais, commeje ne crois pas votre querelle de longue durée, jele satisferai au premier voyage. Dailleurs, jaiLien de la peine à croire que mademoiselle Vi-tart ait la moindre curiosité de voir quelquechose de moi, puisquelle ne men a rien témoi-gné depuis plus de six mois. Vous savez bienvous-iuême que les meilleurs esprits se trouve-roieut embarrassés sil leur falloit toujours écriresans recevoir de réponse ; car à la fin on manquede sujet.

Je vous aurois écrit ces deux derniers voya-ges; mais j'ai toujours accompagné mon oncle,qui ailoit voir faire la moisson dans toutes leursterres.

Je me réjouis beaucoup que vous en ayez unesi belle à Moloy, mais je mattrisie déjà de ce quevous y allez, dans lappréhension je suis de nerecevoir que bien rarement de vos nouvelles; carsi je nen recevuis point, je languiront étrange-ment ici. Vos lettres me donnent courage, etmaident à pousser le temps par lépaule, commeon dit en ce pays. La moisson a été belle, maispas tant quon eétoit imaginé. Le blé sera cher,c'est-à-dire quil vaudra environ 34 ou 35 sous le

pichet i 17 . Nous en mangeons déjà du nouveau.Les raisins commencent à être mûrs, et on ferala vendange sur la fin du mois prochain. Les cha-leurs sont grandes et difficile» à passer.

M. le prince de Conti est à trois lieues de celteville , et sc fait furieusement craindre dans la pro-vince. Il fait rechercher les vieux crimes qui ysont en fort grand nombre. Il a fait emprisonnerbon nombre de gentilshommes, et en a écartébeaucoup dautres. Une troupe de comédiens sétoit venue établir dans une petite ville prochedici ; il les a chassés, et ils ont passé le Rhônepour se retirer en Provence. On dit quil ny aque des missionnaires et des archers à sa queue.Les gens de Languedoc ne sont pas accoutumés àtelle réforme : mais il faut pourtant plier.

le nai pas vu M. Arnauld 11 *, et son maîtrenest pas venu à Uzès. M. dUzès la été recevoir àGrignan , ils passeront lété : ainsi je ne croispas voir M. Arnauld de long-temps. Mais je n'es-père plus rien des affaires du chapitre; je croisseulement quelles tireront en longueur, et aubout du compte la réforme subsistera. Tâchez demécrire de Moloy , je vous en prie, ou failes-moiécrire par quelquun. Souvenez-vous de me mettreen bonne posture dans iesprif de mon oncledOuchie. Je baise très humblement les mains àmademoiselle Vitart, à vos petites , à M. Lema-zier et à tout Je monde.

LETTRE XXX.

AU MÊME, A PARIS.

A Uzès, 166 a.

j EflACMENT. )

Je ne saurois écrire à dautres quà vous au-jourdhui ; jai lesprit embarrassé : je ne suis enétat que de parler procès, ce qui scandaliseroitceux à qui jai coutume décrire : tout le mondena pas la patience que vous avez pour souffrirmes folies, outre que mon oncle est au lit, et que

je suis fort assidu auprès de lui. Il est tout-à-faitbon , cl je crois que cest le seul de sa commu-nauté qui ait Pâme tendre et généreuse. Je sou-haite quil fasse quelque chose pour moi. Je puiscependant vous protester que je De suis pas ar-dent pour les bénéfices : je nen souhaite que pourvous payer quelque méchante partie de toul ceque je vous dois. Je meurs d'envie de voir vosdeux infantes.

LETTRE XXXI.

A M. LABBÉ LEVASSEUR, A CROSNE.

A Paris, novembre i663.

Si M. Vitart étoit ici tandis que votre Inquais yest, je lui ferois donner absolument ce bail quevous demandez*, car il ne me la point donné , etil sobstine à le vouloir faire transcrire pour en

donner la copie à M. de Villers. Je vous protesteque je len ai horriblement persécuté, et que jeferai tout mon possible pour faire donner demainau matin ce papier à votre laquais avant quilparte. Je naime pas à manquer de parole quandjai promis de ineinployer pour quelquun : cest