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Oeuvres complètes de J. Racine / revues avec soin sur toutes les éditions de ce poète, avec des notes extraites des meilleurs commentateurs par P. R. Auguis
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LETTRES DE RACINE.

Port-Royal, et pour régler toutes choses avec matanie.aüu quelle écrire à Gif, et que je prennemes mesures pour y mener votre sœur aussitôtaprès Pâques 117 . De jirai coucher à Versailles,pour aller mercredi à Marly.

Je ne doute pas que vous nayez été fort aise dumariage de M. le comie dAyen ns , et que vousne lui écriviez au plus tût pour lui en témoignervotre joie. Il nie témoigne toujours beaucoupd-imitié pour vous. Le voilà présentement le plusriche seigneur de la cour. Le roi donne à made-moiselle dAubigné huit cent mille livres 11 " ou-tre cent mille livres en pierreries. Madame deMaintenon assure aussi à sa nièce six cent millelivres après sa mort. On donne à M. le comtedAyen le*survivances des gouvernements de Berryel de RnusgHlon , san«; compter des pensions quonleur donnera encore. M. le maréchal de Noaillesassure quarante-cinq mille livres de rente à M. soniiis , et lui en donne présentement dix-huit mille.Voilà, Dieu merci, de grands biens ; mais ce quejestime plus que tout cela, cest quil est fortsage , et très digne de la grande fortune qu'on luifait. Adieu, mon cher fils. Votre mère vous écrirapar le second courrier de M. l'ambassadeur. Écri-vez-moi souvent, et priez M. lambassiidcur devouloir vous avenir une heure ou deux avant ledépart de ses courriers quand il sera obligé denenvoyer. Quand vous nécririez que dix ou douzelignes, cela me fera toujours beaucoup de plaisir.Lionval a été un peu malade, et est encore unpeu foihle. Vos petites soeurs sçnt en bonnesanié.Je vous prie de faire mille compliments pour moià M- de Bonao, et de lassurer de toute la recon-noissance que jai pour lamitié dont il vous ho-nore. Je len remercierai moi-même à la premièreoccasion, et lorsque jaurai lesprit un peu plustranquille que je ne lai , .

LETTRE XXXI.

( Commencée par madame Racine,.)

Ce 24 mars 1698.

Je me sers de loccasion du courrier de M. deBonrepaux pour vous témoigner, mon fils, la joieque jai de lapplication quil nous semble quevous vous donnez au travail, pour proliter des in-structions que M. lambassadeur veut bien vousdonner. Votre père men paroît fort content. Soyezpersuadé que vous ne lui sauriez faire plus deplaisir, et à moi aussi, que de vous remplir les-prit de choses propres a vous foire exercer voirecharge avec lestime des honnêtes gens.

Voire père a été voir votre sœur, .quil na pastrouvée en assez bonne santé pour la laisser allerdans une autre maison que celle elle est- Sielle est obligée den sortir, il faudra bien quellese résigne à revenir avec nous se rétablir. I.e partiquelle doit prendre ne sera décidé que dans quel-ques jours Vous me manderez à votre loisir si la toileet la dentelle que vous avez achetées pour vos che-mises est plus fiue que ce,lie que vous avez em-portée dici. Votre oncle 1111 est dune santé fort

mauvaise présentement, les eaux de Bourbon nelui ayant point donné de soulagement. Depuis peude jou rs madame de Romanet mande à ses enfantsquil est au lit pour un mal qui lui est venu 4 lajambe. II 111a paru bien fâché de navoir pas suquand vous avez passé à Roye , pour vous y allerembrasser, M. de Sérignan attend toujours l'occa-sion de pouvoir parler à M. de Bavbezi.eux , pourfaire rentrer votre cousin dans la place quil avoi t.Je crois que cest bien en vain , et que mou neveuferoit tout aussi bien de sen retourner chez lui :mais cela chagrine votre oncle.

Lionval est toujours incommodé. Jai envoyéaujourd hui chez Helvétius pour le lui mettre entreles mains. Le pauvre petit vous fait bien ses com-pliments, et promet bien quil nira pas à la co-médie comme vous. Manette vous fait mille com-pliments par les lettres qu'elle écrit, et Babet estravie davoir pour maîtresse madame de RonvabLes petites vous embrassent.

Pour parler de quelque chose plus sérieux, parla lettre que vous mavez écrite, vous me deman-dez de prier Dieu pour vous. Vous pouvez êtrepersuadé que si mes prières étoient bounea 4 quel-que chose, vous seriez bientôt un parfait chré-tien, ne souhaitant rien avec plus dardeur quevotre salut. Mais, mon fils , songez, dans ce sainttemps, que les pères et mères ont beau prier leSeigneur pour leurs enfant^, quil faut que lesenfants 11oublient pas léducation quau a lâché deleur donner. Songez, mon fils, que vous êteschrétien, et à quoi vous oblige celte qualité. Cesera le comble de ina joie de vous voir dans cettedisposition, et je lespère de îa grâce du Sei-gneur.

Quand il viendra quelque courrier, mandez*moi un peu de petits détails de vos passe-tempset des nouvelles de ïlenri ; sil est bien content,et sil fait bien son devoir. Adieu , mon fils, jevous embrasse. Soyez persuadé que je suis toute àvous.

( De la main de Racine. 1

Je najoute quun mot à la lettre de votre mère,pour vous dirç que japprouve au dernier point leconseil quon vous a donné dapprendre l'ailemand, et les raisons solides dont M. lambassa-deur sest servi pour vous le persuader. Jen ai ditun mot à M. de Xorcy, qui yous y exhorte de soncôté, et qui croit que cela vous sera extrêmementutile. Je vous écrirai plus au long au premierjour. Le valet de chambre ma prié instammentdenvoyer mon paquet lo plus tût que je pour-rois, chez madame Pierret. Continuez à vous oc-cuper, et songez que tout ce que japprends devous fait la plus grande consolation que. je puisseavoir. Il ne tient pas à M. de Boriac que vous nepassiez pour un fort habile homme , et vous luiavez des obligations infinies. Assurez-lc de nia re-connoissance et de lextrême envie que jai de metrouver entre lui et vous avec M. lambassadeur.Je crois que je profilerois moi-même beaucoupen si bonne compagnie. Tous vos amis de la courme demandent toujours de vos nouvelles.