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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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PREMIER RECUEIL.

ce qui fa il que jai de grands reproches à tousfaire pour celle sauvegarde que j'avois promis defaire obtenir par votre moyen, et je ne vais àlhôtel de Liancourt quen enrageant, quoique jesois obligé dy aller presque tous les jours , parce*que c'est sont mes plus grandes affaires;cest pourquoi je vous conjure de faire tout votrepossible pour mettre ma conscience en repos dece côtc-, et de donner des ordres du lieuvous Êtes aux gens que vous avez promis dem-ployer auprès de M. le comte; car je peste tousles jours contre tous, et je serois bien aise, quandje songe à vous , de ny point songer avec ces sor-tes de scrupules.

Pour ce qui regarde les Frères 119 , ils ne sontpas si avancés quà l'ordinaire. Le quatrième acteétoit fait dès samedi; mais malheureusement jene goûtois point, ni les autres non plus, toutes*oes épées tirées : ainsi il a fallu les faire rengai-ner, et pour cela ôter plus de deux cents vers, cequi est malaisé.

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La Renommée 12 <> a été assez heureuse. Jl. lecomte de ijaint-Aignan 12 ^ la trouvée fort belle. Ila demandé mes autres ouvrages, et ma demain] éinoi-même. Je le dois aller saluer demain Je nelai pas trouvé aujourdhui au lever du roi; maisjy ai trouvé Molière, à qui le roi a donné assezde louanges, et jen ai été Lien aise pour lui ; ila été bien aise aussi que jy fusse présent.

Pour mon affaire chez M. de Bourzcis 122 , elle-est fort honnête et bien avancée : mais on ma su r-tout recommandé le secret, et je vous le recom-mande. M. de Bellefonds 12 * est premier maîlre-dhûtel depuis aujourdhui. Le roi a été à Versail-les. Les Suisses iront dimanche à Notre-Dame 12 *,et Je roi a demandé la comédie pour eux à Mo-lière ; sur quoi M. le duc 15i a dit quil suftisoitde leur donner Gros-René bien enfariné, parce-quils nentendoient point le françois.

Adieu. Vous vovez que je suis à demi courtisan;mais cest à mon gré un métier assez ennuyant.

LETTRE XXXII.

AU MÊME, A CROSNE.

A Paris, décembre i665.

Le mauvais temps ma empêché de sortir de-puis quatre jours ; cest ce qui fait que je nai pointété chez mademoiselle de Lacroix pour y porterdes lettres pour vous , et que je nai point été ail-leurs non plus ; ainsi ne vous attendez pas dappren-dre de moi aucune nouvelle , sinon de ce qui sestpassé dans létendue de lhôtel de Lqynes ; carquoique jaie vu tout ce qui s'est passé à Notre-Dame avec messieurs les Suisses, je nose pasusurper sur le gazelier lhonneur de vous en fairele récit. Je crois que M. Yitart vous envoie le bailque vous attendiez. Je nai pas encore été à lhôtelde Liancourt pouf ôter à mon homme lespéranceque je lui avois donnée'de sa sauvegarde, et jesuis assez embarrassé comment je my prendrai.

Je nai point vu VImpromptu 128 ni son auteurdepuis huit jours ; jitai tantôt. Jai tantôt achevéce que vous savez, et jespère que jaurai fait di-manche ou lundi. Jy ai mis des stances qui me sa-tisfont assez. En voilà Ja première ; car je naiguère de meilleures choses à vous écrire.

Cruelle ambition , dont la noire malice

Conduit tant de monde au trépas ,

El qui, feignant douvrir le trône sous nos pas,Ne nous ouvres quun précipice ,

Que tu causes dégarements!

Quen défranges malheurs tu plonges tes amants 1Que leurs chutes sont déplorables IMais que tu fais périr dinnocents avec eux,

Et que tu fais de misérablesEn faisant un ambitieux i

Cest un lieu commun qui vient bien à mon sujet;mais ne le montrez à personne, Je vous en prie ,pareeque sEon lavoit vu on sen pourrait souve-nir , et on serait moins surpris quand on le réci-tera.

La déhanchée fait la jeune princesse. Vous sa-vez bien , je crois, et qui est celte déhanchée , etqui sera cette princesse 127 . Adieu. Je suis marridavoir si peu de bonnes choses à vous mander. Jesouhaite que ma stance vous tienne lieu dunebonne lettre.

Le bailli a été tous ces jours passés ici avec safemmé ; ils sen vont à lheure que je parle , et jene leur dis point adieu.

Monifleuri a fait une requête contre Molière,et la donnée au roi. U laccuse davoir épousé lafille, et davoir autrefois v&u avec la mère 128 .MaisMontfleuri nest point écouté à la cour. Adieu.Ne laissez point, sil vous plaît, revenir votre la-quais sans mécrire : vous avez plus de lemps quemoi.