TROISIEME RECUEIL.
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31 . Rozft paroît fâché de voir, dit-il, l’académie inpvjus ruera. 11 vous fait ses baisemains avec desexpressions très fortes, a son ordinaire. 31 . de Ca-voie et quantité de nos communs amis m’ontchargé aussi de "voua en faire. Voilà, ce me sem-ble . une assez longue lettre; mais j’ai les piedschauds , et je u’ai guère de plus grand plaisir quede causer avec vous. Je crois que le nez a saignéau prince d’Orange, et il n’est tantôt plus faitmention de lui. Vous me ferez un extrême plaisirde m’écrire quand cela vous fera aussi quelqueplaisir. Je vous prie défaire mes baisemains àM. de La Chapelle. Ayez la bonté de mander àma femme que vous avez reçu de mes nou-velles.
J’ai oublié de vous dire que , pendant que j’é-tois sur le mont Pagnole à regarder l’attaque , leR. P. de La Chaise étuil clans la tranchée, et mêmefort près de l’attaque, pour la voir plus distinc-tement. J'en parlois hier au soir à son frère 1ü7qui me dit tout naturellement ; u 11 se fera Hier unh de ces jours. » Ne dites rien de cela à personne;car on croiroii la chose inventée, et elle est trèsvraie et très sérieuse.
LETTRE XXL
RACINE A BOILEAU, A PARIS.
Versailles, ce mardi 8 avril 109a.
Madame de 3 Iaintenon m’a dit ce matin que leroi avoit réglé notre pension 108 à quatre millefrancs pour moi, et à deux mille francs pour vous:cela s’entend sans y comprendre notre pension degens de lettres. Je l’ai fort remerciée pour vous etpour moi. Je viens aussi tout à l'heure de remer-cier le roi. II m’a paru qu’il avoit quelque peinequ’il y eût de la diminution; mais je lui ai ditque nous étions trop contents. J’ai plus appuyéencore sur vous que sur moi. et j’ai dit au roi quevoub prendriez la liberté de lui écrire pour le re-mercier, n’osant pas lui venir donner la peined’élever sa voix pour vous parler 109 . J’ai dit enpropres paroles : « Sire , il a plus d’esprit que ja-« mais, plus de zèle pour votre majesté , et plus« d’envie de travailler pour votre gloire. » Vousvoyez enfin que les choses ont été réglées commevous l’avez souhaité vous même. Je 11e laisse pasd’avoir une vraie peine de ce qu’il semble que jegagne à cela plus que vous: mais outre les dépen-ses et les fatigues des voyages, dont je suis assezaise que vous soyez délivré, je vous commis .sinoble et si plein d’amitié , que je suis assuré quevous souhaiteriez de bon cœur que je fusse encoremieux traité. Je serai très content si vous l’êtes eneffet. J’espère vous revoir bientôt. Je demeure icipour voir de quelle manière la chose doit tovir-ner; car ou ne m’a point encore dit si c’est parun brevet, ou si c’est à l’ordinaire sur la cassette.Je suis entièrement à vous. Il n’y a rien de nou-veau ici. On ne parle que du voyage, et tout Jemonde n’est occupé que de ses équipage# 10 .
Je vous conseille d’écrire quatre lignes au roi,et autant à madame de Maintenon, qui assuré-
ment s’intéresse toujours avec beaucoup d’amitiéà tout ce qui vous touche. Envoyez-moi vos lettrespar la poste ou par votre jardinier, comme vousle jugerez à propos.
LETTRE XXII.
BOILEAU A RACINE, A VERSAILLES.
Paris, ce 9 avril 1693.
Êtes-vous fou, avec vos compliments? Ne sa-vez-vous pas bien que c’est moi qui ai . pour ainsidire, prescritla chose delà manière qu’elle s’estfaite ? Et pouvez-vous douter que je ne sois par-faitement content d’une affaire où l’on m'accordetout ce que je demande? Tout va le mieux dumonde, et je suis encore plus réjoui pour vousque pour moi-même.
Je vous envoie deux lettres , que j’écris, suivantvos conseils, l’une au roi, l’autre à madame deJlaintenon. Je les ai écrites sans faire de brouil-lon , et je n’ai point ici de conseil : ainsi je vousprie d’examiner si elles sont en état d’être don-nées , afin que je les réforme si vous ne les trou-vez pas bien. Je vous les envoie pour cela toutesdécachetées; et supposé que vous jugiez à proposde les présenter, prenez la peine d’y mettre votrecachet. Je verrai aujourd’hui madame Racine pourla féliciter. Je vous donne le bonjour, et suis toutà vous.
Je ne reçus votre lettre qu’hier tout au soir, etje vous envoie mes trois lettres aujourd’hui à huitheures par la poste. Voilà, ce me semble, uneassez grande diligence pour le plus paresseux detous les hommes.
LETTRE XXIII 111 .
RACINE A BOILEAU, A PARIS.
Versailles, ce 11 avril 1692.
Je vous renvoie vos deux lettres avec mes re-marques, dont vous fciez tel usage qu’il vousplaira. Tâchez de me les renvoyer avant six heu-res, ou, pour mieux dire, avant cinq heures etdemie du soir, afin que je les puisse donner avantque le roi entre chez madame de 3 Iaintenon. J’aitrouvé que la trempette et les sourds éloient tropjoués 112 , et qu’il ne falloit point trop appuyer survotre incommodité, moins encore chercher del’esprit sur ce sujet. Du reste, le» lettres serontfort bien , et il n’en faut pas davantage. Je m’assureque vous donnerez un meilleur tour aux chosesque j'ai ajoutées. Je ne veux point faire attendrevotre jardinier.
Je n’ai point encore de nouvelles de la manièredont notre alfaire sera tournée. 31 . de Chevreuseveut que je laisse achever ce qu’il a commencé,cl dit que nous nous en trouverons bien. Je vousconseille de lui écrire un mot à votre loisir. O11ne peut pas avoir plus d’amitié qu’il en a pourvous.