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Samedi 24. Après avoir passé toute la semainedans une solitude absolue, et dans un dénuement detoute nouvelle quelconque, j’ai vu enfin arriver Palffy,parti du quartier-général avant-hier, et qui dit querien ne se passe. — On parle toujours de reprendrel’offensive. — On compte beaucoup sur Chateler etGiulay qui doivent être réunis, et qui doivent chasserles Français de cette partie de la Hongrie. — Les Eussesont enfin sérieusement déclaré la guerre; et la Gallicieest en insurrection! — Les Czartoriski, les Za-moiski, les Lubomirski — tout s’est déclaré contrenous. — Le quartier-général est le même; on paraitne pas sentir, au-moins ne pas prendre à cœur l’hon-neur de notre situation; on se flatte, on se bercediffusions — Dieu sait ce que nous deviendrons. —
J’ai bien employé mon temps à Hatvan. Outre leslectures suivies que j’y ai faites, et les plans de travailque j’ai ébauchés, j’ai écrit des lettres très-étenduesau comte Kolowrat, à Adam Müller et à Bubnaet à beaucoup d’autres personnes; et ces dix jours desolitude ont été au-moins un bon remède contre ledépit qui commençait à s’emparer de mon âme!
Mercredi 28. Ce jour je suis rentré à Pest. J’aitrouvé les choses de ce côté-ci à-peu-près dans leurancienne situation; excepté qu’on a scandaleusementlaissé tomber Baab. Chateler était toujours du côtéde Stuhlweissenburg; Giulay de retour de Grätz, dontil avait ravitaillé le fort; l’archiduc Paladin à Ivomornavec l’insurrection, et l’archiduc Jean à Presbourg.
J’ai appris que le prince Schwarzenberg venaitd’arriver de Pétersbourg (par un grand détour, parKaminiec, Chotim et Clausenbourg!) J’ai été