Band 
Erster Band.
JPEG-Download
 

161

accompagnées enfin d’un ordre positif, qu’il s’était renduà Dotis ; s’il ne l’avait pas engagé, il y a à peine huitjours, d’écrire dans le sens de la guerre à Berlin, àLondres, à Constantinople; si par là il ne l’avait pascruellement compromis etc.? L’empereur a été obligéde répondre affirmativement à tout cet interrogatoire,et de s’accuser aussi lui-même de la manière la plusdirecte et la plus humiliante. — Cette scène a étésuivie d’une quantité d’explications mutuelles, en partietrès-orageuses, dans lesquelles le comte Stadion voyantque l’empereur avait pris son parti, a déclaré qu’il nepouvait pas rester ministre. Le prince Liechten-stein s’est offert lui-même d’aller à Vienne; le comteStadion a appuyé cette démarche de toutes les ma-nières, déclarant seulement, qu’il ne mettrait pas lamain à ses instructions.

Voici comment il m’a développé le fond de toutecette affaire. Le départ de l’empereur pour la Hon-grie n’était dans son origine qu’une fuite déguisée;c’est la peur qui l’a chassé de Prague, et qui lui a faitchercher ce refuge. Une fois ici, il a . repris couragepar tout ce qu’on lui a dit des forces dont il pouvaitdisposer encore, et de l’infériorité de celles de l’ennemi,qu’à cette époque tous ceux qui l’entouraient, et M. deMetternich à la tête, n’évaluaient qu’à 90,000 hommes.Alors il a envoyé courrier sur courrier au comte Stadionpour l’engager à revenir. Celui-ci lui a constammentrépondu, que le calcul sur lequel on raisonnait était faux,que les Français avaient au moins le double de ce qu’onleur donnait, et que d’ailleurs, en admettant, que nosforces physiques étaient plus que suffisantes pour nousengager de nouveau dans le combat, nous n’avions pas

F. ». Gentz. I. 11